En Guadeloupe, ces dix derniers jours, la même unité de police de Pointe-à-Pitre a été prise pour cible à deux reprises. La semaine dernière, sept policiers ont essuyé jusqu’à quatre rafales ; un fusil d’assaut a été saisi. Dans la nuit de samedi à dimanche, des pilleurs coincés par les policiers ont « ouvert le feu pour continuer à commettre leurs exactions ». Trois fonctionnaires ont été blessés.
Dans le même temps, des adolescents sortent la nuit, dressent des « barrages sauvages » et pillent. Dimanche soir, la préfecture a instauré un couvre-feu pour les mineurs. Le lendemain matin, on comptait 44 interpellations, dont plus de la moitié était des mineurs.
Une source policière se désole « nous n’avons aucune de marge de manœuvre » dit-il.
Regardons les faits en face. À Paris, le Premier ministre promet une « réponse pénale massive » et des couvre-feux « partiels ». Le ministre de l’Intérieur annonce que les effectifs « seront renforcés ce week-end ». Ces annonces visent les violences dans l’Hexagone. La Guadeloupe n’apparaît même pas en note de bas de page. Ici, le préfet parle d’« actes de délinquance ». Le mot est juste. Il ne suffit pas.
Car la délinquance armée ne date pas de cette semaine. Des gendarmes avaient déjà essuyé des tirs à Sainte-Anne en début de mois. Chaque nuit de violence donne lieu au même enchaînement : une cellule de crise, un communiqué, un appel au calme. Rien n’indique la mise en place du seul plan efficace qui vaille : des effectifs supplémentaires pérennes, des enquêteurs dédiés aux trafics, une présence policière durable sur le territoire.
Entre les tireurs, les pilleurs et le collectif qui bloque les routes contre la vie chère, « il n’y a pas de lien établi ». Tout confondre serait une faute. Mais le citoyen, lui, voit des commerces brûlés et des policiers blessés. Il voit des mineurs dehors à deux heures du matin et un fonctionnaire qui décrit une administration qui n’a « pas grand-chose comme moyens ». Le gouvernement ne peut pas promettre des renforts dans l’Hexagone et tenir la Guadeloupe pour un territoire où l’on gère… la pénurie.



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