« J’ai souhaité apporter rapidement de la visibilité aux acteurs économiques et aux élus. La Lodeom et le Rafip seront préservés dans le projet de loi de finances pour 2027. C’est un choix clair que nous faisons avec le Premier ministre : celui de la stabilité, de la confiance et du soutien à l’emploi et à l’investissement dans les Outre-mer », a déclaré la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou.
La Lodeom, qui exonère une partie des cotisations sociales patronales, et le Rafip, qui défiscalise les investissements productifs, sont considérés comme des leviers essentiels pour soutenir l’emploi et la compétitivité des entreprises ultramarines. Selon la ministre, « ces dispositifs ne sont pas des économies de confort, c’est de la création d’emploi, la préservation de filières et le développement de richesses locales ».
Ce maintien est une victoire pour de nombreux parlementaires ultramarins qui se sont mobilisés ces derniers mois. La menace de coupes budgétaires sur ces dispositifs avait suscité une levée de boucliers au sein des deux chambres.
Fin 2025, plusieurs députés des Outre-mer avaient dénoncé dans un communiqué commun un « coup de rabot de 343 millions d’euros sur le dispositif Lodeom » et un risque majeur sur l’investissement productif. Ils estimaient que ces mesures, présentées comme techniques, étaient en réalité « profondément politiques » et touchaient « au cœur même de nos économies locales ».
Au Sénat, le rapporteur général du budget Jean-François Husson (sénateur Les Républicains de Meurthe-et-Moselle), avait défendu un amendement pour supprimer l’article du PLF 2026 qui réduisait drastiquement le Rafip, avec des coupes prévues jusqu’à 300 millions d’euros en 2028. Les sénateurs avaient souligné que ces coupes toucheraient en premier lieu les PME ultramarines, déjà fragilisées par un contexte économique défavorable marqué par une hausse de 10,8 % des défaillances d’entreprises, contre 8,2 % dans l’Hexagone.
Vers une simplification des dispositifs
Si leur maintien est désormais acté, les deux mécanismes pourraient toutefois évoluer. En avril 2026, le gouvernement avait confié au contrôleur général des armées Philippe Leyssenne et à l’inspecteur général des finances Gilles Lara-Adélaïde une mission d’évaluation de la Lodeom et du Rafip.
Le rapport remis à l’exécutif propose plusieurs pistes pour simplifier ces dispositifs et en améliorer l’efficacité. « Les dispositifs Lodeom et de défiscalisation sont des appuis essentiels pour les économies ultramarines. Ils ont démontré leur utilité et continueront de jouer pleinement leur rôle. Les faire évoluer, oui, mais avec méthode, dans le dialogue, et avec une seule boussole : sécuriser l’investissement et donner de la visibilité à ceux qui entreprennent », avait alors déclaré la ministre.
Ces recommandations alimenteront les concertations qui s’ouvriront à la rentrée avec les élus et les acteurs économiques. Naïma Moutchou a assuré que cette réflexion ne remettra pas en cause les fondements de ces dispositifs. Une feuille de route économique pour les Outre-mer sera présentée dans les prochaines semaines afin de renforcer durablement la croissance et l’attractivité des territoires.



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