L’eau qui coule dans nos robinets de manière intermittente, le prix du carburant qui flambe, la vie chère qui étrangle les ménages, et un chômage endémique. Ajoutez à cela un secteur du BTP en pleine crise. La situation économique et sociale de la Guadeloupe est grave. Elle est même critique. Et cela ne date pas d’hier.
Face à cette détresse, un cri vient de retentir. Une lettre ouverte a été adressée aux autorités, elle est signée par un collectif nommé « Nou las palé », qui dit haut et clair « Ça suffit ». Nous voulons des actes. Ce ras-le-bol, cette colère sourde, c’est celui des Guadeloupéens qui travaillent, mais qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts.
Alors, faut-il y voir les prémices d’un nouvel LKP, comme en 2009 ? À ce stade, il est bien difficile de le dire. Mais il y a un détail qui change tout : regardez qui signe cette lettre. Ce sont majoritairement des organisations économiques, des chefs de petites entreprises. Ce sont les artisans, les TPE, les forces vives de notre économie. Ce sont eux qui tirent la sonnette d’alarme.
En revanche, manque à l’appel les syndicats de salariés, les poids lourds du paysage social que sont l’UGTG, la CGTG, la CFDT, l’Unsa ou FO. Ceux-là ne sont pas signataires. Nous ne sommes donc pas, pour l’instant, face à un front uni et généralisé. C’est le ras-le-bol des entrepreneurs de taille modeste, ceux qui font tourner la machine, mais qui aujourd’hui étouffent.
Et ce phénomène n’est pas isolé. Dans l’Hexagone, la même colère monte. Le carburant flambe, et des appels à bloquer le pays le 17 octobre prochain circulent sur les réseaux sociaux, portés par des anonymes, sans syndicat ni figure connue. Même cause — le pouvoir d’achat qui s’effondre — mais autre forme : ici, des chefs d’entreprise signent une lettre et fixent un ultimatum ; là-bas, une vague numérique sans visage.
Va-t-on, à partir de cette mobilisation, vers une crise sociale d’ampleur ? Impossible de l’affirmer avec certitude. Mais une chose est sûre : ce signal est un avertissement. La Guadeloupe craque de toutes parts. Et si les politiques et les partenaires sociaux ne prennent pas la mesure de cette urgence, le pire n’est peut-être pas encore là, mais il est déjà à nos portes.



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