Capture écran d'Ary Chalus, président de Région, sur l'antenne de la télé Canal 10 le 15 septembre 2026.

La séquence télévisée du 15 septembre dernier où le président de Région, Ary Chalus, révèle – malgré lui — qu’il ne sait pas que l’octroi de mer est in fine payé par le consommateur guadeloupéen, a de quoi « interpeller ».

Non pas tant pour accabler un homme, mais parce qu’elle révèle une faille plus profonde : les affaires publiques sont de plus en plus complexes, et nos élus de moins en moins outillés pour les traiter.

Qualité des services publics, politiques à concevoir pour le territoire, respect des normes (marchés publics, réglementations européennes…), fiscalité… autant de sujets qui exigent une expertise pointue.

Oui, ce sont bien les Guadeloupéens qui paient la taxe d’octroi de mer, partout, jusque sur leur facture d’eau. L’ignorer, c’est être incapable d’entendre ceux qui, dans leur porte-monnaie, mesurent chaque jour le poids des taxes. L’ignorer, c’est ne plus rien saisir des colères et des difficultés liées à la vie chère.

Hier, on se rassurait : « Ils n’ont pas besoin de tout connaître les élus, il suffit qu’ils soient bien entourés. » La belle affaire. L’entourage est-il lui-même à la hauteur ? Les cadres recrutés pour leurs compétences sont-ils réellement force de proposition, ou simples boîtes aux lettres d’un système où l’on sous-traite jusqu’à la décision ?

Car aujourd’hui, le moindre projet porté au sein d’une collectivité est externalisé chez un cabinet d’études, un consultant. À grands frais, bien sûr.

Le vrai problème est là : un élu peut être légitime par les urnes et pourtant incapable de comprendre ce qu’il doit trancher. Dès lors, comment éviter que les décisions qui nous concernent tous ne glissent des mains de nos élus vers celles de techniciens jamais élus, qui à leur tour délèguent à des cabinets d’experts ?

Ne nous y trompons pas. Si nos élus sont parfois dépassés, s’ils s’en remettent à d’autres pour décider, c’est aussi parce que nous les avons choisis ainsi.

La démocratie n’est pas un spectacle que l’on regarde de loin : c’est une responsabilité que l’on exerce, d’abord dans l’isoloir, ensuite par notre vigilance de tous les jours.

À nous, citoyens, de faire le tri et d’exiger des comptes. Car au fond, les élus que nous avons sont à l’image de la vigilance que nous exerçons.

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