Donné perdant à la veille du scrutin, le président sortant de la communauté d’agglomération Grand sud caraïbes (CAGSC), Thierry Abelli, a créé la surprise en remportant l’élection face à son rival Jean-Philippe Courtois, par 22 voix contre 20. Un bulletin blanc et une absence ont scellé un duel où les équilibres politiques locaux se sont recomposés dans l’urgence.
L’assemblée communautaire de la CAGSC s’était donné rendez-vous mercredi 8 avril (photo ci-dessus). L’installation des conseillers communautaires s’est déroulée dans une ambiance qualifiée de « très pesante » par plusieurs témoins. Les pronostics, quasi unanimes, offraient la présidence au maire de Capesterre-Belle-Eau, Jean-Philippe Courtois, soutenu par Guadeloupe unie solidaire et responsable (GUSR). Face à lui, Thierry Abelli (au micro photo ci-dessus), maire de Bouillante et président sortant, paraissait fragilisé, son socle politique semblant s’être rétréci à l’approche du vote.
Mais les tractations de dernière minute ont rebattu les cartes. Là où les observateurs voyaient une alternance inéluctable, Thierry Abelli a joué sa partition en coulisses, négociant âprement avec les élus socialistes et apparentés de la fédération guadeloupéenne du Parti socialiste. Marie-Yveline Théobald-Ponchâteau, un temps pressentie pour capter une partie des suffrages, s’est finalement retirée de la course, laissant le champ libre à un face-à-face tendu entre les deux hommes.
Au terme du scrutin, les 43 délégués communautaires ont départagé les candidats : 22 voix pour Thierry Abelli, 20 pour Jean-Philippe Courtois, un bulletin blanc et une absence. Une victoire à deux voix près – un écart infime qui traduit la fragilité des majorités au sein de l’intercommunalité.
Jean-Philippe Courtois, a dû se contenter d’un poste de 8ᵉ vice-président. L’issue du scrutin s’inscrit dans la continuité politique de l’institution, plutôt à droite, après les présidences de Lucette Michaux-Chevry et Joël Beaugendre. Thierry Abelli se succède à lui-même, mais il sait désormais qu’il présidera sur un fil.
La nouvelle équipe s’est rapidement structurée. André Atallah (maire de Basse-Terre) a été élu 1er vice-président. Claude Edmond (maire de Gourbeyre) lui succède au 2e rang, et Marie-Yveline Théobald-Ponchâteau (maire de Baillif) est désormais 3e vice-présidente.
Au total, onze vice-présidents forment l’exécutif de la CAGSC. Un rôle où ils engagent, par leurs votes et l’exécution des budgets, leur responsabilité personnelle sur les plans politique, juridique et financier. Ils représentent les onze communes membres de l’intercommunalité.
Thierry Abelli a promis la poursuite du « redressement engagé depuis 2020 ». De quel redressement s’agit-il ? Entre 2020 et 2025, les charges générales sont passées de 17,2 à 22,1 millions, les frais de personnel de 12,4 à 13,7 millions. Les recettes fiscales ont bondi de 29,6 à 45,6 millions.
Pour mettre en œuvre l’action publique intercommunale, la CAGSC emploie 270 agents. Mais les comptes restent dans le rouge : la préfecture a dû régler d’autorité le budget 2025, qui affiche un trou de 56,3 millions d’euros sur le budget principal. En cause, 115,5 millions de dépenses de fonctionnement pour seulement 56 millions de recettes. Les budgets annexes présentent une situation contrastée. Les transports dégagent un excédent de 5 millions, tandis que l’irrigation accuse un léger déficit de 85 108 euros.
Parmi les projets entrepris figurent l’aménagement pour les personnes à mobilité réduite du siège de la CAGSC, des arrêts de bus et de la médiathèque intercommunale. Ainsi que les travaux post Fiona sur la marina de Rivière-sens, l’éclairage au stade de Rivière-des-pères et à la piscine intercommunale, la modernisation du marché intercommunal (marché de Basse-Terre).
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