Réunis le 29 avril au siège de Cap excellence à Pointe-à-Pitre, les conseillers communautaires ont adopté à l’unanimité les budgets primitifs 2026, les taux d’imposition et la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Aucun vote contre, aucune abstention. Mais les échanges, en particulier sur la zone de Jarry et sur la prévention des inondations, ont mis en évidence des tensions sur l’équité entre communes et l’écart entre projets annoncés et travaux réalisés.
À 10 h 30, dans la salle du conseil communautaire de Cap Excellence, la séance s’ouvre avec trente-huit élus. L’ordre du jour : fiscalité, déchets, gestion des milieux aquatiques, vote des budgets.
Premier point, premier vote. L’Abymienne Laisely Parat-Edom, septième membre du bureau, présente la fixation des taux d’imposition 2026. Cap excellence maintient ses quatre taxes directes locales additionnelles. Enveloppe attendue : 26,487 millions d’euros. Aucune observation, aucune abstention, aucun vote contre. Adopté.
Même unanimité, mais un débat s’ouvre, sur la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM). La rapporteure rappelle le mécanisme d’unification progressive des taux entre Les Abymes, Baie-Mahault et Pointe-à-Pitre. Taux 2026 : 15,98 %, identique à 2025, pour un produit fiscal de 28 millions.
Murielle Roch-Jabes, conseillère communautaire élue à Baie-Mahault, est la première à intervenir. Son ton est posé, mais le constat est que « Baie-Mahault représente environ 32 % de la population mais contribue à près de 40 % au financement du service déchet. Cette contribution plus importante, qui est liée à nos bases foncières, appelle en retour une exigence de lisibilité et d’équité entre ce que nous finançons et la qualité du service rendu. On a besoin d’un peu plus de visibilité sur la répartition territoriale en termes de services rendus et d’investissement ».
Le directeur général des services, Bruno Pierrepont, renvoie aux commissions à venir et annonce un rapport sur le niveau de service. La conseillère insiste car dit-elle des dysfonctionnements remontent du terrain. Elle demande un point d’étape sur les marchés en cours. La délibération sera adoptée à l’unanimité.
Le point suivant porte sur la taxe Gemapi (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), fixée à 900 000 euros. Teddy Bernadotte, conseiller communautaire de Baie-Mahault, interroge l’absence d’équité : « Peut-on avoir une action précise pour la ville de Baie-Mahault dans les actions que vous avez proposées ? »
La rapporteure répond que le Programme d’actions et de prévention des inondations (Papi) couvre les trois communes, mais que les ouvrages se situent spécifiquement aux Abymes et à Pointe-à-Pitre. Le Papi compte une quarantaine d’actions, dont certaines déjà achevées.
Pierre Venutolo, également conseiller de Baie-Mahault, enfonce le clou : « Il est difficile aujourd’hui de pouvoir mentionner une action en cours sur Baie-Mahault. »
La rapporteure confirme qu’aucune opération territorialisée spécifique à Baie-Mahault n’est aujourd’hui inscrite parmi les ouvrages du Papi.
Teddy Bernadotte commente : « Vous avez tenu quinze minutes pour finalement nous dire qu’il n’y a pas d’ouvrage en cours sur Baie-Mahault. » Rires dans l’assemblée. « Au-delà de l’élaboration des taxes, il faudrait nous présenter des actions précises territorialisées sur la ville de Baie-Mahault, dans le même ordre que ce qui existe parmi les quarante actions du Papi » poursuit-il.
Murielle Roch-Jabes prolonge : des études permettent-elles d’identifier les travaux d’urgence, avec une vision globale par territoire ? Ollivier Macabi, directeur des grands travaux, promet une présentation des interventions prioritaires avant la saison cyclonique.
La délibération est adoptée à l’unanimité, à 11 heures. La fronde baie-mahaultienne se poursuit. Murielle Roch-Jabes rappelle le rôle des commissions, qui préparent le travail, mais ne se substituent pas au débat en conseil.
Teddy Bernadotte intervient sur les sur les opérations « Jarry 2036 » et le Font Richer. « Peut-on avoir des certitudes sur le fait que ces crédits de paiement seront véritablement mobilisés sur ces opérations ? » Les plans de financement seront communiqués répond le DGS.
Le budget principal et les budgets annexes sont adoptés à l’unanimité.
« Qu’est-ce que Cap Excellence fait pour Jarry ? »
À 11 h 22, Estelle Lejuez, directrice générale adjointe chargée de la coordination des services, présente la mise à jour des autorisations de programme (les investissements) et des crédits de paiement (la trésorerie mobilisée) pour 2026 et les exercices suivants. Deux nouveaux investissements sont créés, « Jarry 2036 » (1 million, dont 130 000 € de crédits de paiement engagés en 2026) et la requalification de la rue de l’Industrie (2,5 millions, dont 70 000 € de crédits de paiement en 2026).
Murielle Roch-Jabes réagit pour rappeller que des opérations sont évoquées sur la zone de Jarry depuis 2014 sans aboutissement visible. Elle s’interroge sur la capacité de Cap excellence à concrétiser.
Elle cite le président Éric Jalton, selon qui l’ordre des opérations tient à leur antériorité. Et réplique : « Donc Jarry, me semble-t-il, était là avant l’Agropark. »
Elle témoigne côtoyer « régulièrement le monde des entreprises », et ne supporte plus la question qu’on lui pose sans qu’elle sache répondre : « Mais qu’est-ce que Cap excellence fait pour Jarry ? »
Teddy Bernadotte revient sur l’écart entre les autorisations de programme et les crédits de paiement, dans une formule qui fait sourire l’assemblée. Les AP, c’est « l’argent du Monopoly », les CP, c’est l’argent qu’on peut « consommer ». Et de prolonger : « On peut être très riche en Monopoly et au RSA en sortant dehors. »
Yann Céranton, conseiller des Abymes, demande que les élus puissent réellement définir la priorisation des projets, plutôt que de valider des enveloppes globales sans hiérarchisation.
La séance s’achève sur cette interrogation. L’unanimité des votes n’aura pas effacé la question de l’action de Cap excellence à Baie-Mahault.
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