Entre le deuxième trimestre 2025 et le deuxième trimestre 2026, le nombre d’heures rémunérées par les employeurs guadeloupéens a baissé de 1,9 %, selon la dernière note de conjoncture publiée par l’Insee. Sur la même période, la baisse se limite à 0,7 % pour la France hors Mayotte. Le volume de travail payé est un indicateur que l’institut utilise comme thermomètre de l’activité d’un trimestre à l’autre.
C’est la construction qui pèse le plus dans ce repli, avec 9,6 % d’heures rémunérées en moins sur un an. Le tertiaire marchand suit avec des reculs marqués : 1,7 % dans le commerce, 2 % dans l’hébergement-restauration et 2,3 % dans les activités scientifiques. L’industrie reste stable.
Le décrochage du bâtiment et des travaux publics s’inscrit dans la durée. Dans son rapport annuel sur l’économie guadeloupéenne, publié le 17 juin, l’Iedom décrit un secteur qui s’ajuste à « une commande publique en baisse depuis 2022 ». La fédération régionale du BTP a recensé 331 appels d’offres publiés entre novembre 2024 et novembre 2025, contre 501 sur les douze mois précédents. Les heures payées sur les chantiers servent ainsi de baromètre à l’investissement public.
Pendant que les chantiers ralentissent, les chambres d’hôtel se remplissent. Les établissements de l’archipel ont enregistré 328 800 nuitées au deuxième trimestre, 25,5 % de plus qu’un an plus tôt, une hausse que l’Insee attribue à la clientèle hexagonale. La progression est toutefois en trompe-l’œil, avec un point de départ en basse saison, soit sur une base affaiblie. Au deuxième trimestre 2025, l’institut ne comptait que 262 000 nuitées, en recul de 12,5 % sur un an. Au premier trimestre 2026, en pleine saison, les hôtels en avaient enregistré 412 300.
Ce regain ne se retrouve pas dans les heures rémunérées par le secteur hôtellerie-restauration, et pour cause : le décompte des nuitées ne concerne que les hôtels. Les heures payées couvrent l’ensemble de l’hébergement-restauration, que l’Insee traite en bloc. Or la restauration ne vit qu’en partie du tourisme. En 2019, dernière année documentée, l’Insee attribuait à la restauration 640 emplois touristiques, quand l’observatoire de branche Akto comptait à lui seul 1 474 salariés dans la restauration rapide. L’importance de la clientèle locale dans cette activité reste mal mesurée.
À l’échelle du territoire, le marché du travail envoie des signaux contradictoires. L’emploi salarié s’établit à 127 800 postes, en léger retrait. Après plusieurs trimestres de baisse, l’intérim progresse de 0,7 % sur trois mois, sans retrouver son niveau de 2025. Le taux de chômage, en baisse selon l’institut, atteint 16,4 % en Guadeloupe, contre 8,3 % pour la France hors Mayotte.



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