Dans la sélection des infos à vite lire du week-end du 8 au 10 mai, la commémoration nationale du 10, l’alerte sur les 200 retraites agricoles à venir, les commémorations du 8 Mai, le jardin d’insertion de Port-Louis, le bail réel solidaire à Capesterre-Belle-Eau.
Des discours
Le député (PS) Christian Baptiste explique pourquoi il ne s’est pas rendu, dimanche 10 mai, à la commémoration nationale de l’abolition de l’esclavage organisée par le gouvernement au Sénat. Il invoque l’opposition de la France à la résolution portée par le Ghana à l’Onu qui visait à reconnaître l’esclavage et la traite transatlantique comme « le plus grand crime contre l’humanité ». Le député pointe aussi le refus du gouvernement de revoir sa position malgré la demande de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, le choix d’avoir confié au ministre du Commerce extérieur la réponse à l’Assemblée nationale après l’interpellation de son collègue Max Mathiasin, et l’absence depuis le début du quinquennat d’une commémoration nationale d’ampleur du 23 mai, journée en hommage aux victimes de l’esclavage colonial. « La mémoire exige de la cohérence », dit Christian Baptiste. « Elle ne peut pas être uniquement symbolique un jour par an. »
Sur un autre front, le député (PS) Élie Califer poursuit ses visites scolaires et fait étape à l’Agrocampus de Baie-Mahault, appelé lycée agricole, et qui regroupe un lycée, un CFA d’apprentis du CAP à la licence, un centre de formation pour adultes, et une exploitation pédagogique de 34 hectares. « Près de 200 agriculteurs partiront à la retraite dans les prochaines années », alerte le député, qui présente l’établissement comme « essentiel pour notre souveraineté alimentaire ». Il indique avoir saisi par question écrite le ministère de l’Agriculture sur « l’insuffisance des moyens consacrés à la communication et à la valorisation » de ces filières.
La Drajes Guadeloupe (Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports) met en avant la visite de Fred Bedouet, référent Sport-Santé-Handicap, à l’IME Denis-Forestier à Bouillante (institut médico-éducatif qui accueille des jeunes atteints de troubles du spectre autistique). La rencontre s’inscrit dans la loi sur la démocratisation du sport, qui prévoit la désignation de référents Activités physiques et sportives (APS) dans les établissements sociaux et médico-sociaux. Après les échanges avec la directrice Dina Dambas et la référente APS Ingrid Monlouis, la communication officielle évoque « un engagement fort en faveur de la pratique des activités physiques et sportives adaptées », mais le terrain de sport de l’établissement apparaît laissé à l’abandon et inutilisable.

Du quotidien
Les cérémonies du 8 mai 1945 se sont tenues à Basse-Terre, à Pointe-à-Pitre, dans les communes, en présence parfois des soldats des troupes de marine du 33ᵉ Régiment d’infanterie de marine (RIMa) Les Antilles. Les dépôts de gerbes au Monument aux morts se sont succédé, en hommage aux soldats morts pour la France et aux dissidents antillais, ces hommes et ces femmes qui, sous le régime de Vichy ont quitté clandestinement la Guadeloupe et la Martinique dès 1943 vers la Dominique ou Sainte-Lucie pour rejoindre les Forces françaises libres et participer à la Libération. Près d’un Antillais sur 100 s’y était alors engagé. Les cérémonies 2026 se tiennent exactement un mois après le décès, le 8 avril à 103 ans, du dernier dissident guadeloupéen Edmond Sainsily.

À Petit-Bourg, la mairie lance une « info travaux – hauts de morne-bourg ». Une annonce à laquelle des usagers répondent en signalant l’état dégradé de la voirie sur le territoire communal. « Il serait temps, la montée du CD 11 vers le haut de Morne-Bourg est truffée de nids-de-poule », écrit l’un. Un autre interpelle : « À quand les travaux de la route de la Lézarde ? Le slalom journalier est devenu épuisant, les routes s’affaissent, nos voitures se détériorent plus que la normale. »
La communauté d’agglomération du Nord Basse-Terre (CANBT) a tenu son « marché bio du Nord Basse-Terre » jusqu’à 13 heures samedi 9 mai à l’UDCAG, route de Caillou, au Lamentin. La manifestation nécessite d’installer des chapiteaux et tables sur le parking pour les quelques exposants participants et leurs chalands.
À Baie-Mahault, le maire Michel Mado, accompagné des adjoints de quartier, s’est rendu vendredi 8 mai à la fête des voisins de Terrain Agathon où jeux de société, déjeuner en famille et animations musicales étaient proposés sous le signe du « vivre-ensemble ». Une prochaine étape le 14 mai à Bel-Air est annoncée par la mairie qui invite à consulter le calendrier des prochaines fêtes des voisins sur son site web.

Au Gosier, la médiathèque Raoul-Georges-Nicolo a accueilli samedi 9 mai un atelier Gran moun dédié à la découverte des nouvelles technologies : une douzaine de seniors se sont initiés aux casques de réalité virtuelle et à l’e-sport, dans ce que la municipalité présente comme « une belle occasion de s’ouvrir au numérique ».

Du politique
Le comité syndical du Syvade — Syndicat intercommunal de valorisation des déchets de la Guadeloupe — a été installé samedi 2 mai au siège du syndicat. Les élus ont reconduit l’Abymien Dominique Biras à la présidence. Le bureau s’organise autour de six vice-présidents : la Pointoise Chantal Brelle, première vice-présidente et seule femme du bureau, les Abymiens Fabert Michely, Rozan Rauzduel, le maire de Goyave Jean-Luc Edom, le Marie-Galantais Joël Toto et le Baie-Mahaultien Sébastien Grédoire. Leur mission « une gestion durable, moderne et responsable des déchets », dans un contexte « marqué par d’importants enjeux environnementaux, techniques et financiers » pour le territoire.
À Port-Louis, le maire Victor Arthein, entouré de ses adjoints Jacques Marie-Claire (culture, jeunesse, sport) et Tania Inamo (santé, action sociale, emploi, insertion, logement), a inauguré jeudi 7 mai un jardin solidaire permacole de quelques dizaines de mètres carrés, équipé d’un système d’aquaponie (culture sans sol où les déjections des poissons nourrissent les plantes), à l’école primaire Josette-Erhard de Pelletan. Le dispositif s’appuie sur des jeunes du CAP Immersion du PLIE (Plan local pour l’insertion et l’emploi) de la CANGT (Communauté d’agglomération du Nord Grande-Terre), formés à la permaculture, à l’aquaponie et à l’apiculture, puis orientés vers le Brevet professionnel responsable d’entreprise agricole en partenariat avec France Travail. La première récolte symbolique a été remise au CCAS. « Investir dans la jeunesse, c’est semer aujourd’hui les talents et les réussites de demain pour notre territoire », résume la municipalité.

Capesterre-Belle-Eau est ville pilote du Bail réel solidaire (BRS) et annonce la construction prochaine de deux maisons selon ce dispositif. Le BRS dissocie le bâti du foncier : la famille devient propriétaire de la maison à un coût d’acquisition réduit, tandis que le terrain reste propriété d’un organisme de foncier solidaire. L’objectif affiché est de « favoriser l’accession sociale à la propriété et construire la ville de demain ».
À Saint-Barthélemy, la cérémonie commémorative des 25 ans de la loi Taubira — loi du 10 mai 2001 qui a reconnu la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité — s’est tenue dimanche 10 mai en présence d’élus territoriaux et d’élèves de CM2 de l’école Sainte-Marie de Colombier ont présenté leur œuvre Lumière d’égalité, réalisée dans le cadre du concours national Flamme de l’égalité, « une création porteuse de mémoire, d’espoir et de transmission », selon la Collectivité.



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