Les éventuelles frappes française et américaine sur la Syrie ont sans jeu de mot du plomb dans l’aile. Les opinions publiques des deux pays s’étaient montrées plutôt hostiles, et en dépit des trésors en stratégie de communication déployés par Barack Obama, l’affaire s’annonce plutôt mal auprès du Congrès américain quant au vote en faveur d’une intervention militaire. Par ailleurs, deux autres événements sont venus quelque peu tempérer les ardeurs des exécutifs français et américain. Bien sûr, l’initiative de Vladimir Poutine de proposer que le stock d’armes chimiques en possession du régime de Bashar al-Assad soit détruit sous contrôle d’experts de l’ONU, a changé la donne. D’autant que Bashar al-Assad s’est engouffré tout de suite dans la brèche ouverte par son allié russe. Il y a d’ailleurs fort à parier que la stratégie entre la diplomatie russe et le régime syrien, ait été élaborée d’un commun accord. Un pied de nez, donc de Poutine à la France et aux États-Unis, qui apparaît dans cette histoire, comme celui qui aura dénoué l’affaire. Image d’autant plus facile à véhiculer que l’opinion publique en France, aux États-Unis mais aussi en Europe et tout compte fait mondiale, est hostile à une quelconque intervention militaire en Syrie. Et pour tout dire ce n’est pas sans raison. Je passe sous silence les informations contradictoires quant à la responsabilité de Bashar al-Assad sur l’utilisation de ces armes chimiques. Même si par ailleurs, des sources disons moins officielles incriminent l’armée rebelle syrienne. Mais les témoignages de deux otages qu’on croyait retenus par l’armée de Bashar al-Assad, en réalité enlevés par des groupuscules fanatiques enrôlés auprès des rebelles, en disent long sur les intentions, et sur les pratiques de cette fameuse armée de rebelles, où on trouve de tout. Y compris des factions de diverses mouvances terroristes, qui rêvent de bouffer cru du chrétien. Charmant programme ! Pendant ce temps, alors qu’on aurait pu croire François Hollande au plus bas dans l’opinion publique, eu égard à la cacophonie engendrée par l’annonce d’une éventuelle intervention militaire française, voilà que sa cote de popularité grimpe de plus de 6 points pour s’établir à 29 % selon opinionway et même si un autre institut LH2 l’annonce en baisse autour de 40 %, François Hollande ne semble pas avoir pâti de la séquence » syrienne « , et ce en dépit de la petite mais toute petite grogne enregistrée pour la réforme des retraites. Cela dit, le gouvernement pourra toujours arguer que c’est l’inflexibilité de l’exécutif et de la diplomatie française qui a fait bouger Poutine et donc les lignes. C’est d’ailleurs la teneur des éléments de langage utilisés par Laurent Fabius. Cela s’appelle retomber sur ses pattes comme un chat. Le ministre des Affaires étrangères de la France rajoutant au passage des conditions fermes pour que la proposition russe soit validée. Histoire de bien montrer que c’est la fermeté qui a payé, et qu’il n’y a aucune raison de s’en départir. Si c’est cela, tant mieux !
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