Photo d'illustration. Une sage-femme s'entretient avec une femme enceinte lors d'un contrôle de grossesse. Photo AP/Laura Ungar

Avec 21 décès pour 1 000 naissances, la Guadeloupe affiche le taux de mortalité périnatale le plus élevée de France. Jusqu’à 2,3 fois plus élevé que dans l’Hexagone selon une étude de la Direction de la recherche et des statistiques des ministères sociaux (Drees) parue la deuxième semaine de juillet. Santé publique France relève qu’une accouchée guadeloupéenne sur trois présente des symptômes dépressifs, contre une sur six dans l’Hexagone.

La mortalité périnatale (enfants nés sans vie ou morts dans leur première semaine) progresse partout en France, à 11 pour mille en 2024. Mais l’écart entre territoires est béant. La Drees relie ces écarts à l’état de santé des femmes avant la grossesse, aux complications médicales, mais aussi aux conditions sociales, à l’accès aux soins et à la prévention.

Le second front est celui de la santé mentale. À deux mois de l’accouchement, 17 % des femmes présentent des symptômes dépressifs en France, 27 % des symptômes d’anxiété, 5,5 % des idées suicidaires. Depuis 2013, le suicide compte parmi les deux premières causes de mortalité maternelle dans le pays. En Guadeloupe, la dépression touche près d’une accouchée sur trois. Or moins de la moitié des femmes en dépression sévère consultent un professionnel. La peur d’être jugée reste un frein majeur.

Les entretiens prénataux précoces, obligatoires depuis 2020, n’ont concerné que 62 % des femmes ; les entretiens postnataux précoces, en place depuis 2022, seulement 25 % des mères. Autrement dit, le premier outil de repérage de la détresse maternelle échappe à trois femmes sur quatre. La prévention périnatale se joue à plusieurs mains : l’agence régionale de santé, la protection maternelle et infantile du Département, les maternités.

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