Photo d’illustration. Arrivée de pêcheurs sur les quais à Pointe-à-Pitre. Deya / Sipa
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2 578 tonnes. C’est ce qu’ont sorti de l’eau, en 2024, les pêcheurs guadeloupéens. C’est plus qu’en Guyane (1 891 t). Plus qu’en Martinique (1 812 t). Plus qu’à La Réunion et Mayotte réunies (respectivement 327 t et 342 t).

Le chiffre figure dans le tout premier rapport annuel de l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) qui inclut les outre-mer soumis à la politique commune de la pêche (Martinique, Guadeloupe, Guyane, la Réunion, Mayotte). Publié le 2 mars, il dit une chose simple : la Guadeloupe est la première pêche côtière ultramarine.

55 espèces débarquées. Des colas, des grands gueules, des vivaneaux œil-de-bœuf, des langoustes, des demoiselles, des chirurgiens, des thazars… Une diversité qui, selon les scientifiques, protège les stocks : en pêchant un peu de tout, on n’épuise moins une seule espèce.

Un bon état général

55 % des populations évaluées sont en bon état. Parmi elles, les mérous rouges, les coulirous, les poissons-chats, les thons de l’Atlantique, les marlins bleus, les carangues. Les poissons arrivent matures, la reproduction suit. « Peu de surpêche », note sobrement le rapport.

La preuve : seules 5 % des espèces sont classées comme surpêchées. 2 % sont à la fois surpêchées et dégradées. Le vivaneau royal, avec ses 51,9 tonnes débarquées, fait partie de ces cas critiques.

Le vrai point de fragilité est ailleurs. Il s’appelle 38 %.

38 % des populations de poissons exploitées en Guadeloupe n’ont pas été évaluées. Plus d’un tiers des espèces débarquées échappent à tout diagnostic. La dorade coryphène, prisée des pêcheurs et des assiettes, est pêchée dans le noir complet.

On ne sait rien d’elle. Ni si elle se reproduit, ni si elle décline, ni si on la tue à petit feu.

La Guadeloupe est première. Ses eaux sont parmi les plus poissonneuses, ses méthodes parmi les plus diversifiées, ses stocks parmi les mieux préservés. Mais un tiers de ce qu’elle pêche est un mystère comptable.

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