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Vous avez dit mobilisation ?

Cette fin d’année 2013 ressemble à la fin d’année 2009. Cette impression que rien ne va plus, amplifiée de surcroît par cette escalade de la violence et de la délinquance. Les informations qui viennent de l’Hexagone ne sont pas meilleures. Loin s’en faut. Hausse d’impôts, suppression d’emplois, manifestations en tous genres. Plus spécifiquement, on a aussi la sensation qu’en dépit des efforts du ministre des outre-mer pour tenter de juguler la vie chère et plus singulièrement l’escalade du prix du carburant, rien n’y fait. Surtout si l’on en croit les syndicats. Alors, nouvelle explosion sociale ? Nouveau blocage de la Guadeloupe ? L’édition 2014 du LKP est-elle désormais sur les rails ? De fait, rien n’est moins sûr. Les ingrédients liés au malaise social sont sans doute réunis, les syndicats ont certainement envie d’en découdre. A preuve à part la CTU d’Alex Lollia et la CFTC qui s’est retirée à la dernière minute, ils ont tous répondu présents à l’appel de l’UGTG pour la mobilisation du 5 décembre. Et pourtant, nous sommes loin du mouvement de 2009. Mais il ne suffit pas de le constater. Il faut encore essayer de savoir pourquoi, la population n’adhère plus. On peut avancer l’idée que beaucoup n’ont pas digéré la fin du conflit de 2009, convaincus d’avoir été bernés au coin du bois. On peut évoquer aussi tous ceux qui se sont retrouvés le bec dans l’eau, privés d’emploi et qui courent encore après un job. On peut dire encore que 2013 est trop proche de2009 et qu’on ne repart pas pour un combat si intense et total tous les quatre ans. Il y a sans doute un peu de tout cela. Mais la mayonnaise ne prend pas surtout parce qu’en dépit de tout, il manque le principal ferment qui fait d’une mobilisation un succès. Il manque la foi et l’adhésion de la population qui avaient si bien fait mouche en 2009. On ne fait pas grandchose sans ferveur. Encore moins remuer des foules. Or, cette ferveur n’est pas au rendez-vous. Certes le LKP avait rassemblé parce qu’il y avait un vrai ras le bol et un vrai malaise social. Mais le LKP avait profité d’un formidable élan populaire, et tiré profit d’un malentendu entre ceux qui croyaient dur comme fer qu’ils adhéraient à une revendication sociale de masse et ceux qui pour faire nombre ont toujours claironné haut et fort que le mouvement n’avait rien de politique, alors qu’ils n’en pen- saient pas un traitre mot. Jusqu’au jour où, au sein même du LKP, des dissensions sur cette question politique essentielle des rapports de la Guadeloupe avec la France se sont faits de plus en plus évidents. Celui-là abandonnant le bateau sans crier gare, d’autres faisant entendre fortement leur différence. L’impact -négatif- sur la population a été immédiat. Sans compter qu’on ne peut prolonger indéfiniment un mouvement aussi puissant qu’il soit. 44 jours cela paraît une performance d’ores-et-déjà difficile à égaler. Le rassemblement de 2009 autour du LKP qui a eu son franc succès était tout aussi hétéroclite que celui de 2013. A la différence notable que cette fois, la population a déjà payé pour voir. Pas sûr qu’elle veuille encore mettre au pot !

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