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Le système doit changer !

Et maintenant que va-t-il se passer ? L’angoisse du réservoir vide est passée. Tout le monde souffle. La vie continue. Parfait ! Sauf que cette dernière crise à propos d’un décret qui entend réguler un tant soit peu la formation des prix du carburant est riche en enseignements et soulève une série de questions auxquelles les pouvoirs publics mais aussi les Guadeloupéens ne pourront pas échapper très longtemps. Est-il normal – nous savons que non que dans un pays où les transports publics sont si mal organisés et obsolètes que le prix du carburant soit si élevé ? Les pays qui nous entourent, qui n’ont pas notre niveau de vie et qu’on dit sous-développés paient leur carburant beaucoup moins cher que nous. Bien sûr, on peut toujours rétorquer que leur essence n’a pas la qualité exigée par les fameuses normes européennes. Mais lorsque les pays producteurs de pétrole qui nous entourent répondront à ces fameuses normes si ce n’est déjà le cas pour certains d’entre-eux, en tout cas Surinam y travaille — va-t-on continuer à se laisser tondre la laine sur le dos, juste pour remplir les poches de Total ? J’ai entendu dire au cours du conflit que le système en place est vertueux. À moins que la définition du mot vertu ait changé, ce n’est pas parce que le système est juteux pour certains qu’il est vertueux. Bien au contraire. L’opacité qui le caractérise et le refus de toute transparence de la part des pétroliers le rendent déjà suspect. Soyons clairs. Il n’est pas ici question de vitupérer le profit. Toute entreprise doit dégager des bénéfices, sinon elle meurt. C’est la loi du genre. Mais s’appuyer sur un système monopolistique pour se goinfrer de la sorte sur le dos d’une clientèle captive devient carrément indécent. Mais la crise que nous venons de vivre n’est pas inutile. C’est compliqué. Mais les Guadeloupéens savent aujourd’hui, même s’ils ne maîtrisent pas tous les détails qu’ils sont les dindons d’une farce grossière. Par ailleurs cela fait belle lurette que le modèle économique sous-tendu par la raffinerie installée en Martinique, la SARA pour ne pas la nommer est un gros leurre qui permet à Total d’être davantage un commerçant qu’un industriel et que c’est surtout la clé de voûte d’un système inique où Guadeloupéens et Guyanais sont priés de cracher au bassinet pour perpétuer une entreprise inefficiente. Enfin la vraie question est la suivante : puisque nous achetons déjà du carburant raffiné ailleurs qu’à la SARA pourquoi faut-il passer par cette raffinerie pour nous approvisionner quand de toute évidence cela nous revient à beaucoup plus cher ? N’est-il pas grand temps de réorganiser l’approvisionnement de la Guadeloupe en carburant et de mettre en place un système plus efficace et moins onéreux pour le consommateur ? De Gaulle, la guerre froide c’est loin. Fort loin. Le monde a changé. Il est grand temps de mettre fin à l’économie de rente et de comptoirs. Le système doit changer. Il faut aller au bout de la logique.

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