Le ministre délégué aux Outre-mer Philippe Vigier le 19 septembre aux jardins du Trocadéro, en présence de Serge Romana, Professeur de médecine et président de la fondation Esclavage et réconciliation, annonce que le site est pressenti pour accueillir le Mémorial national des victimes de l'esclavage.

Le ministre délégué aux Outre-mer s’est rendu mardi 19 septembre aux jardins du Trocadéro pour annoncer que le site est pressenti pour accueillir le Mémorial national des victimes de l’esclavage. Il s’agit d’une étendue de 3,5 Ha sur l’aile gauche de l’esplanade du Trocadéro. Philippe Vigier a précisé que cette visite de terrain permet « d’étudier la topographie et la faisabilité du projet ».

Le ministre était accompagné de Serge Romana, Professeur de médecine et président de la fondation Esclavage et réconciliation. Les deux hommes coprésident le comité de pilotage du projet de construction de ce mémorial national. L’inauguration du mémorial national est annoncée « par le président de la République le 23 mai 2025 ». Le comité de pilotage qui regroupe 18 membres, est l’instance chargée de veiller à ce que le projet aille à son terme cette fois.

C’est la seconde fois qu’un lieu emblématique est pressenti pour accueillir un monument support de 200 000 noms et prénoms donnés aux esclaves affranchis en Guadeloupe, en Guyane, à la Martinique et à la Réunion par le décret d’abolition du 27 avril 1848. Le précédent site était le jardin des Tuileries, toujours à Paris. Cette demande d’ériger un « Mémorial national de la traite négrière et de l’esclavage colonial » est portée depuis 2016 par le Comité marche du 23 mai 1998 (CM98), renforcé par plus de 300 personnalités, 120 associations et près de 10 000 pétitionnaires en avril 2018.

Le 27 avril 2018, Emmanuel Macron s’était dit favorable à ce que « la République se souvienne des esclaves eux-mêmes ». Le président de la République soutenait le choix « d’ériger à Paris, dans le jardin des Tuileries, un mémorial national qui rende hommage à ces victimes, comme le demandent légitimement plusieurs acteurs de cette mémoire ».

Le Comité marche du 23 mai 1998, l’association martiniquaise de recherche sur l’histoire des familles, l’association de professeurs d’histoire et de géographie régionale de la Guyane, le collectif réunionnais des noms pour la mémoire, comptent dans leurs rangs des chercheurs et bénévoles qui œuvrent depuis plus de 25 ans pour que ce projet voit le jour. Le site anchoukaj.com présente d’ores et déjà une liste de 150 000 noms, qui sera complétée par les archives manquantes de la Guyane.

À Paris le 23 mai 1998, le « Comité pour une commémoration unitaire du cent-cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage des nègres dans les colonies françaises » organise une marche silencieuse de la Place de la République à celle de la Nation. Photo : CM98

Situé à quelques encablures de la Tour Eiffel, le Trocadéro compte parmi les lieux les plus connus et visités de Paris, notamment pour son esplanade, ses jardins agrémentés de fontaines, ses musées (musée de l’Homme, musée national de la Marine). « Il faut que soient gravés les noms de ces personnes pour qu’on n’oublie jamais« , soutient Emmanuel Gordien, président du CM98 et membre du comité de pilotage.

Entre le XVIᵉ et XIXᵉ siècle, la France a organisé l’enlèvement et l’exploitation de centaines de milliers d’esclaves, utilisés à des fins économiques dans ses anciennes colonies, dont certaines sont aujourd’hui devenues des départements français d’Outre-mer. Après la reconnaissance de la traite négrière et de l’esclavage comme crime contre l’humanité en 2001, l’État avance un peu plus dans la reconnaissance et la réparation liée à son passé colonial.

Le pays s’est doté de deux lois (loi du 30 juin 1983 qui reconnaît cinq journées de commémoration de l’abolition de l’esclavage comme des jours fériés locaux, loi Taubira du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité), deux dates nationales (10 mai : journée nationale de commémoration des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition ; 23 mai : journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage colonial), le musée national sur l’esclavage le plus important au Monde (le Mémorial acte en Guadeloupe), et dans les cartons un Mémorial national des victimes de l’esclavage colonial prévu, si les engagements sont tenus, au Trocadéro.

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