L'université des Antilles et l'institut de recherche Inrae s’allient pour que les îles produisent plus et résistent mieux aux crises climatiques et sanitaires. Photo : DR

« Cet accord marque une étape structurante », annonce l’université des Antilles dans un communiqué publié jeudi 19 décembre. Deux jours plus tôt, sur le campus de Fouillole, un accord-cadre de coopération scientifique a été officiellement signé entre l’université des Antilles et l’Inrae (Institut national de recherches pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), représenté par son président-directeur général Philippe Mauguin, en présence du président du centre Antilles-Guyane, Harry Archimède, et du président de l’université, le professeur Michel Geoffroy. Ce partenariat vise à mutualiser les forces de recherche et de formation face aux enjeux spécifiques des territoires caribéens.

Confrontés à des « défis majeurs » identifiés à l’échelle de la Guadeloupe et de la Martinique, les deux établissements ont décidé d’unir leurs efforts autour de quatre priorités : la souveraineté alimentaire et énergétique, le développement de la bioéconomie, la prévention et la gestion des aléas géoclimatiques, ainsi que la santé globale. L’accord vise à formaliser et intensifier la collaboration existante. Il prévoit notamment le co-encadrement de thèses, la mutualisation de formations académiques et professionnelles, ainsi que la création d’outils pérennes pour des opérations scientifiques d’intérêt mutuel.

Pôle d’excellence européen et international

Au cœur du dispositif, un pôle commun de recherche pour la transition agroécologique et la santé globale en milieu insulaire tropical verra le jour. Ce pôle a vocation à devenir un espace de synergie entre recherche appliquée et innovation.

L’Inrae et l’université des Antilles souhaitent renforcer « l’articulation entre formation, transfert de connaissances et recherche ». Cela passera par « l’implication d’agents Inrae dans les cursus de formation » proposés par l’université.

Les deux partenaires s’accordent également sur l’objectif de positionner leurs centres en Guadeloupe et en Martinique comme pôles d’excellence à l’échelle européenne et internationale. « Inrae jouera un rôle important dans le rayonnement de nos territoires », s’enthousiasme Philippe Mauguin. L’université des Antilles, de son côté, se réjouit de cette « étape structurante dans le renforcement de partenariats scientifiques au service de la Guadeloupe et de la Martinique ».

Si les ambitions affichées sont en phase avec les priorités territoriales, leur concrétisation reste suspendue à plusieurs obstacles. En Guadeloupe, près de 80 % des denrées alimentaires consommées sont importées, et la production locale reste marginale, avec une agriculture qui pèse 6 % du PIB.

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