La Guadeloupe poursuit sa montée en gamme. Après une année 2018 fructueuse, l’archipel entend maintenir cette croissance, avec l’objectif de créer des emplois.
D’après le bilan de l’Insee sur les comptes économiques 2018 de la Guadeloupe paru le 16 octobre, « l’activité touristique demeure un moteur de l’économie ». Les achats des touristes, comptabilisées comme des exportations, ont progressé de 3,9 % en 2018. Avec 518 millions d’euros, ces dépenses comptent pour 40 % du total des exportations. Au final, elles contribuent à la croissance à hauteur de 0,2 point et représentent 6 % du Produit intérieur brut (PIB) de la Guadeloupe.
Aujourd’hui le tourisme en Guadeloupe est presque à son apothéose. En 2018 la Guadeloupe a enregistré 1 166 200 visiteurs, un record historique. 735 200 touristes ont séjourné dans l’archipel (+13 %), et dépensé près de 728 millions d’euros (pour un budget moyen de 990 euros par séjour). Les 431 000 croisiéristes qui ont fait escale sur le territoire ont, bien qu’ils soient moins nombreux qu’en 2017 (467 000 touristes), dépensés 85 millions d’euros de recettes (82 euros de budget moyen). « L’objectif du million de touristes uniquement de séjour accueillis sur le sol des îles de Guadeloupe que nous nous sommes fixés est aujourd’hui à portée de main » juge Ary Chalus, président de Région, lors de son discours d’inauguration de l’hôtel Saint-Georges, à Saint-Claude le 11 octobre. « L’enjeu est de taille car le secteur touristique constitue désormais notre principal levier de croissance au bénéfice de l’ensemble des autres secteurs économiques. » Seulement voilà, « accueillir plus de visiteurs implique parallèlement des capacités d’hébergement quantitativement et qualitativement suffisantes ». La Région attribue ainsi des millions de subventions aux groupes hôteliers qui se modernisent. La filière tourisme compte de nombreux investisseurs. D’importants travaux d’agrandissement de l’aéroport sont en cours. Air Belgium ouvre une nouvelle rotation entre Bruxelles et la Guadeloupe à partir du 7 décembre prochain, à raison de deux vols par semaine. En parallèle, la compagnie américaine JetBlue devrait prendre le relais de Norwegian et lancer, en février 2020, une liaison entre New York et Pointe-à-Pitre, à raison de trois vols par semaine.
• SAINT-CLAUDE DANS LA RONDE
La montée en gamme de certains hôtels, et la rénovation de quelques autres, permet un renouvellement de l’offre d’hébergement sur le territoire. Fermé depuis trois ans, l’hôtel Saint-Georges a rouvert ses portes le jeudi 3 octobre à Saint-Claude. « Oui la clientèle est plus nombreuse puisque le million de touristes [qui séjournent sur place à 60 % et sont de passage par la croisière à 40 %, ndlr] a été atteint en Guadeloupe », a précisé Laurent Mairesse, directeur du Saint-Georges. « Mais nous devons aussi créer notre modèle, c’est-à-dire que quand on ouvre un établissement on doit aussi aller chercher les clients. Nous avons vraiment une démarche inclusive » a-t-il poursuivi. Entièrement rénové, cet hôtel estampillé trois étoiles ambitionne de devenir dans les prochains mois un hôtel Mercure. Un changement qui devrait lui permettre de monter en gamme. Fruit d’un partenariat conclu entre la Région Guadeloupe, Pôle emploi et l’exploitant West-indies hospitality, la réouverture de l’hôtel Saint-Georges à Saint-Claude « participe surtout à la création d’emplois dans le sud Basse-Terre autour d’un projet qui permet de recruter 30 Guadeloupéens, tous résidants dans la région« , professe Ary Chalus. Le lundi 16 septembre le président du conseil régional accueillait les 30 salariés recrutés par le gestionnaire de l’établissement. Dérogeant au principe de non-discrimination, le cahier des charges annoncé à Pôle emploi stipulerait que les demandeurs d’emploi « doivent être recrutés sur la zone du sud Basse-Terre » et formés aux métiers de l’hôtellerie et de la restauration. Tous les salariés recrutés devant avoir été au chômage. « L’impact sur l’économie locale est donc bien réel et le retour sur investissement est désormais évaluable« , proclame Ary Chalus.
• LE RETOUR DU LUXE
Côté hébergement touristique, les îles de Guadeloupe ont de quoi se réjouir. Depuis le 15 octobre, elles possèdent un établissement hôtelier auréolé de la plus haute catégorie dans la classification des hôtels de tourisme en France, soit cinq étoiles. La Toubana hôtel & spa, situé à Sainte-Anne, a obtenu sa cinquième étoile. Le fruit de trois années d’investissement, de rénovations et de formations des personnels. « Les équipes de La Toubana hôtel & spa se préparent depuis deux ans pour accueillir leurs hôtes en qualité de 5 étoiles. Cette 5e étoile est un véritable accomplissement et une immense récompense pour l’hôtel et le groupe, mais également une reconnaissance sans précédent dans les îles de Guadeloupe sur un produit luxe » s’est exclamée Carole Adam – vice-présidente du Groupe Des hôtels & des îles. L’archipel dispose à nouveau d’un opérateur de l’hôtellerie de luxe. Le précédent établissement qualifié de luxueux remonte aux années quatre-vingt, il s’agissait du Hamak de Jean-François Rozan. Quarante ans après, le retour de cette terminologie « luxe » entend attirer sur la Guadeloupe une clientèle haut de gamme, encore trop peu nombreuse.
« Nous souhaitons mettre en œuvre un nouveau modèle économique qui repose sur un contrat gagnant-gagnant. Cela signifie que l’accompagnement des entreprises doit contribuer à réduire le chômage ». En contrepartie des millions de subventions recueillis pour sa montée en gamme, La Toubana avance le chiffre de 10 emplois supplémentaires créés. « La réhabilitation de l’hôtel Arawak, avec une montée en gamme à 4 étoiles, qui vient compléter l’offre de la zone balnéaire de l’archipel, permet la création d’une trentaine d’emplois nouveaux. Une quarantaine d’emplois permanents ont été créés avec la rénovation de différents hôtels, le relais du Moulin, Kanoa… » se réjouit le président de Région.
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