Guadeloupe unie, solidaire et responsable (GUSR) a tenu dimanche 1erdécembre son 9e congrès au palais des sports Laura Flessel à Petit-Bourg. En présence des adhérents et sympathisants, le parti par la voix de son président Guy Losbar, a comme prévu défendu le principe d’une domiciliation locale des pouvoirs décisionnels et son corollaire, à savoir une évolution institutionnelle.
Lors de ce congrès le parti a célébré aussi son 30e anniversaire. L’occasion de retracer son histoire, en présence de ses pères fondateurs. Dominique Larifla, à l’origine du GUSR, a concédé que le parti a dû passer par maintes épreuves, avant d’occuper aujourd’hui la place qui est la sienne.
« Ce qui est intéressant, c’est que tout le monde pense à la Guadeloupe, au développement de la Guadeloupe. Nous devons avoir plus de moyens pour permettre à la Guadeloupe d’avancer dans ce monde technologique qui bouge » a déclaré l’ancien président du conseil départemental.
« Les élus du GUSR sont dans toutes les instances dirigeantes, au conseil départemental, au Sénat, à la Région, dans les communes » a encore fait remarquer Guy Losbar. Selon le président du conseil départemental, c’est le moment de peser sur les choix et orientations du pays. « Nous sommes pour plus de souveraineté alimentaire, plus d’autonomie. Aujourd’hui, il faut traduire cela au-delà des résolutions du Congrès. Concrètement, il va falloir une loi organique, il va falloir que des compétences nouvelles soient exercées », a appuyé Guy Losbar. Des orientations réaffirmées mais connues et débattues depuis fort longtemps au sein du GUSR.
En réalité, la vraie nouveauté politique de ce congrès réside dans l’écart opéré par le parti à l’égard de son partenaire président du conseil régional Ary Chalus. Guy Losbar a confirmé lors du congrès la création d’un groupe GUSR distinct de la majorité chalusienne, composé de seize conseillers régionaux. Y figurent les membres encartés du GUSR : Camille Pelage, Jean Bardail, Sylvie dit Duflo, Eddy Chateaubon, Sonia Desvarieux, Jennifer Linon, Philippe Dezac, Jean-Louis Francisque, Patrick Dollin.
Et cinq affiliés ou proches du GUSR au rang desquels se trouvent Betty Armougon, Gersianne Bondot -Galas, Sylvie Vanoukia, Jean-Marie Pili, Jim Lapin, Bernadette Thuram. Cette initiative annonce pour le moins une divergence entre le GUSR et l’exécutif régional.
Interrogé sur RCI lundi 2 décembre au matin, Guy Losbar a du bout des lèvres admis que ce groupe était destiné à faire avancer la question institutionnelle au sein de l’assemblée régionale. Ary Chalus n’ayant pas manifesté beaucoup d’entrain à embrayer sur la question.
L’autre raison relevée par Guy Losbar, mais cette fois lors du congrès, c’est le non-renouvellement des contrats à durée déterminée des deux collaborateurs de groupe que sont Olivier Nicolas pour le compte de Péyi Guadeloupe et Audrey Cornély pour celui de la majorité régionale. Ary Chalus l’a annoncé aux concernés dans un courrier daté du 29 octobre 2024.
Ne pas renouveler Olivier Nicolas seul aurait été facile. Mais comment opérer ce seul retrait sans donner l’impression de céder à une vengeance politique ? Il fallait donc faire appliquer la même décision à Audrey Cornély. Ce qui fut fait. Il est à noter que cette dernière est la belle-fille de Guy Losbar.
Un conseiller régional, de la majorité, fait observer que la raison budgétaire évoquée par l’exécutif régional est plutôt farfelue : « Pendant qu’il supprime deux emplois qui à eux deux coûtent 150 000 euros, il injecte 1 500 000 euros dans la Société publique locale (SPL) Cœur d’énergie qui pour l’heure ne génère que des pertes. C’est pour le moins incohérent », ricane-t-il.
Un autre élu, cette fois de l’opposition renchérit : « Sa volonté de faire des économies sur les emplois est à géométrie variable. il a embauché au 1er octobre son ami Ruddy Vardarassin en tant que chargé de mission de l’événementiel. Ce dernier arborait un tee-shirt Hugo Boss, alors qu’il officiait lors des Rendez-vous du monde économique de la Guadeloupe organisés par la Région les 27, 28 et 29 novembre au Mémorial acte ».
La création d’un groupe GUSR autonome au sein de la majorité régionale augure d’un repositionnement du GUSR qui marque une autonomisation stratégique avec Ary Chalus, président du conseil régional et partenaire politique de longue date. Ary Chalus ne dispose désormais plus d’une majorité absolue au conseil régional avec ses 18 conseillers régionaux en comptant dans ses rangs Josette Borel-Lincertin qui a viré chalusienne. Reste à savoir quelles peuvent être les conséquences de cette prise de distance du GUSR sur les affaires régionales, dont le vote du budget.
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