NOUVEAU TEMPO
Dès ce 3 septembre, les municipalités de Guadeloupe seront au pied du mur. Elles devront appliquer la réforme des rythmes scolaires et proposer aux parents et aux élèves un temps de travail pédagogique diversifié.
Trois jours sur quatre, les élèves de la maternelle et du primaire auront accès à ce que l’on appelle désormais les nouvelles activités périscolaires (NAP). Pour inclure ces NAP, l’emploi du temps des élèves a été modifié. Les écoles ont été libres, après concertation de leur personnel, de définir leurs nouveaux horaires. Cela dit, en règle générale, la journée type d’un élève de primaire s’étalera de 8h à 11h puis de 13 h 30 à 15 h 15. Selon les jours, après 15 h 15, il est pris en charge par un personnel encadrant composé d’agents communaux formés et d’intervenants d’associations qui sont chargés de leur ouvrir différents horizons, selon une feuille de route établie par la municipalité en fonction des besoins du territoire. En réalité, cette réforme signifie une remise en question de la politique éducative de la ville, qui se voit dans l’obligation de fournir à ses élèves une éducation plus complète incluant ce qu’on appelle généralement les activités extra-scolaires au sein même de l’enseignement. Pour les villes telles que Pointe-à-Pitre ou Goyave qui avaient déjà fait le choix de s’y frotter dès la rentrée 2013, il s’agit ici de faire des ajustements. La ville de Pointe-à-Pitre a rôdé son dispositif. » Les associations partenaires ont proposé de nouveaux projets et des activités qui pouvaient tenir sur sept semaines de travail entre les petites vacances scolaires. Une manière pour nous de faire tourner les groupes sur les différentes activités pour que chaque élève puisse profiter de ce que nous offrons. » explique Alex Corvo, élu délégué aux rythmes scolaires à Pointe-à-Pitre. Selon les écoles, les municipalités mettent à disposition un menu de NAP. La ville de Basse-Terre, qui avait déjà fait le choix d’une politique de partenariat renforcé avec ses associations affiche une apparente décontraction et se sent prête à affronter les rythmes scolaires. » Nous n’avons pas attendu la réforme du gouvernement. Nous avions déjà depuis cinq ans un projet éducatif municipal qui était censé permettre aux enfants de pratiquer une discipline sportive dans le temps périscolaire » se rengorge la municipalité, qui s’est donc contentée de transformer l’existant. Quoi qu’il en soit, la réforme à un prix. L’enveloppe qui y est dédiée est alourdie par la prestation d’intervenants privés facturés selon un tarif horaire. En tout, la note peut atteindre jusqu’à 350 000 euros pour les municipalités en fonction de leurs ambitions. Avec une conjoncture économique restreinte – baisse des dotations des communes – on ne peut ignorer que les retards de paiement, déjà pointés du doigt par les associations, risquent donc d’être le premier accroc de la réforme.
La périphérie en souffrance
Les petites villes, elles n’affichent pas la même décontraction face aux rythmes scolaires. C’est le cas de Petit-Canal, qui a ouvert ses inscriptions aux parents, mais qui avoue avoir encore beaucoup de choses à rôder. La ville a fait le choix d’axer ses NAP sur la politique sportive en proposant essentiellement un éveil sportif. » Nous disposons des équipements qu’il faut, mais nous n’avons pas encore de club de volley-ball ou de hand-ball par exemple. Pourquoi ne pas se servir des NAP pour dynamiser le sport canalien en sensibilisant les élèves à la pratique sportive. » propose Didier Mourouvin élu en charge des affaires scolaires. Pour l’instant, Petit-Canal fait le choix d’un accueil, le matin, dès 6 h 30 des élèves dont les parents travaillent en région pointoise. Contrairement aux autres municipalités qui ont fait le choix de trois heures de NAP, elle, en proposent cinq. Trois heures sont payées par la caisse d’allocation familiale, à raison de 0.30cts par enfant et les deux autres par la commune. Malgré cela, la commune navigue encore à vue, en raison de l’incertitude qui règne au niveau des inscriptions – les parents restent encore perplexes face à la réforme – mais aussi en raison de la rude concurrence entre les associations qui existent dans le Nord grande-terre. Certaines devront être présentes à la fois à Anse-Bertrand, Port-Louis et le Moule. » La compétition est rude et nous devons faire jouer les tarifs horaires. Heureusement, nous bénéficions de l’appui des Francas, expert dans l’encadrement et l’éveil des enfants « . Si la ville entend bien commencer son dispositif comme prévu le 4 septembre, elle ne se fait pas d’illusions et sait que le rodage risque de prendre un bon mois. » Si le projet des rythmes scolaires est excitant, il demande aussi beaucoup de travail et nous savons que le résultat ne sera pas parfait dès le début. En revanche, nous ferons tout pour que le système fonctionne rapidement « espère Didier Mourouvin. À terme, la commune espère mettre à disposition des élèves, une palette diversifiée d’activités.
DANS LE PANIER
Papeterie ou Supermarché ? Les bons plans de la rentrée
Pour les ménages ayant à charge des enfants, la rentrée est un poste de dépense très important. En dehors des fournitures qui sont demandées par les écoles, il faut aussi prévoir des dépenses nécessaires au renouvellement de la garde de robe des enfants qui souffre toujours d’une année scolaire à l’autre. Le Courrier de Guadeloupe s’est attaché sur la base d’une liste de fournitures type et en prenant garde à rester très proche des choix des parents, à calculer les dépenses moyennes des ménages lors de la rentrée et ce, qu’ils choisissent de faire leur course dans une Papeterie ou basiquement en grande surface.
Sur la base d’une liste fournie aux élèves du primaire les ménages gagnent plus à faire leurs courses en grande surface.
125 € dans une papeterie contre 105,07 € en grande surface.
Le prix comprend les petites fournitures, les cahiers, les porte-vues, les instruments d’arts plastiques et de musique. Dans le caddie, ce sont les petites fournitures qui permettent de réaliser une belle économie. Stylos, gommes, compas, équerres, protèges cahiers vendus en lot dans la grande surface sont bien moins chers. En papeterie, ils sont souvent vendus à l’unité.
3,99 € pour un lot de 25 stylos contre 40 centimes par stylo dans la papeterie. Les gommes, la colle, le double décimètre répondent à cette même logique. 1,95 € le lot contre 1,70 € l’unité dans une papeterie.
Les protèges cahiers sont aussi moins chers en grande surface : 2,85 pour un lot de six protège-cahiers, vendus entre 20 cts et 80 cts l’unité, contre 1,20 euro en papeterie.
En revanche les feuilles mobiles, les porte-vues, les classeurs perdent la bataillent en grande surface et sont beaucoup moins chers en papeterie. En moyenne 6 euros pour un porte-vue de 100 vues contre 4 euros en papeterie. 1,70 € le paquet de feuilles mobiles contre 2,20 € au supermarché.
Ces dépenses ne comprennent pas les cartables qui, par exemple, oscillent entre 30 et 50 euros selon la qualité, la marque, la capacité.
DU BEURRE DANS LES ÉPINARDS
L’allocation de rentrée scolaire pour qui, comment ?
Les associations dédiées à l’éveil des enfants par les activités extra-scolaires, ont été les premières à ruminer à l’annonce de la réforme des rythmes scolaires par Vincent Peillon en 2012. Pourtant c’est une occasion unique pour elle d’aller conquérir de nouvelles voies de développement.
Cette rentrée 2014-2015 s’accompagne de menus changements. Les parents bénéficiaires de l’allocation rentrée scolaire perçue entre le 19 et le 21 août derniers ont pu constater une très légère augmentation. Son montant passe de 360,47 € en 2013 à 362,63 € cette année pour un enfant âgé de 6 à 10 ans, de 380,36 euros à 382,64 € pour un enfant âgé de 11 à 14 ans et enfin, l’allocation est valorisée à 395,90 € pour un enfant âgé de 15 à 18 ans, contre 393,54 € en 2013. Pas de quoi faire des folies, donc pour les parents bénéficiaires mêmes si cette aide met un peu de beurre dans les épinards. Globalement, le contexte est plutôt à l’augmentation du coût de la rentrée scolaire, qui ne cesse de grimper depuis 1998 selon une étude de l’Insee.
Du beurre oui, mais pour qui ?
L’allocation de rentrée scolaire est versée sous conditions de ressources. En effet, le plafond pour l’année 2012 ne doit pas excéder 24 137 € pour les foyers ayant un enfant à charge, 29 707 € pour les foyers ayant deux enfants à charge et 35 277 € pour ceux ayant trois enfants à charge. Les ménages comptant plus de trois enfants doivent ajouter à leur plafond 5 570 € par enfant supplémentaire. L’autre nouveauté de cette rentrée scolaire est la simplification des démarches et l’adaptation aux différents cas.
Les enfants précoces, c’est-à-dire nés après le 31 décembre 2008 et déjà rentrés au CP, sont également pris en compte. Les parents doivent simplement renvoyer un certificat à la Caf. Le cas des enfants apprentis ou étudiants salariés nécessite toujours une attestation avec la situation précise indiquée à renvoyer avant la fin du mois d’août. Enfin, la grande nouveauté concerne les plus de 16 ans. Les familles ayant des jeunes de 16 à 18 ans n’ont plus à fournir de certificat de scolarité. Une attestation sur l’honneur faite en ligne suffit. Une simplification qui soulève des inquiétudes quant au risque de fraude. En réponse à cela, la Caf informe ses usagers qu’elle se réserve le droit de réclamer un certificat en cas de doute. Que son système de régulation soit suffisant ou pas, la mesure est en place pour les quelques 38 931 foyers concernés en Guadeloupe (NDLR : chiffre de l’Insee pour l’année 2012).
INNOVER
Rythmes scolaires et l’émergence d’un nouveau business
Les associations dédiées à l’éveil des enfants par les activités extra-scolaires, ont été les premières à ruminer à l’annonce de la réforme des rythmes scolaires par Vincent Peillon en 2012. Pourtant c’est une occasion unique pour elles d’aller conquérir de nouvelles voies de développement.
Quoi de plus capitaliste que de concevoir les écoles comme un marché ? C’est pourtant le choix assumé de plusieurs petites associations qui ont rapidement vu dans les rythmes scolaires une manière de gagner et de fidéliser une clientèle. Car soyons honnêtes. Jusqu’à présent les activités extra-scolaires étaient un luxe que peu de parents pouvaient se payer. Même pour un enfant, cela représente un budget conséquent surtout si celui-ci combine une discipline sportive et une discipline artistique. Or, il est publiquement reconnu qu’une éducation culturelle et sportive en marge d’une éducation purement pédagogique est propice au développement intellectuel des enfants. Par essence, l’enfant pousse à l’innovation. Aussi, alors que certaines associations proposant des activités extra-scolaires se sont plaintes de voir fuir les élèves vers les écoles, d’autres se sont frotté les mains. C’est le cas du Consensus Pointois, association de services à la personne présente sur Pointe-à-Pitre depuis une dizaine d’années. « Nous avons tout de suite vu dans les rythmes scolaires une opportunité et dès 2013 nous avons candidaté auprès de la mairie. Nous travaillions déjà avec les enfants pour des activités de vélo. Le bilan est extrêmement positif, nous avons dû doubler l’activité vélo sur deux écoles et penser à une extension de nos activités » se réjouit Selim Nacidide coordinateur de l’association. Dans le projet 2014, pour répondre à la demande, le consensus pointois a été obligé d’augmenter son offre en proposant une activité football et une activité nutrition conformément aux projets des établissements. » Lors des sessions de travail, les retours des structures associatives étaient presque toujours positifs. Pour elles, les rythmes scolaires représentent un vent nouveau qui les oblige à repenser leur stratégie et leur conception de l’éveil. C’est extrêmement rafraîchissant. » note Alex Corvo, délégué des affaires scolaires. D’autant, que la réforme leur laisse plus ou moins la bride sur le cou. Elles peuvent augmenter leur offre en explorant des branches qu’elles n’envisageaient pas auparavant. D’autre part, elles peuvent aller chercher un plus large public en démarchant plusieurs écoles d’un même secteur. Dans le nord Grande-Terre la concurrence fait déjà rage. Certaines boîtes assises dans le secteur pérennisent leur développement. C’est le cas des Francas, leader français de la garde d’enfant en milieu scolaire qui s’impose tout naturellement dans cette branche.
Seul frein le recrutement
Un seul nuage vient obscurcir ce doux ciel capitaliste : le manque de main-d’œuvre. S’occuper des enfants de manière optimale dans le sens auquel l’entend la réforme demande un minimum de formation. Et, en Guadeloupe, le secteur ronronnait beaucoup. Conséquence : le recrutement du personnel encadrant qualifié pose déjà problème. Si le choix de la conversion de certains employés municipaux est une aubaine économique pour les mairies, elle a aussi dévoilé le manque de main-d’œuvre au sein des associations. Toutefois, bien qu’ayant une consonance négative, dévoile aussi des possibilités de recrutement pour des jeunes au chômage. Les compétences artistiques demandées par certains établissements pourraient bien faire l’affaire d’intermittents du spectacle au chômage. Cela a déjà été testé notamment en France, où le directeur d’un camping pour l’animation des enfants a fait le choix d’engager de jeunes chanteurs et de jeunes comédiens sur le carreau. Comme quoi le changement recèle presque toujours en son sein, le moyen d’innover.
ACTIVITÉS EXTRA-SCOLAIRES
L’alliance du plaisir et de la rigueur
Entre école, devoirs, et activités extra-scolaires, les emplois du temps des enfants semblent parfois surchargés. Pourtant, sport ou de musique participent au bon développement de l’enfant.
Piano, violon, guitare ou encore football, volley-ball ou natation : il est important pour les enfants de pratiquer des activités en dehors de l’école. Pour la psychologue Marie-Bernard Chicaud, les effets bénéfiques sont nombreux, à condition de trouver le bon équilibre. » L’activité extra-scolaire n’est pas dissociable de la notion de plaisir. Il faut que l’enfant ou l’adolescent ait envie de s’y rendre. Cela lui permet d’échapper au quotidien, de prendre plaisir ailleurs que dans le cercle restreint de la famille ou de l’école « . Selon la psychologue, la pratique régulière du sport permet aux jeunes de relâcher la tension accumulée durant la semaine. » Pour les enfants uniques, les sports d’équipes sont très importants, puisqu’ils permettent d’appréhender la sociabilité, le partage et l’esprit d’équipe, qui leur manque parfois dans la famille. Ils acquièrent des valeurs essentielles tout en se faisant plaisir ». De la même manière, la musique permet d’allier rigueur, effort et plaisir. » Attention toutefois à ne pas multiplier les activités extra-scolaires, puisque l’oisiveté est également indispensable au bon fonctionnement de l’enfant « .
SOMMEIL
Bonne nuit les petits !
L’approche de la rentrée fait revenir la question du rythme des enfants. Jeunes ou moins jeunes, ils s’en sont donné à cœur joie durant ces deux mois de relâche et le retour à la normalité s’avère quelque peu compliqué. Nathalie Ninine, psychologue clinicienne et psychanalyste donne son avis.
Le Courrier de Guadeloupe : À quelle heure coucher ses enfants ?
Nathalie Ninine : La réponse à cette question dépend avant tout de l’âge. Pour le jeune enfant scolarisé et jusqu’à l’adolescence, le plus tôt est le mieux. L’heure idéale se situe aux alentours de 20 heures. En effet, au niveau du cerveau de l’enfant, la récupération se fait selon un certain rythme et des phases clés. Durant la première partie de la nuit, le sommeil permet au cerveau de l’enfant de grandir et bien se développer. C’est une étape essentielle.
LCG : Comment faire pour coucher ses enfants ?
N. N. : Il faut donner un rythme à l’enfant et aussi s’en donner un à soi-même pour ne pas se laisser dépasser. Le tout est d’essayer de faire certaines choses au préalable et anticiper tout ce qui peut l’être : repas, devoirs… Je conseille d’éviter la télévision le soir ou au moins une heure avant le coucher. Il faut donner de nouvelles habitudes à l’enfant et instaurer des rituels. Le plus intéressant pour favoriser le sommeil est celui de l’histoire. Mais surtout donnez-vous le temps. Un tel rythme s’installe petit à petit notamment au sortir des vacances. Il faut s’y prendre une semaine voire plus à l’avance et ne pas changer de cap dans l’installation de ce nouveau rythme.
LES DEVOIRS
L’équation du succès
Mathématiques, français, sciences, additionner, conjuguer, observer… Les devoirs font leur grand retour dans le quotidien des enfants avec une question pour tous les parents : autonomie ou encadrement des devoirs. La psychologue clinicienne et psychanalyste Nathalie Ninine apporte son éclairage.
Comme pour tout le reste, la tâche des devoirs revient avec la rentrée. Valables aussi bien pour les petits que pour les grands, leur exécution reste un casse-tête chinois pour les parents qui ne savent trop s’ils doivent ou pas s’impliquer.
Une question d’âge
Ce qui est valable pour les plus petits ne vaut pas pour les plus grands. En matière de gestion des devoirs, la psychologue clinicienne Nathalie Ninine recommande aux parents de s’adapter à l’enfant. » Il faut faire attention à ce détail qui peut s’avérer très important pour aider au mieux l’enfant à apprendre et trouver son rythme, je recommande avant tout d’en discuter avec ses enseignants ou professeurs qui le voient évoluer au quotidien « .
Des devoirs, oui mais pas que
« Dans les petites classes en tout cas, les devoirs ne sont pas obligatoires. De nombreux professeurs se contentent des travaux faits en cours et il appartient aux parents de stimuler la curiosité des enfants « , explique Nathalie Ninine. Si l’éducation, ne se résume pas à l’apprentissage fait en classe, la jeune praticienne prescrit de cultiver la capacité de réflexion de l’enfant grâce au dialogue. « Il faut pouvoir l’intéresser à ce qui se passe dans le monde et l’encourager à poser des questions sur la vie. Parler lui fait sentir qu’il est libre de poser des questions, qu’il n’y a pas de tabous. En tant que parents, retenez que votre rôle n’est pas de répondre à toutes ses interrogations. Avouer que vous ne savez pas tout libère l’enfant de l’image de toute puissance qu’il a et lui restitue sa liberté de penser par lui-même. »
Privilégier le lien
« Le rapport au savoir et à l‘apprentissage chez l’enfant passe aussi par l’affectif, des canaux interpersonnels. On observe d’ailleurs des schémas avec des enfants qui apprennent et ont des bonnes notes pour faire plaisir à leurs parents, voire parfois à leurs professeurs « , achève la psychologue. En résumé, adaptabilité, écoute et attention sont une des recettes possibles pour accompagner au mieux l’enfant dans sa scolarité…
L’ABUS EN TOUT NUIT
Le danger des écrans pour les enfants
Chez les plus petits, les écrans peuvent être nocifs, et gêner le bon développement de l’enfant. Pour Nathalie Ninine, psychologue spécialiste de l’enfant, il est très important de veiller à ce que les plus jeunes ne soient pas surchargés d’images virtuelles. » Cela pourrait nuire à leur développement cognitif : les interactions sociales sont diminuées, l’imagination est moins stimulée, l’intelligence propre moins sollicitée, le sommeil perturbé. » Selon elle, pas de recette magique quant au temps à passer face aux écrans : tout dépend de l’enfant, mais aussi du contexte familial. Si les parents sont passionnés par l’informatique et les nouvelles technologies, il sera forcément plus dur d’empêcher l’enfant d’accéder à l’ordinateur ou la tablette.
Des nourrices pour nos enfants ?
Face à des enfants difficiles ou très actifs, les nouvelles technologies représentent parfois l’alternative de la facilité. Pour le docteur Ninine, « les écrans tels que les tablettes servent de nourrice aux enfants, et déchargent un peu plus les parents. Face à sa tablette, l’enfant est sage et calme. On peut croire que c’est bon pour lui, mais c’est en réalité tout le contraire. » De plus, l’accès à internet chez les enfants peut s’avérer dangereux, puisque celui-ci peut être confronté à des images non adaptées à son âge, parfois violentes ou traumatisantes. » Lorsque les enfants surfent sur internet, l’idéal est que les parents restent à ses côtés pour surveiller ce qu’il fait. Cela permet également de limiter la consommation d’écran, puisque le parent ne restera pas toute une après-midi à surveiller son enfant. » L’important est donc de ne pas tomber dans l’excès, dans un sens comme dans l’autre. Les nouvelles technologies sont essentielles à notre société actuelle, et donc difficilement évitables.
ATTRACTION
De moins en moins d’élèves en Guadeloupe
Depuis 2012, les chiffres des enfants scolarisés en Guadeloupe sont en chute. Une baisse beaucoup plus sensible dans le 1er degré que dans le second. Le secteur public est plus touché tandis que le secteur privé se maintient.
À la rentrée, les 407 établissements scolaires de Guadeloupe, publics et privés compris, accueilleront près de 100 000 élèves soit exactement 99 489. Dans le détail, le secteur public continue de perdre en effectifs. Depuis 2012, 1 577 élèves ont fui les bancs des établissements publics du 1er degré. Dans le secondaire la perte s’observe aussi même si elle est plus mesurée, avec – 842 élèves. C’est le secteur privé qui se sort le mieux de cette déflation, avec une légère augmentation d’élèves dans le 1er degré, tandis qu’il est en légère déroute dans le secondaire. Tous secteurs compris, ce sont 7 600 enseignants qui s’apprêtent à encadrer des classes. La baisse des élèves scolarisés révèle la natalité molle que subit le département depuis plusieurs années.
TÉLÉPHONE PORTABLE
Le plus tard possible pour les enfants
En moins de 20 ans, les téléphones mobiles se sont ancrés dans notre mode de vie. Les enfants s’en servent dès le plus jeune âge, malgré de vrais dangers pour leur santé.
Aujourd’hui, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), la moitié de la population mondiale est connectée depuis son portable. Le taux de couverture par système cellulaire dépasse les 80 %. En 2013, plus de cinquante-neuf millions de Français possédaient un mobile. Les enfants, eux aussi, sont donc quotidiennement confrontés à l’utilisation de ces téléphones. Pourtant, selon le Professeur Pierre-Jean Touboul, neurologue, les ondes peuvent être nocives pour leurs organismes encore en développement. « Il n’y a pas, à ce jour, d’étude concrète sur l’impact des ondes sur le cerveau. Néanmoins, une chose est sûre, cela ne peut être bon pour la santé. Le crâne et le cerveau des enfants étant encore en développement, il est évident que le niveau de toxicité est d’autant plus important que chez l’adulte. » Pour le Professeur Pierre-Jean Touboul, il est donc indispensable d’empêcher au maximum les enfants d’avoir leur propre mobile. » À partir d’un certain âge, cela devient presque inévitable. Mais le plus tard sera le mieux « .
Le repli de l’enfant sur lui-même
Selon la psychologue Marie-Bernard Chicaud, les dangers des téléphones portables ne portent pas uniquement sur la santé. » Les portables sont pour certains jeunes l’expression de leur identité propre. Lorsqu’ils ne sont pas en possession de ce mobile, ils ont un sentiment de privation extrême, parfois même de vide. Le risque est que l’enfant se replie sur lui-même. Ils donnent l’impression aux enfants de ne pas être seuls, d’être sans cesse en lien avec leurs amis. Mais ces liens ne sont pas comparables aux liens réels.« Dans 61 % des cas, le téléphone est offert aux enfants par leurs parents. » C’est une manière pour eux d’être rassurés, ils ressentent une forme de contrôle, ils aiment à penser qu’ils peuvent joindre leur enfant à n’importe quel moment. Cela peut être effectivement utile, mais il faut imposer des règles : pas de téléphone le soir en rentrant à la maison, pas d’accès internet via le portable, un forfait bloqué. «
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