« Passage en phase épidémique de grippe ; épidémie de bronchiolite toujours en cours ; indicateurs du SARS-CoV-2 en légère augmentation. » Le premier point épidémiologique de l’année a été publié le 4 janvier par l’Agence régionale de santé. L’agence surveille les infections respiratoires aiguës (grippe, bronchiolite, covid-19).
La Guadeloupe fait face à une augmentation significative des cas de grippe. Le territoire est désormais en phase épidémique. Les indicateurs révèlent une hausse notable au cours des dernières semaines, tant en consultations en ville qu’aux urgences hospitalières.
Les symptômes de la grippe incluent une forte fièvre, une fatigue intense, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête, suivis d’une toux sèche et douloureuse. « Cette grippe peut être grave, et il faut la soigner le plus sérieusement du monde » conseille un médecin qui exerce à Baie-Mahault.
Elle est trompeuse et « laisse croire au malade qu’il est sorti d’affaire alors qu’il n’en est rien, elle attaque les bronches »
Dominique, la cinquantaine, qui habite Basse-Terre raconte ce vendredi 5 janvier les hauts et les bas vécus avec cette affection qu’il pensait soignée, et qui pourtant n’en finissait pas de revenir. Le quinquagénaire se décide au bout d’un peu plus d’une semaine de médication tirée de la pharmacie du quotidien, à consulter son médecin.
Il est poussé par le manque d’amélioration des symptômes et le sentiment d’une rechute qui lui fait croire qu’il est « sur le point d’en mourir ». Dominique apprend que cette grippe a pour caractéristique de fluctuer. Elle est trompeuse et « laisse croire au malade qu’il est sorti d’affaire alors qu’il n’en est rien, elle attaque les bronches » lui dit son médecin. « Il m’a prescrit antibiotique et cortisone » raconte l’homme dont l’état s’est depuis amélioré.
En ville, la moyenne des consultations a atteint 340 entre les semaines du mois de décembre, comparée à une moyenne de 230 consultations au cours des quatre semaines précédentes. À l’hôpital, les passages aux urgences confirment cette tendance, avec 46 cas recensés durant la semaine des fêtes de fin d’année, dont 13 hospitalisations. Cela représente une augmentation par rapport à la semaine précédente, qui comptait 15 passages aux urgences et une hospitalisation.
Le taux de positivité a également augmenté, passant de 18% la semaine du 18 décembre à 27% 7 jours plus tard. Notons que seule la souche du virus de la grippe A (le plus dangereux) a été détectée pendant cette recrudescence.
La grippe, une infection virale très contagieuse, peut être grave chez les personnes les plus vulnérables. La recommandation de santé publique vise principalement la vaccination. En France, la campagne de vaccination contre la grippe 2023-2024 a débuté le 17 octobre 2023. Pour cette saison, le ministère de la Santé indique que la durée de protection du vaccin est de l’ordre de 6 mois, après l’injection qui met 15 jours pour commencer à être efficace.
L’efficacité du vaccin contre la grippe est variable selon les années. Elle est mesurée en fin de saison grippale par une étude européenne à laquelle la France participe. Les premières données pour la saison 2022-2023 estiment que l’efficacité du vaccin a été à 44%, tous âges et tous virus confondus.
Une faiblesse relative qui alimente l’hésitation. Aline, 75 ans, résidente de Lauricisque à Pointe-à-Pitre raconte que cette saison ses « deux voisines qui ont déjà pris un vaccin cette année ont par la suite été très malade, couchée, KO. Il n’est pas question que je le prenne cette année« . Trois vaccins sont pris en charge par l’assurance maladie pour les moins de 65 ans. Un de plus s’ajoute pour les plus de 65 ans. Il est possible de se procurer le vaccin de son choix en pharmacie, dans la limite des stocks disponibles, et des indications du vaccin.
La recommandation de santé publique pour les personnes même présentant des symptômes légers, est de se faire tester et de ne pas attendre pour se faire soigner. Des tests et des traitements précoces peuvent en fait aider à prévenir une maladie grave, en particulier pour ceux qui présentent un risque élevé de complications graves en raison de leur âge ou de leur état de santé. La prise en charge précoce contribue aussi à atténuer toute pression éventuelle sur le système de santé.
Le ministère de la Santé estime que la vaccination antigrippale permettrait d’éviter plus de 2 000 décès en moyenne chaque année. En 2022-23, parmi les 144 504 décès déclarés dans l’Hexagone par certificat électronique de décès, 1 505 (1,0%) l’ont été avec une mention de grippe comme affection morbide ayant directement provoqué ou contribué au décès.
Le bulletin de surveillance du 4 janvier, ne mentionne aucun décès attribué à la grippe en Guadeloupe. La France entière a répertorié sept décès attribués à la grippe, dont 4 chez les 65 ans ou plus (données non consolidées) dans le bulletin de surveillance du 3 janvier 2024.
Les différents types de virus influenzae comprennent le type A, considéré comme le plus dangereux en raison de sa capacité à se modifier radicalement et à causer des épidémies mondiales. Le type B est plus fréquent et provoque des épidémies, tandis que le type C ne génère pas d’épidémies et provoque des symptômes similaires à ceux du rhume.
Parallèlement à l’épidémie de grippe, la Guadeloupe est également confrontée à une épidémie persistante de bronchiolite, principalement chez les nourrissons, ainsi qu’à des cas de dengue. Le covid-19 désormais considéré comme endémique partout dans le monde, ce virus continue de circuler avec une légère augmentation des cas.
Les responsables sanitaires insistent sur l’importance de la vaccination contre la grippe et le covid, tout en rappelant les mesures préventives telles que le port du masque en cas de symptômes, le lavage fréquent des mains et l’aération régulière des espaces clos.
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