À trois semaines du premier tour des élections municipales, la machine politique s’emballe. L’affaire Copé n’est même pas encore refroidie, que nous voilà servis d’un Buisson décidément trop ardent dans l’art et la manière de comploter. Patrick Buisson enregistrait les conversations de Nicolas Sarkozy lorsque ce dernier était président de la République, lors des séances de travail. Mais pas seulement. Tous les commentateurs sont unanimes pour dire que c’est grave. Qu’on a touché encore une fois à un fondement essentiel de la fonction de président et qu’on a insulté la République. Le pire, c’est que pour l’heure, on n’a même pas encore localisé ces fameux enregistrements qui se baladent pour ainsi dire, au gré des vents mauvais, que peuvent souffler ceux qui les détiennent. C’est grave aussi parce cette effroyable affaire révèle aussi le fonctionnement clanique qui prévaut au sommet de l’Etat. Enfin c’est grave parce qu’une fois de plus, la médiocrité de ceux qui nous gouvernent éclate au grand jour. Cette affaire survient alors que le pouvoir socialiste est empêtré dans des difficultés inextricables, et que le citoyen est enclin à le sanctionner lors des prochaines municipales. Pas sûr qu’il ne le fasse pas. Mais ce dernier épisode qui tient du sacrilège aura des répercussions sur l’électeur de la droite républicaine. Certes, il ne votera pas à gauche. Mais il restera chez lui. Tout comme beaucoup d’électeurs socialistes. Les socialistes vont certainement payer dans les urnes l’impopularité du gouvernement. Mais on sait aussi qu’il n’y aura pas de vague bleue. Et qui est-ce qui, de plus en plus se frotte les mains ? Mais c’est Marine bien-sûr ! La voilà revigorée, galvanisée et prête plus que jamais à créer un tremblement de terre électoral. Les circonstances ne pouvaient mieux la servir. Quant à l’UMP depuis un bon moment malade, elle est en train d’exploser de toutes parts. D’inspiration bonapartiste dans son fonctionnement avec le culte du chef pour ferment, le parti hégémonique à droite voulu par Nicolas Sarkozy a perdu pied. Il ne sait plus à quel chef se vouer, et aucun des prétendants à la fonction ne s’impose vraiment. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils organisent régulièrement le bal des chausse-trappes. Nicolas Sarkozy dans le mythe de l’éternel retour faisait encore illusion. L’affaire Buisson vient de l’éliminer lui aussi. Il ne peut adopter la posture de victime cela ne lui va pas, et puis c’est contre-productif. En outre, quelque part, il est le premier responsable de cette situation, pour n’avoir pas su déceler le côté fourbe de celui qui lui soufflait à l’oreille. Il reste toutefois l’espoir que Patrick Buisson puisse apparaître si crasse aux yeux des français que ces derniers se détournent des idées extrémistes qu’a toujours défendu le conseiller très spécial de Nicolas Sarkozy. Mince espoir. J’en conviens.
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