Le Courrier de Guadeloupe a choisi cette semaine d’enquêter sur la production agricole locale. Où en est-elle ? À quelle difficulté est-elle confrontée ? À quels défis doit-elle répondre ? Et surtout, pourquoi est-il indispensable qu’elle progresse, puisqu’en quelque sorte, nous serons contraints à cette performance ? Bien sûr, cela peut paraître bien loin de nos priorités immédiates puisque nous sommes ravitaillés abondamment par cargos entiers. Les supermarchés et autres temples de la consommation sont copieusement approvisionnés. Rien ne manque, laissez filer ! Et puis planter, cultiver, produire sur place quelle drôle d’idée quand on peut importer et gagner dix fois, 100 fois plus et sans trop s’échiner ! Toute notre économie n’est-elle pas basée sur l’import ? Et qui s’en plaint ? Sauf que, compte tenu la raréfaction prochaine des ressources pétrolières, il arrivera très vite le jour où cela deviendra plus cher d’importer que de produire sur place. J’ajoute, qu’au-delà de la réalité de ce futur proche et sans entrer dans des considérations nationalistes, il est certainement plus digne d’être capable de produire ce que nous mangeons que d’être perpétuellement ravitaillés comme des oisillons attendant la becquée. Mais rassurez-vous, tout n’est pas perdu. Ils sont quelques-uns, courageux, des pionniers, à avoir choisi la voie de l’agriculture diversifiée propre à nourrir les Guadeloupéens. D’autres ont réussi à imposer une filière de production de viande de porc ou de production d’œufs. Ceux-là sont de vrais guerriers. Ils auront eu le mérite d’y croire avant tout le monde. Ils nous préparent des lendemains sinon enchanteurs mais au moins vivables. Car ce n’est pas lorsque les denrées se feront rares car trop chères, qu’il sera encore temps de revenir à la terre, pour lui demander de produire. C’est pour cette raison que nous devrions être plus attentifs aux doléances de cette race d’entrepreneurs. Chacun peut y apporter son écot. D’abord nous consommateurs en faisant l’effort de privilégier autant que faire se peut les produits de notre terroir. En sachant que s’ils sont un peu plus chers, ils sont aussi plus frais et sans doute moins bourrés d’engrais chimiques et autres pesticides. Ensuite, la grande distribution qui devrait s’impliquer encore davantage dans la politique de consommer local. Les collectivités locales qui devraient aider à l’organisation des filières et à la distribution. Gosier et le Moule organisent une fois par semaine un marché qui connaît un vif succès. Cette initiative aussi mince soit-elle devrait être imitée par les autres villes de la Guadeloupe. Enfin l’État et surtout l’Europe qui apportent une aide importante aux producteurs devraient entendre aussi leur discours sur les importations des produits qui viennent concurrencer les nôtres. Il ne faut surtout pas oublier que si les frontières de la Guadeloupe sont grandes ouvertes à toutes les exportations des pays de la Caraïbe, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, nous, nous ne pouvons rien leur vendre, Négative list oblige. Vous avez dit protectionnisme ? !
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