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Un crime contre l’essence même de l’humanité

Horreur en série

Horrible, horreur, carnage, barbarie, abominable, monstrueux… Aucun mot n’est assez fort pour décrire ou qualifier les événements qui se sont déroulés le 13 novembre dernier à Paris et Saint-Denis. Des assassins sanguinaires, des monstres, des fous d’Allah ont abattu froidement des innocents qui avaient pour seul tort d’être ce jour-là, sur le chemin de ces fanatiques d’un autre âge, d’un autre monde. Le leur. Monde atroce s’il en est, où la femme est rabaissée au rang d’esclave ou d’objet, et où la vie, y compris la leur, ne vaut pas plus qu’un pet de lapin. Car des actes ou actions terroristes il y en a eu beaucoup par le passé. L’objectif étant toujours le même : terroriser des civils, innocents de préférence, au nom d’une cause qu’on voudrait supérieure.

Sauf qu’avec les fous de Daesh, le terrorisme monte de plusieurs crans. Il appartient cette fois à une tout autre engeance. Non pas, parce que ces exaltés tuent au nom de Dieu – cette pratique débile n’est pas nouvelle — mais parce qu’ils méprisent pour eux-mêmes, le principe même dans lequel s’inscrit tout être vivant, à savoir la préservation de la vie. A contrario, ils sont résolument candidats à la mort. Si on y réfléchit l’espace d’une minute, on perd pied. Le réel devient flou, visqueux, inconsistant, et l’esprit a vite fait de flancher dangereusement. Cette foi d’un genre nouveau, tout autant morbide que jubilatoire, a trépané des milliers de jeunes, les privant de la moindre once de cervelle. Le plus inquiétant c’est cette propension importante qu’à l’État islamique à recruter y compris parmi les enfants de ceux dont ils ont juré la perte, c’est-à-dire les Occidentaux et plus particulièrement les Français. Un comble !

Ce mépris extrême à l’égard de leur propre vie complexifie de manière infinie, la lutte contre les djihadistes. Vu de cette façon, le combat semble presqu’inégal. Surtout si l’on ajoute de surcroît les règles de société démocratique auxquelles la France est soumise. Pourtant, il va falloir trouver la parade, pour sortir de ce cycle infernal. Car le combat ne fait que commencer. François Hollande a estimé que la France est en guerre. Ce qui n’a pas eu l’heur de plaire à tout le monde. Pourtant si l’on veut combattre cette gangrène, il faut des moyens matériels, humains mais aussi juridiques exceptionnels. L’état de guerre est un état d’exception qui justifie que la France puisse se doter d’un arsenal judiciaire conséquent. C’est en tout cas ce qu’ont compris Alain Juppé et François Fillon qui n’ont pas jeté d’huile sur le feu. Ils ont au contraire approuvé globalement les premières mesures prises par le chef de l’État. À l’inverse, Nicolas Sarkozy a tout de suite ou presque, cherché à polémiquer. La politicaillerie en lieu et place de la politique. À un moment aussi douloureux, ce n’est certainement pas le meilleur message à envoyer aux fous d’Allah.

Par ailleurs, s’il appartient aux chercheurs, philosophes, historiens, politologues ou géopoliticiens et même aux journalistes d’analyser les causes, l’enchaînement des faits, leurs conséquences sur la situation qui prévaut aujourd’hui, si l’on ne peut pas non plus renoncer à toute analyse prospective, histoire d’anticiper si possible l’avenir, l’heure n’est pas à chercher qui a le plus contribué à générer cette situation. Ce serait tomber dans le piège qui consisterait à déplacer les vraies responsabilités. Daesh existe et agit de la sorte parce qu’untel ou un autre a fait ceci ou cela. La belle blague ! On trouve ainsi toute suite des circonstances atténuantes aux fous d’Allah. Or, il est bien clair que rien ni personne ne peut justifier ni même expliquer des actes d’une telle abomination. La tuerie du Bataclan n’est pas seulement un crime contre des individus, contre des hommes, c’est un crime contre l’essence même de l’humanité. À ce titre, tous ceux qui entendent appartenir au genre humain doivent être révulsés d’horreur et dénoncer cette barbarie.

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