« La rentrée sera réussie »
• Dédoublement des CP, devoirs faits à l’école, stage de réussite. Interrogé le 29 août, le recteur précise les mesures décidées par le ministère, qui seront effectives ou non pour cette rentrée dans l’académie.
Le Courrier de Guadeloupe : Avez-vous eu des difficultés à mettre en œuvre les nouvelles mesures décidées par le ministre de l’Éducation nationale ?
Camille Galap : Il n’y a pas eu de difficultés particulières. Les mises en place ont été anticipées dès la fin de l’année scolaire. La rentrée sera réussie. La mesure phare qui concerne les REP (Réseau d’éducation prioritaire, NDLR) a été préparée en amont. La seule mesure que nous n’avons pas pu mettre œuvre c’est le stage de réussite qui consiste à organiser des séances de révision pour les élèves qui ont des lacunes. Nous avons été pris de court. La mesure est tombée trop tard. L’an prochain nous la mettrons en place.
Et la mesure dénommée devoirs faits et qui concerne les collèges ?
Ce dispositif sera effectif dès la fin des vacances de la Toussaint. Il s’agit d’accompagner les élèves dans leurs devoirs et leurs leçons de sorte que ces travaux soient réalisés à l’école.
Avec quels moyens ?
D’abord avec les professeurs qui seront payés en heures supplémentaires. Ensuite avec les assistants d’éducation qui sont déjà recrutés. Ils auront à accomplir cette priorité dans le cadre de leur mission. Ils deviendront les acteurs principaux de cette mesure.
Comment les communes ont-elles accueilli la perspective qui leur est donnée de revenir à la semaine de quatre jours à l’école ?
J’estime que cette opportunité a été bien accueillie. Dix-sept communes ont demandé à revenir à la semaine de quatre jours. Douze autres ont souhaité rester à la semaine des neuf demi-journées. Les communes du Sud (Les Saintes, Marie-Galante et Désirade sont restées dans le cadre dérogatoire avec des vacances raccourcies.
Pouvez-vous confirmer l’annonce des parlementaires selon laquelle les DOM ne sont pas concernées par les restrictions au niveau des emplois aidés notamment dans votre administration ?
Le ministre de l’Éducation nationale l’a rappelé. L’Éducation nationale n’est pas concernée par les restrictions. La priorité c’est d’accompagner le mieux possible les élèves en situation de handicap.
PIERRE-EDOUARD PICORD
Les chiffres de la rentrée
Nombre d’élèves 98 012
Public premier degré 43 084
second degré 44 642
Privé premier degré 5 050
second degré 5 186
Total public 87 776
Total privé 10 236
Effectifs personnels 9 683
dont enseignants 7 232
Écoles 306
Collèges 53
Lycées 38
La FSU se montre sceptique
• La FSU se montre sceptique
« Disparition du dispositif » « Plus de maîtres que de classes », lancé par le précédent gouvernement, au profit du dédoublement des classes de CP classées en REP+ (Réseau d’éducation prioritaire renforcé), menace sur les contrats aidés, manque d’enseignants dans le département » conduisent Eddy Segur, secrétaire général du SNUipp FSU en Guadeloupe à parler de situation chaotique concernant cette rentrée.
Joint par téléphone le 28 août, le syndicaliste indique que » par manque d’enseignants, les dispositifs prévus n’ont pas l’utilité qu’ils devraient avoir. » Et tout doit être mis en place d’ici la semaine prochaine. Le rectorat aurait déjà fait un appel pour des contractuels dans le 1er degré à Saint-Martin. Or, « cette situation de chaos entraîne une précarité des enseignants contractuels, qui met tout le système éducatif en danger » remarque le secrétaire général, avant d’invectiver: » On est en train d’affaiblir cette académie. Ce qui est triste, c’est que ça accentue les écarts de réussite entre les élèves. »
Une crise de l’éducation
La FSU se prononce en faveur d’un basculement total du territoire en REP+, pour utiliser les moyens mis en place par l’État. » Il y a une crise de l’éducation ici, que les autorités ne résolvent pas efficacement « , estime le représentant de la FSU. Ses arguments: 34% des jeunes quittent le système éducatif sans diplôme, 60% des moins de 25 ans sont au chômage, 76% des jeunes échouent leur première année à l’Université des Antilles, 22% d’illettrisme en Guadeloupe. » On met en échec un certain nombre de jeunes, ce qui génère du chômage, de la colère et de la violence « , analyse-t-il.
Et face au manque d’enseignant qu’il pointe, le syndicat avance sa solution, » nous voulons que les Guadeloupéens puissent rester chez eux lorsqu’ils réussissent un concours de professeur… et que les listes complémentaires soit ouvertes pour combler le manque de postes offerts aux concours« .
Réaction du recteur
Que pensez-vous de la FSU qui estime que l’académie manque de moyens ?
La FSU est le seul syndicat à tenir ce discours. Il se base sur les fermetures de classe qui ont lieu. Il n’y a eu aucune suppression de poste ces deux dernières années. Il n’y en a pas non plus cette année. Si l’on avait tenu compte de la baisse des effectifs des élèves, c’est 80 postes qui auraient été supprimés l’an dernier et 80 autres cette année. La baisse démographique est un vrai sujet. L’académie peut proposer des réponses (dispositif pour scolariser les enfants dès l’âge de deux ans et demi) si les communes jouent le jeu et construisent des écoles.
Et que le statut de REP+ n’est pas mis à profit…
Elle voudrait que la Guadeloupe entière soit érigée en REP+. Or il vaut mieux consacrer les moyens à ceux qui en ont besoin. En revanche, je suis d’accord pour redessiner la carte d’éducation prioritaire, y introduire d’autres critères notamment celui de la ruralité. J’ai l’intention de porter ce débat aux assises de l’Outre-mer.
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