Quatre Guadeloupéens en lice
Une éligible chez l’extrême droite
Le Rassemblement national est le seul parti à avoir placé une Guadeloupéenne en position éligible. Les oppositions, dont l’extrême droite, pourraient avoir trois élus ultramarins au Parlement européen. Panorama.
• Le Rassemblement national est le seul parti à avoir placé une Guadeloupéenne en position éligible. Les oppositions, dont l’extrême droite, pourraient avoir trois élus ultramarins au Parlement européen. Panorama.
Il y a quelques mois, beaucoup avaient craint que la fin de la circonscription Outre-mer conduise à ce que les Ultramarins ne soient plus représentés au Parlement européen. Cette crainte semble aujourd’hui balayée.
RASSEMBLEMENT NATIONAL
Au Rassemblement national, Marine Le Pen veut confirmer sa percée de 2017. Elle avait recueilli 13,5 % des voix en Guadeloupe au premier tour de l’élection présidentielle, 24,9 % au deuxième. En tête sur aucun territoire, elle était, à la surprise générale, arrivée première au total des voix de l’ensemble des Outre-mer. Début mars, elle a donc annoncé que sa liste comptera « au moins cinq personnes issues ou liées aux Outre-mer, dont trois en position éligible ». 12e sur cette liste, la Guadeloupéenne Christiane Delannay-Clara, élue de Saint François, a toutes chances de devenir députée européenne. Comme André Rougé, le nouveau Monsieur Outre-mer de Marine Le Pen. Promis à une place éligible (pas encore fixée), il étale sur Youtube son passé de conseiller auprès de Jacques Chirac ou de ses ministres des Outre-mer, pour poser au gaulliste rallié depuis peu à Marine Le Pen. Plus discret sur sa carrière chez Bouygues construction ou sur les énarques qu’il a fait plancher sur le projet des présidentielles, il est muet sur ses vieilles amitiés à l’extrême droite.
LA FRANCE INSOUMISE
Le Réunionnais Younous Omarjee, député européen depuis 2012 et 4e sur la liste La France insoumise, est assuré d’être reconduit. En revanche, Nadège Montout, 35e sur cette liste des Insoumis n’est pas en position éligible. Syndicaliste à la CGTG, la Guadeloupéenne s’est lancée en politique avec les Législatives de 2017 (dans la 1re circonscription de Guadeloupe).
PARTI SOCIALISTE
Le Parti socialiste a également désigné ce 26 mars une liste de 40 candidats, appelés à intégrer la liste d’union avec Place publique conduite par Raphaël Glucksmann. Y figurent Philippe Naillet et Béatrice Bellay, premiers secrétaires fédéraux PS de La Réunion et de Martinique. Pour l’heure en 6e et 7e positions, ils sont difficilement éligibles au vu des sondages actuels.
LES RÉPUBLICAINS
Chez Les Républicains, une 20e place est bien réservée sur la liste Bellamy à « une femme représentant les Outre-mer ». Mais il faudrait une forte remontada pour qu’elle devienne éligible. Improbable. « Ça fait partie des ratés », a d’ailleurs confié ce 27 mars au Courrier de Guadeloupe Bruno Retailleau. Pour le président du groupe LR au Sénat, « le premier raté est d’avoir changé de mode de scrutin ».
EUROPE ÉCOLOGIE LES VERTS
Côté « écolo », le Guyanais Alexis Tyouka et la benjamine guadeloupéenne Ashley Sylvain (22 ans), 19e et 24e sur la liste EELV n’ont aucune chance ou presque d’être élus.
PARTI COMMUNISTE
La Réunionnaise Julie Pontalba, 6e sur la liste communiste emmenée par Ian Brossat, n’a aucune chance d’être députée européenne.
LUTTE OUVRIÈRE
Enfin, un autre Guadeloupéen, le syndicaliste Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la CGTG, 18e sur la liste de Lutte Ouvrière emmenée par Nathalie Artaud n’a lui non plus aucune perspective de peser sur la gouvernance européenne.
LREM mise la Réunion et Martinique
• Deux candidats ultramarins, mais pas de Guadeloupéen, seront éligibles sur la liste République en marche-Modem.
« Deux mois, neuf dimanches ». C’est le temps qui reste aux candidats aux élections européennes du 26 mai pour convaincre les électeurs, a rappelé Stéphane Séjourné, ex-conseiller d’Emmanuel Macron et directeur de campagne, en dévoilant ce 26 mars la liste LREM-Modem menée par Nathalie Loiseau, ex-ministre des Affaires européennes, avec l’écologiste Pascal Canfin. Deux Ultramarins y figurent, qui ont de fortes chances de devenir députés européens : 10e sur la liste, le Réunionnais Stéphane Bijoux, apparaît assuré. Jusqu’alors directeur de l’information du pôle Outre-mer (France Ô, La 1ère) de France télévisions, il a aussitôt démissionné de son poste, sans éviter les critiques eu égard au devoir de réserve lié à son métier exercé de surcroît au service public d’information.
Le martiniquais Max Orville, 24e sur la liste, est également pressenti pour rejoindre Strasbourg ou Bruxelles, si les sondages qui donnent à l’alliance LREM-Modem 23 ou 24 % des voix, se confirment. Directeur d’école et syndicaliste FSU, ce président du Modem-Martinique conduisait la liste Atlantique de François Bayrou en 2009, qui avait recueilli 9 % des voix en Martinique et 2,86 % en Guadeloupe. Il a appris sa désignation dimanche. « Mon combat était qu’il y ait des Antillais. Je me suis battu avec Louis Dessout, président du Modem Guadeloupe, pour qu’il y ait un candidat de l’Atlantique », a confié au Courrier de Guadeloupe ce neveu du Guyanais Gaston Monnerville (qui fut dix ans président du Sénat), et de Roger Lise, 18 ans sénateur de Martinique. « Je viendrai en Guadeloupe avec une personnalité nationale, du Modem ou d’En Marche », promet-il aussi. « Nous avons la force de nos convictions. L’Europe est nécessaire au développement de nos régions. À nous de
nous insérer dans cette campagne pour que les outremer et les Rup (Régions ultrapériphériques ndlr)
trouvent leur place au sein de l’Europe ».
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