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Olivier Serva battu à la présidence de la délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale

La délégation Outre-mer de l'Assemblée nationale s'est choisi une présidence le 25 juillet. Le Polynésien soutenu par la Nupes Moetaï Brotherson l'a emporté face au Guadeloupéen Olivier Serva soutenu par les alliés du gouvernement.

La délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale a élu à sa présidence le Polynésien  Moetaï Brotherson vainqueur du Guadeloupéen Olivier Serva, lâché par le Modem. Le Guadeloupéen Elie Califer est le premier des vice-présidents.

 

L’élection à la présidence de la délégation Outre-mer de l’Assemblée nationale, ce 25 juillet, a donné lieu à un couac au sein de la macronie et ses alliés à l’Assemblée nationale. Le Modem, deuxième des trois composantes supposées soutenir la politique gouvernementale (Renaissance, MoDem et Horizons) a fait défaut. Et c’est un député indépendantiste soutenu par l’alliance de la gauche qui a été élu à la présidence de la délégation. L’élection ayant eu lieu à huis clos, aucun journaliste n’a pu assister aux discussions et aux votes. Le Courrier de Guadeloupe a reconstitué la séquence en interrogeant des participants à la sortie ou lors des interruptions de séance.

D’entrée, le primo-député de Nouvelle Calédonie Nicolas Metzdorf, candidat annoncé de Renaissance, renonce à se présenter et se désiste en faveur d’Olivier Serva. Député réélu en Guadeloupe, président sortant de la délégation et membre du groupe Liot qui compte 5 députés ultramarins, ce dernier a sur le papier plus de chances de l’emporter face au candidat choisi par les groupes LFI, GDR-PC, PS et Ecologistes, réunis dans la Nupes, qui totalisent 17 députés des Outre-mer. Pourtant, c’est le député de Polynésie française Moetaï Brotherson, membre du groupe GDR et candidat désigné par la Nupes qui l’emporte dès le premier tour, par 23 voix contre 20 à Olivier Serva et 3 abstentions. Olivier Serva aura pu compter sur les voix des deux députés LR présents (sur 4), dont celle de son collègue Mansour Kamardine, élu de Mayotte. Mais, surprise, les trois députés du Modem se sont abstenus. Membre de la délégation, le député Modem des Yvelines Bruno Millienne, interrogé le lendemain par Le Courrier de Guadeloupe, a expliqué que la majorité était « en rodage » et que son parti n’était pas d’accord avec Renaissance pour se retirer en faveur de Serva: « Il était membre de LREM et s’est fait élire avec son soutien en 2017, puis il a craché sur LREM et s’est fait réélire avec le soutien de la Nupespour aller ensuite créer un autre groupe ! »

Selon nos informations, Olivier Serva était pourtant, la veille, confiant dans sa réélection. Certes, sur les 54 députés que compte la délégation (27 élus en Outre-mer, et 27 Hexagonaux désignés au prorata des groupes de l’Assemblée), seuls 49 étaient présents, dont certains sont arrivés en retard. Mais il semble que « d’autres voix, sur lesquelles Serva comptait, ont manqué. Dont certaines du groupe Liot…», assurait un connaisseur. Dans la foulée, six vice-présidents, dont le nouveau député de Guadeloupe Elie Califer (PS), ont ensuite été élus, ainsi que quatre secrétaires.

Visage des Outre-mer à l’Assemblée, cette délégation a changé. Avec 7 membres sur 11, la Nupes est majoritaire à son bureau, ce qui peut expliquer le visage crispé de certains élus Renaissance ou RN, à la sortie. Elle est présidée par un indépendantiste respecté qui a su, selon Bruno Milienne, « mettre tout son poids pour que d’autres groupes que ceux de la Nupes entrent au bureau ». Un bureau qui compte 8 ultramarins sur 11 – dont le président et les 6 vice-présidents – contre 4 sur 11 sous le mandat précédent.

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