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Team cyclotron, personnalité de l’année 2018

QUATRE RÔLES, UN TRIOMPHE

Inauguré le 20 juin, le cyclotron constitue un outil de choix dans la lutte contre le cancer. Un coup de maître mené par Julie Aristide, le Dr Lyonel Bélia, Jean-Paul Fisher et Victorin Lurel.

L’implantation du cyclotron en Guadeloupe est des épopées qui valent la peine d’être racontée, tant son parcours fut semé de chausse-trappes. Les personnes qui l’ont menée à bien ne sont que plus estimables. La Martinique a mal vécu d’être devancée sur l’acquisition de cette technologie. L’île sœur nourrissait un projet plus ancien, qui avait obtenu des financements par l’État. Mais les responsables de l’hôpital La Meynard de Fort-de-France ont comblé le déficit de leur établissement avec l’argent. Le projet de Martinique, soutenu par l’administration nationale de la santé et le gratin de la médecine nucléaire, s’est révélé plombé au fil du temps. D’abord sa technologie était dépassée. Ensuite il était surdimensionné. Le projet s’annonçait comme un gouffre financier. D’où la tentative des élus martiniquais de le positionner en tant qu’infrastructure au service de la Caraïbe entière.

Autre fiasco.

Le cyclotron de Guadeloupe a été inauguré au siège du Cimgua à Dothémare aux Abymes, le 20 juin 2018. Quatre personnalités ont joué un rôle clé dans son aboutissement. Le Dr Lyonel Bélia, médecin nucléaire l’a conçu, rédigé et suivi de bout en bout. Il a déniché le modèle qui sied à notre démographie. Il a mis en relief toutes les incohérences du cyclotron de Martinique. Chaque fois que les porteurs du projet concurrent ou l’administration dressaient une entrave, le Dr Lyonel Bélia trouvait la parade. Y compris au niveau de la réglementation. Fort d’un dossier bien ficelé, il a su convaincre Victorin Lurel. Le président de Région de l’époque a dit oui tout de suite au cyclotron, et la collectivité régionale l’a financé. Victorin Lurel a contraint François Hollande en visite en Guadeloupe le 11 mai 2015 à se dédire. Le Président de la République venait d’annoncer trois heures plus tôt en Martinique, devant un public hilare, que le cyclotron serait implanté à Fort-de-France. Nombreux sont ceux qui ont alors sous entendu pas en Guadeloupe. Au hall des sports du Gosier où il a pris la parole, François Hollande a annoncé que la Guadeloupe aurait  » son  » cyclotron. Jean-Paul Fischer directeur de la Sem patrimoniale est le troisième personnage de l’aventure. Il a mené les opérations tambour battant. Les travaux du site, le respect scrupuleux des normes, les recrutements nécessaires, l’obtention des autorisations, les relations avec la société qui a fabriqué le cyclotron. Un travail sans relâche si l’on en croit Julie Aristide. La jeune femme est le quatrième personnage de l’histoire cyclotron. C’est elle, bien aidé par les centaines de citoyens dont les noms figurent encore aujourd’hui sur le site de pétitions citoyennes avaaz.org (pétition La Guadeloupe a vraiment besoin d’un TEPS-can et d’un cyclotron ! ayant recueilli 25 000 signatures, N.D.L.R.) ; qui est à l’origine de la pétition qui a sensibilisé la société tout entière sur le vide sanitaire que constituait l’absence de TEPS-can et de cyclotron sur le territoire. Julie Aristide a été confrontée à cette carence dans sa chair. Elle devait passer des examens médicaux. L’outil n’existait pas en Guadeloupe. Il lui était interdit de prendre l’avion.  » Un tel dilemme me pourrissait la vie « , avait-elle confié au Courrier de Guadeloupe lors de l’inauguration du cyclotron. Julie Aristide est aujourd’hui responsable administrative du centre d’imagerie moléculaire de la Guadeloupe (Cimgua) qui abrite le cyclotron.

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