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Marcelle pierrot sonne la charge

Marcelle Pierrot préfète de Guadeloupe a pris une initiative importante la semaine dernière pour porter un coup d’arrêt à cette vague de violence et de délinquance qui a coupé le souffle du citoyen guadeloupéen. Il faut espérer que les mesures arrêtées contribueront à lutter aussi sur le long terme, contre ce fléau des sociétés modernes. Premier point : nous n’en sommes plus aux déclarations affectées, indignées presque éplorées des uns et des autres qui n’ont jusqu’ici pas fait avancer d’un iota le problème. Le représentant de l’État donne le la, trace la feuille de route et réunit sous le même étendard tout le monde : région, département, association des maires et communes. Finis donc les vœux pieux, place à l’action. Ensuite, l’initiative revient en quelque sorte à signifier qu’il y a un patron pour conduire cette lutte et que c’est elle la préfète qui coordonnera de façon active les opérations. Un rôle qui cela dit lui échoit de par sa fonction mais qu’il n’est nullement inutile de marteler, histoire de signifier que l’autorité est bel et bien exercée et assumée. Voilà pour la posture. Elle n’est pas inutile. Quant aux quatre axes de travail définis ils sont au plein cœur du problème. Renforcement des forces de l’ordre dans les zones sensibles. C’est bienvenu. La présence des forces de l’ordre ne peut que rassurer le citoyen honnête et déranger les malfrats. À condition qu’elles ne s’installent pas seulement rue Raspail à Pointe-à-Pitre, sous prétexte de zone sensible. Mais qu’elles fassent des descentes au fin fond de la cour Zamia par exemple. Un des lieux où justement les dealers et autres délinquants ont établi leur base arrière et où plus personne n’ose s’aventurer. Lutter contre l’économie souterraine. Il est clair que c’est à ce niveau que se situe la racine du mal. Le marché de la drogue, l’argent facile et des jeunes sans boussole. Pas simple comme équation. C’est là pourtant tout le nœud du problème. S’y attaquer de front est déjà une gageure. Travail de longue haleine, difficile et ingrat. Mais il ne faut pas renoncer. Lutter contre les bandes armées. C’est bien sûr indispensable. Mais il ne s’agit pas seulement d’arrêter les délinquants. Les forces de police et de gendarmerie savent en principe faire. Il faudrait surtout qu’elles ne puissent pas passer à l’acte. Or, pour des raisons de place, beaucoup de ceux qui devraient être en prison se retrouvent en liberté. Il faudra bien un jour se pencher sur cet aspect du problème. Enfin, et c’est une remarquable décision, toutes les composantes de police devront travailler en symbiose y compris les polices municipales. L’épisode du gendarme qui se fait agresser à Morne-à-l’Eau devant des policiers municipaux qui restent de marbre ou presque, est tout simplement lamentable. Après le rappel à l’ordre d’un magistrat sur cette affaire, l’affirmation du principe d’union et de cohésion des forces de l’ordre face à la délinquance par Marcelle Pierrot tombe à point nommé.

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