Nos élus ont du pain sur la planche. Ou plus exactement de l’eau à brasser. L’eau, épineux problème qu’il faudra d’une manière ou d’une autre régler. Il serait d’ailleurs tout à fait faux de prétendre qu’ils ne s’en soucient pas. Bien au contraire. Jacques Gillot s’affaire comme un beau diable sur la question, l’office de l’eau est fortement mise à contribution et a lancé des études. Le président du conseil général a encore une fois en plénière de l’assemble départementale, tenu à signifier son implication dans ce dossier de l’eau, parlant à ce sujet de volontarisme politique. De son côté, Victorin Lurel a organisé avec Marcelle Pierrot Préfète de la Guadeloupe, une réunion de travail à la Région sur la même question et en profité aussi pour examiner d’autres dossiers notamment celui du projet de plateforme multifilière des déchets. De leur côté, les communautés d’agglomération ne sont pas en reste et se démènent pour mettre en place la meilleure organisation possible pour la distribution de l’eau dans leur région. Tout cela est fort bien. Toutefois, si concernant la question de l’eau nos élus sont bien conscients de la gravité du problème, je ne suis pas sûr qu’on ne voit surgir à nouveau le bal des ego et celui des petites querelles politiciennes, sur une question qui devrait pourtant fédérer toutes les énergies, et rassembler tous les moyens. Jacques Gillot a pris l’initiative de refonder une intersyndicale autour de la production de l’eau. Initiative pour le moins salutaire tant il est nécessaire de garder dans le giron guadeloupéen la ressource. Mais en coulisse des voix s’élèvent pour dire que c’est un coup politique. Possible. Mais est-ce une raison pour ne pas mettre à profit l’idée, quitte à discuter ensuite de la mise en place des vrais centres de décision et de la gouvernance. Les communautés d’agglomérations estiment que ce syndicat doit être la traduction de leur émanation. La réforme territoriale qui se profile et qui tend à renforcer les compétences des communautés d’agglomération semble aller dans ce sens. Mais chacun peut jouer un rôle important. Même si pour l’heure l’urgence est ailleurs, les valeurs d’une vraie concertation ne sont pas à jeter aux orties. Car l’urgence aujourd’hui est une affaire de gros sous, d’argent, beaucoup d’argent, que la Guadeloupe n’a pas. Il faudra donc inventer des stratégies, solliciter les fonds européens mettre à contribution toutes les collectivités et espérer que l’État nous accompagne dans cette démarche. En ce sens, l’initiative de Victorin Lurel d’organiser une séance de travail avec Marcelle Pierrot, préfète de Guadeloupe sur cette question de l’eau est, elle aussi salutaire. Même si d’aucuns disent déjà que dans l’affrontement politique qui se dessine entre Jacques Gillot et Victorin Lurel c’est la réponse du berger à la bergère. Peu importe en réalité. L’essentiel c’est d’avancer. Sur ce combat, on a besoin de tout le monde, de toutes les compétences. Après il sera toujours temps de vérifier qui a tiré les marrons du feu. Mais aujourd’hui l’essentiel c’est de dénouer ce sac de nœuds qu’est devenue la distribution de l’eau en Guadeloupe, avant que la population ne descende dans la rue.
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