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Le phénomène Macron

Le succès d’Emmanuel Macron est la réunion d’un ensemble d’ingrédients. Leur synthèse a permis au nouveau président de la République de tirer le jackpot. Il y a bien sûr au premier rang les qualités intellectuelles d’un jeune homme qui a fait des études brillantes. Il jouit d’une grande intelligence dans ses rapports avec l’autre, il a un sens inné de la persuasion, et à n’en pas douter, l’homme est doté d’un charisme certain. Le documentaire diffusé par TF1 le 8 mai intitulé  » Les coulisses d’une victoire  » nous en dit davantage sur l’homme. Emmanuel Macron est un chef. Un vrai. Il a l’autorité. Il sait définir un cap, fixer un objectif et donner des instructions. Il sait écouter aussi. Il ne montre à aucun moment du documentaire une propension à l’autocratie. Il détermine les objectifs. À ses conseillers de lui soumettre les solutions qui y mèneront. Le film qui ne comporte aucun commentaire a montré un modèle de management politique. Le nouveau président de la République dont on brocardait allègrement le jeune âge fait montre, en dépit de ses 39 ans, d’une maturité impressionnante. Il a le sens des symboles, cultive les références. Emmanuel Macron sitôt élu a montré clairement qu’il veut habiter la fonction qui depuis deux quinquennats s’était quelque peu abîmée.

Les autres ingrédients qui ont permis à Emmanuel Macron d’atteindre le Graal dépendent moins de lui. Un contexte politique hors norme, une succession d’événements qui s’enchaînent comme par magie. François Hollande n’est pas candidat à sa succession. Manuel Valls se prend les pieds dans le tapis de la primaire de la Gauche. Au paravent contre toute attente, Alain Juppé lui aussi passe à la trappe dans la primaire de la droite et du centre. Cerise sur le gâteau, François Fillon brillant vainqueur de cette primaire s’englue jusqu’au cou dans des affaires d’emplois présumés fictifs de sa femme et de ses enfants. La droite se fissure. Entre-temps la menace Bayrou se transforme en offre d’alliance. Le champ s’ouvre. Il ne s’est jamais vu d’augures plus favorables au candidat d’En Marche ! C’est un vrai conte de fées. D’autres appellent cela, la baraka. Vrai. Encore faut-il savoir en tirer profit. C’est là aussi le mérite d’Emmanuel Macron.

Les prochaines législatives devraient nous apprendre davantage quant au degré d’adhésion des Français au phénomène Macron. Si le nouveau président de la République dégage une majorité à l’Assemblée nationale sa victoire sera totale. Sinon, il devra déployer d’autres talents s’il ne veut pas être un simple résident à l’Élysée au lieu d’être un président.

En Guadeloupe, les législatives donnent lieu également à une sourde bataille, y compris entre alliés. Tous les candidats de la majorité régionale ou presque, reluquent l’investiture de La République en marche ! Le GUSR a désigné les membres de son parti qui briguent l’investiture. Le parti n’a fait aucune concession. Dans la 3e circonscription Max Mathiasin aura dans les pattes des candidats GUSR adjoints au maire de Petit-Bourg. Et peu importe que ce dernier ait brandi le soutien d’Ary Chalus. Dans la 2e circonscription se joue le même scénario. Justine Bénin a sollicité l’investiture du GUSR et comptait fortement sur l’adoubement d’Ary Chalus. Pour l’instant, au niveau des cadres du GUSR c’est plutôt non. Ce serait plutôt Diana Perran qui tiendrait la rampe. Bref, le GUSR tient à démontrer qu’il est le seul parti à tirer les ficelles en Guadeloupe. De quoi faire réfléchir Ary Chalus lorsqu’il décidera d’accepter ou pas un poste de ministre.

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