La France doit-elle intervenir en Syrie suite à l’emploi d’armes chimiques qui auraient été utilisés par le régime de Bachar Al Assad contre des populations civiles ? La question mérite qu’on s’y attarde. Et il y aurait autant d’arguments solides et convaincants dans un sens ou dans l’autre. Utiliser des armes interdites par la communauté internationale qui rappellent de surcroit la triste époque où on gazait des êtres humains dans des camps de concentration est tout bonnement horrible et inhumain. Que la communauté internationale veuille faire respecter un code éthique dans les conflits armés quels qu’ils soient, est un discours tout autant audible et qu’on peut tout-à-fait agréer. J’aurai enfin tout dit quand j’aurai clairement signifié que j’exècre les tyrans et que Bachar Al Assad est un modèle du genre. Mais dans cette campagne de va-t’en guerre, il convient également de rappeler un certain nombre d’évidences. La plus criante c’est de dire qu’en Syrie il s’agit d’une véritable guerre entre deux camps, tous deux armés et non un soulèvement révolutionnaire du peuple comme la plupart des médias continuent à répéter. Si oui on n’a jamais vu une révolution aussi bien armée ! Une guerre donc dans laquelle la France, Les Etats-Unis et l’ensemble des pays occidentaux ont choisi leur camp dès le départ. Quand on prend parti, le rôle d’arbitre ne vous incombe pas. Mais il est vrai qu’on parle plutôt de punir. C’est Harlem Désir qui a déclaré que les crimes de Bachar Al Assad ne resteront pas impunis. De deux choses l’une, ou le Président syrien est un enfant et on va le punir. En l’occurrence on ne peut guère aller plus loin que la fessée. Où il est puni selon les règles de la société après avoir été condamné par un tribunal. Il existe bien un tribunal pénal international. Ce n’est sûrement pas pour rien. Mais il y a plus grave. Ce vocabulaire nous ramène aux expéditions punitives romaines. Il est infantilisant et donc colonialiste. Enfin j’ajoute que personne n’a jamais penser punir Napoléon Bonaparte pour tous les crimes perpétrées en Espagne, en Haïti, ou en Italie. Rappeler seulement qu’il était un tyran irrite une bonne partie de la bien-pensance française. A fortiori rappeler qu’il a lui aussi commis des crimes restés comment dit-on déjà, impunis ? Pour le reste, les gestuelles et postures des ténors de la droite ou de la gauche française relèvent de la politique. Il s’agit de savoir comment les uns et les autres vont capitaliser en termes de popularité et de voix sur l’événement. On est loin de la morale à fortiori de l’éthique.
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