Le Brésil a pris une sérieuse déculottée en demi-finale de la coupe du monde de football 2014 contre l’Allemagne. Un camouflet ! 5/0 en faveur des Allemands en moins de trente minutes. 7/1 au coup de sifflet final. Un score fleuve jamais vu à ce stade de la compétition, à savoir la demi-finale. Loin de moi la prétention d’analyser la contre-performance sportive des joueurs brésiliens, ni les raisons qui les ont conduits à un tel désastre. Dans les salons, les bars, au bureau, ou dans la rue, on a déjà fait mille fois le procès de l’entraîneur brésilien Luis Félipe Scolari pour n’avoir pas sélectionné ou fait jouer tel joueur au lieu d’un autre. De même on a déjà suffisamment cloué au pilori Fred et quelques autres joueurs brésiliens. Il m’importe peu également, de tirer des plans sur la comète pour savoir si la présence de Neymar et de Tiago Silva aurait changé le cours des choses. Je sais : un seul être vous manque et tout semble dépeuplé. A fortiori deux, on pourrait dire ! Mais on aura beau se répéter en boucle, ce fameux vers d’Alphonse de Lamartine, rien n’y pourra changer. En revanche, on peut s’interroger sur la signification d’un tel résultat, son impact et ses conséquences. Certes on peut toujours estimer que la mauvaise fortune des Brésiliens est un accident, en ce qu’elle a peu de chances de se renouveler de sitôt. Cela ne change rien à l’affaire. Le Brésil monstre sacré du football a été déboulonné de son piédestal et a perdu son statut de magicien du ballon rond. Il y avait le football mondial d’un côté et le jeu brésilien d’un autre, fait de feintes, de technique, de dribbles diaboliques. Il arrivait à ce football brésilien de plier face au froid réalisme du football européen. Mais on restait tout de même friand de cette capacité qu’avaient les Brésiliens à improviser tout en jouant leur symphonie. Ce tableau flatteur qui doit beaucoup à l’épopée, aux exploits et à l’image de Pelé appartient désormais à une autre époque. Le football brésilien devra désormais se forger une autre légende. Tout passe… Cet épisode douloureux pour le football brésilien ne manquera pas d’impacter sa réputation. Il est d’ailleurs probable qu’il y ait carrément désaffection des fans. En Guadeloupe, l’équipe de France de football avait déjà enfoncé un coin dans la magnificence brésilienne. Depuis l’avènement des Trésor, Janvion, et plus tard Thuram, Henry, Gallas, en équipe de France et surtout, depuis la victoire de l’équipe de France au mondial de 1998, les Guadeloupéens se partageaient entre Brésil et France. Pas sûr du tout que cet épisode vienne redorer le blason du Brésil auprès des Guadeloupéens. Quant aux conséquences de cette cuisante défaite, elles seront dommageables surtout au Brésil. Au-delà de scènes de violences, on peut craindre une dépression collective qui viendrait accentuer la crise sociale que connaît actuellement le pays. Un point positif cependant, c’est au cours de ce mondial qu’ont été démasquées et démantelées des mafias de billetteries clandestines logées au cœur même de la FIFA. Les autorités brésiliennes ont pris ainsi leur revanche sur une organisation qui leur a dicté ses conditions.
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