Tout fout le camp. La France s’est promise encore un peu plus à Marine Le Pen, même si le score effarant du Front national (plus de 25 % des électeurs qui se sont déplacés) ne doit pas occulter la réalité : c’est le parti des abstentionnistes avec un taux de 56,5 % qui a véritablement gagné cette élection européenne. N’empêche, le coup est rude, parce que les autres pays de l’Ouest, Allemagne, Espagne, Italie, ou Danemark s’ils n’ont pas enregistré eux non plus des taux de participation faramineux, n’ont pourtant pas mis aussi en avant des partis d’extrême droite. Et, comme si cette forte bourrasque ne suffisait pas, voilà que recommence le grand déballage à l’UMP. Avec les fausses factures payées par le parti lors de la campagne électorale présidentielle pour des manifestations électorales toujours plus grandioses qui aboutissent aux comptes de campagne truqués de Nicolas Sarkozy à hauteur de près de 11 millions d’euros. l’UMP saignée à blanc pour refaire surface sollicite les militants. On appelle cela, sans rires, le Sarkoton. Pas sûr qu’ils aient vraiment envie de rire de cette plaisanterie. Avant il y avait eu l’ahurissante affaire Cahuzac. Pas tout à fait le même registre. Mais pas triste non plus. Toutefois, le monde des affaires n’est guère mieux. Ainsi on apprend qu’Alstom, aujourd’hui sur la sellette pour une offre d’achat de la multinationale américaine Général Electric pratiquait abondamment la corruption pour obtenir des marchés à l’étranger. La justice américaine serait déjà sur le coup. On se demande, si cette révélation n’est pas la cause réelle de la préférence des dirigeants d’Alstom pour l’entreprise américaine. Une transaction avec Général Electrique pourrait faciliter l’absolution. Et même si cela n’aurait rien à voir, il y a tout de même de quoi donner des urticaires au citoyen français. Je n’insiste pas trop sur l’imbroglio Bernard Tapie et toutes ses ramifications avec d’une part de nombreuses personnalités politiques placées carrément à la tête de l’État et d’autre part avec des sommités du barreau parisien, ni même sur l’affaire Karachi où le procédé décrit, relève non seulement de la corruption mais aussi du cynisme. Ce qui est proprement hideux quand on connaît l’énormité des sommes en jeu. Et surtout, quand de telles manigances génèrent des morts, victimes innocentes sacrifiées sur l’autel de la cupidité et du pouvoir. Enfin, tout fout le camp même dans le monde jusqu’ici plutôt feutré du savoir, de la connaissance, je veux parler du monde universitaire. Notre université désormais ex UAG n’arrête pas d’alimenter la chronique où on apprend qu’un directeur de laboratoire CEREGMIA pour ne pas le nommer s’appuyant sur ses appuis politiques non seulement se comportait en tyran mais tripatouillait aussi des fonds européens. De quoi vraiment donner le tournis. Avec ce panorama étincelant de nos élites on voudrait que le citoyen lambda, lui qui n’en a ni les moyens intellectuels, ni le niveau de vie ne puisse accepter stoïque, sacrifices et privations. En attendant le jour où il décidera de reprendre la Bastille, il utilise à bon escient son bulletin de vote. Histoire de rappeler qu’il n’est pas le dernier des cons.
Poster un commentaire