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Insécurité : le document qui inquiète

Insécurité : le document qui inquiète

La fête est finie. Les joueurs de l’équipe de France et du Canada de tennis sont déjà tournés vers d’autres défis, d’autres tournois. Le vélodrome de Gourde Liane, après avoir été pendant trois jours de liesse, le centre de la Guadeloupe, va reprendre ses allures d’arène vide quand il ne s’y passe rien. Cette Coupe Davis organisée en Guadeloupe revêt plusieurs significations. La première qui saute aux yeux, c’est la capacité de la Guadeloupe d’accueillir avec succès, des manifestations sportives internationales d’envergure. Ce n’est pas rien, quand on sait l’âpre lutte que se livrent les pays, pour être l’élu dont la planète entière parlera, le temps d’une compétition. Nous aurions tort de bouder notre plaisir. Même si nous devons garder les pieds sur terre et reconnaître que le véritable maître d’œuvre de l’organisation a été la Fédération française de Tennis. La Guadeloupe a su réaliser ce qui lui incombait. La ligue de Tennis a été à la hauteur pour ce qui la concernait, les services de la Région ont tenu leur rôle et la ville de Baie-Mahault a répondu présent. Même le public, par son engouement, a su être au diapason.

Et Maintenant comment capitaliser sur l’événement ? Ici intervient le deuxième volet de la signification à donner à l’événement. Le comité du tourisme des îles de Guadeloupe (CTIG) a bien géré cet après Coupe Davis. Les responsables du tourisme ont su anticiper. Ils ont lancé dans la foulée de la compétition, une campagne de promotion du territoire sur les chaînes de télé nationales. Les professionnels du tourisme ont bien compris qu’il convenait de profiter le plus possible de cette image pour promouvoir au mieux la Guadeloupe. Seul bémol : il est grand temps de se vendre ailleurs que dans l’Hexagone. Les Canadiens, et les Américains commencent à découvrir la Guadeloupe. Ces deux pays sont des marchés énormes. Il faut y aller.

La Guadeloupe fait penser à ce Dieu romain aux deux visages qu’est Janus. Alors que le pays s’est délecté pendant trois jours, de revers liftés et de passing-shots au vélodrome, une plaie toujours béante continue de l’infecter de plus en plus. Le genre de plaie qui fait de l’ombre à l’image de la Guadeloupe, et qui s’oppose à l’événement Coupe Davis. La violence et la délinquance poursuivent leur course folle vers des sommets toujours plus hauts. Avec en toile de fond des agressions, des cambriolages, des règlements de compte, et trop souvent des morts. Les syndicats de police, soutenus cette fois par les élus, pour la énième fois, disent qu’ils n’ont pas les moyens de remplir leur mission. Ils disent être trop peu nombreux pour faire face à cette vague de violence qui n’en finit plus de progresser. Des armes de guerre sont en circulation en Guadeloupe. Tous les discours officiels s’accordent à dire le contraire.

Or, un document interne de police que Le Courrier de Guadeloupe a pu consulter, fait état d’un trafic organisé d’armes dangereuses. De tout ce tohu-bohu, une information laisse perplexe. Nous apprenons de source policière que les commissariats de Capesterre Belle-Eau et de Basse-Terre sont fermés le plus souvent le week-end. Faute d’effectifs. Que Pointe-à-Pitre connaîtrait le même sort de temps en temps. Que doit faire alors le citoyen qui serait agressé gravement, un dimanche après-midi ou un samedi soir ? Nous ne répondrons pas à cette question. Il est clair qu’au pays du maintien de l’ordre et de la sécurité, il y a quelque chose qui cloche. De deux choses l’une. Ou les policiers racontent des salades et alors il faut en faire la preuve et leur intimer le silence. Ou ils disent vrai et il faut régler le problème. Car pour l’heure, ceux qui tirent profit de toute cette chamaillerie du côté de l’ordre et de la loi, ce sont les délinquants. Comme il leur arrive d’écouter la radio et de regarder la télé, ils doivent rire à gorge déployée.

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