Quelques sites pointois ont été passés en revue par les services de la Direction des affaires culturelles et ceux de la ville mardi 26 octobre. Georges Brédent, ancien président du Macte et élu délégué à la culture et au patrimoine était présent pour faire visiter le musée Saint John Perse installé dans la célèbre maison Souques à Pointe-à-Pitre. Une visite complète de la demeure a été effectuée par la délégation. La ville de Pointe-à-Pitre a annoncé la nécessité d’effectuer des travaux afin de permettre la réouverture du musée au public. Le musée est fermé depuis le premier trimestre 2021.
Les représentants de la DAC et de la mairie ont également visité le Pavillon de la ville que l’on désigne souvent comme l’ancien presbytère. Nous en savons désormais plus sur son usage qui n’a jamais été très clairement défini, entre exposition en tous genres, concerts et lectures. Après sa restauration et son inauguration en 2006, le bâtiment devait accueillir un centre d’interprétation, de l’architecture et du patrimoine de la ville de Pointe-à-Pitre. On sait désormais que la ville souhaite y porter un projet en lien avec la littérature. La littérature était également au cœur de l’inspection puisque la médiathèque de la rue Achille René Boisneuf a été parcourue par la délégation. Selon la publication de la ville de Pointe-à-Pitre “engagement a donc été pris pour la programmation d’un calendrier de travail”. Son objet : “permettre au lieu de recevoir des lecteurs comme des passionnés de littérature à l’occasion de rendez-vous avec les auteurs.”
Le conseil municipal et le maire assurent être “conscients que la culture est un vecteur important au rayonnement de Pointe-à-Pitre.” Pourtant, la plupart des bâtiments culturels situés dans la ville sont fermés pour diverses raisons. La liste est longue. On ne cite plus le Centre des Arts, fermé depuis 12 ans et occupé depuis juillet par un collectif d’artistes ; le musée l’Herminier, fermé depuis de nombreuses années, le Pavillon de la ville ouvert occasionnellement pour des évènements culturels ; le musée Schoelcher fermé depuis 2016 pour des travaux qui devaient durer 24 mois à l’origine. Le musée Saint-John-Perse et la médiathèque Boisneuf déjà cité. La ville a également perdu ses cinémas avec la fermeture du cinéma Rex dans le sillage de l’ouverture du complexe Cinéstar des Abymes, la destruction-reconstruction programmée du ciné-théâtre de la Renaissance, fermé durant une dizaine d’années puis laissé à l’abandon.
Le cas le plus éloquent, est celui du Mémorial acte, qui subit une crise institutionnelle (avec la suspension, le licenciement puis la réintégration de la directrice) et sociale (une partie des salariés est en droit de retrait). Cette crise a causé la fermeture du Macte en mars 2021. Depuis la réintégration de la directrice par une décision en référé du tribunal administratif en octobre, l’établissement demeure portes closes. La réouverture est annoncé dans le mois qui vient.
Si ces bâtiments ne sont pas tous gérés par la municipalité, il est effarant de voir le déclin culturel brutal de la ville. Cet étiolement nuit à l’attractivité de la ville puisque la culture est un vecteur économique et touristique de premier plan. Il ne favorise pas non plus le développement des pratiques culturelles des Guadeloupéens et en particulier des Pointois. L’enquête du Ministère de la culture sur les pratiques culturelles sur le territoire, première du genre parue en octobre, a montré que la fréquentation des musées en Guadeloupe est nettement plus faible que dans l’Hexagone avec respectivement 12 et 29 % de la population. Les Guadeloupéens et en particulier les Pointois seraient en droit de demander des comptes sur la gestion des services publics culturels sur le territoire de Pointe-à-Pitre.
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