Maryse Etzol, l’opposante
• Pas convaincue par le bien-fondé du projet de centrale thermique porté par Albioma, Maryse Etzol s’est confrontée à une multinationale, aux planteurs de canne et à une partie de l’opinion.
Portrait d’une édile affirmée
«C’est un caractère !». Celui qui parle ainsi de Maryse Etzol c’est Alain Lautric, son oncle. D’autres qui n’ont pas forcément pour le maire de Grand-Bourg la même tendresse précisent : « C’est un fichu caractère ! » Sans doute. La querelle qui l’a opposée à Victorin Lurel lors de la campagne électorale des élections régionales est encore dans toutes les têtes. Ce fut un moment inouï de politique en Guadeloupe. Maryse Etzol ne s’est pas démontée. Elle a tenu tête au cador qu’était le Lurel de l’époque. Pourtant lorsqu’elle débute en politique le maire de Grand-Bourg se fait plutôt discrète. Elle prend le temps de s’installer, de tisser patiemment sa toile. Lorsqu’éclate l’affaire de la centrale thermique de l’usine de Grande-Anse, c’est une Maryse Etzol sûre de son fait. Elle a pesé le pour et le contre et elle entend être libre de choisir ce qu’elle estime le mieux pour le devenir de son île. Maryse Etzol avait, le 31 janvier, accordé un entretien au Courrier de Guadeloupe au cours duquel elle affirmait que sa logique ne pouvait pas être celle d’Albioma qui est un industriel dont la finalité est le profit. C’est son droit. Le maire de Grand-Bourg a résisté à toutes les pressions. Celles des services de l’État, celles du conseil départemental et du conseil régional, à celles de ses amis, et à celles des planteurs de canne. Ces derniers étaient sans doute ceux auxquels il était le plus difficile de dire non. Vous imaginez aller à l’encontre des intérêts de la canne. C’est un sacrilège à Marie-Galante. Le Courrier de Guadeloupe comme chaque année et selon les mêmes critères de courage, d’intégrité, d’exemplarité a désigné Maryse Etzol personnalité de l’année. Son actualité en 2017 est empreinte d’action, plus que d’intention. De durabilité, plus que de coup d’éclat. De capacité à résister, plutôt que préférer la facilité. Elle succède à une autre femme Leïla Rinaldo, elle aussi médecin. Nous saluons dans le maire de Grand-Bourg l’opiniâtreté, la force de ses convictions et sa capacité à dire non. L’actualité démontre chaque jour que le combat pour l’environnement vaut la peine d’être mené. Tant pis si ce combat est intense, qu’il doit contrarier quelques intérêts financiers de groupes industriels venus d’ailleurs. Maryse Etzol vit à Marie-Galante. Cela induit quelque priorité.
Johnny Gitany, 2e
Arrivé second du palmarès des personnalités remarquées en 2017, Johnny Gitany est responsable des affaires juridiques du syndicat CFTC. Son credo : traquer l’injustice en matière d’emploi public. Le syndicat a fait annuler les embauches jugées illégales de Charlène Daville ingénieure territoriale à la ville de Sainte-Rose, Rosan Catalita comme ingénieur territorial à la régie des eaux de Sainte-Rose, Brigitte Jafos-Ferras comme attachée territoriale aux Abymes, et Blaise Aldo comme conseiller technique à la Communauté d’agglomération du Sud Basse-Terre. Interrogé par Le Courrier de Guadeloupe le 3 janvier, Johnny Gitany incrimine « les chefs d’édilité qui n’en font qu’à leur tête« , à coups de « an vlé rèkrité intèl, ranjé sa ban mwen« . Le rôle de l’État sur le contrôle de légalité ? Défaillant. Le syndicat a décidé de prendre le relais. Ses confrères de l’UGTG ? Trop enclins à passer outre la voie des concours et à léser ceux qui se conforment à la procédure.
Josette Borel-Lincertin, 3e
Josette Borel-Lincertin est venue tard à la politique. Elle n’a ni le profil conquérant des bateleurs d’estrade, ni celui des calculateurs florentins. Ses amis disent qu’elle est une âme ouverte aux soucis des autres. La récurrence de son action tendant à améliorer la situation des usagers de l’eau interpelle. En trois ans le conseil départemental a investi 60 millions d’euros. Pour construire l’usine du Moule, réaliser le captage de Ferry à Deshaies, l’usine de Lamentin qui est située à Petit-Bourg, l’usine de Deshauteurs Sainte-Anne, l’usine de Montval à Baillif, celle de Port-Louis. 40 kilomètres de canalisations. Les travaux réalisés sur les canalisations des Saintes et de La Désirade. Tous menés pour le Siaeag ou les communautés d’agglomération. Les réalisations concernent l’eau potable, domaine dans lequel le Département n’est pas plus compétent qu’un autre. Lorsqu’on lui demande pourquoi elle entreprend tous ces travaux. Elle répond : « Parce qu’ici nous sommes partout en Guadeloupe, et parce que l’eau c’est la vie. »
Teddy Riner, 4e
Teddy Riner est pour la deuxième année consécutive parmi les personnalités marquantes de l’année. Il se place à la quatrième place du classement établi par Le Courrier de Guadeloupe. Son credo : être hors-norme dans l’exploit sportif. Invaincu sur les tatamis depuis 2010, le judoka a ajouté le 11 novembre au Maroc, un dixième titre mondial à son palmarès. Teddy Riner surpasse la légende. Son autre credo : être une belle personne. L’homme a été choisi par le Crédit agricole pour conférer le 16 décembre dernier sur « Le sport comme école de la vie ». Le directeur général de la banque, Philippe Brassac, a dit vouloir « grâce à l’image que véhicule Teddy montrer que le sport est une école de la vie« . En parlant d’image, Teddy Riner est aussi le porte-drapeau assumé de sa terre natale. Le Guadeloupéen ne manque jamais une occasion de géolocaliser son point de ressourcement, sa famille, la Guadeloupe. En cela son impact positif pour le territoire est géant. Bravo l’artiste.
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