Le 1er octobre, la communauté d’agglomération Cap excellence a invité les acteurs de la culture et le grand public à un webinaire autour de la question du Centre des arts et de la culture de Pointe-à-Pitre. L’une des problématiques qui est ressortie des interventions est la nécessité de concertation entre collectivités sur la compétence partagée de la culture afin de proposer une politique culturelle cohérente et équilibrée sur le territoire. La question des arts qui seraient diffusés dans l’établissement n’a pas fait l’unanimité. Le peintre et plasticien Richard Viktor Sainsily-Cayol a souligné que les artistes qui pratiquent les arts visuels ne disposent pas de lieu réellement adapté à leurs besoins pour exposer leurs œuvres. Il ne voit pas pour autant la place de ces arts au sein du centre des arts de manière prépondérante. Des choix devront être fait, et Cap excellence ne pourrait financer à elle seule que les espaces de diffusion pour les arts vivants. Pas d’avancées significatives annoncées si ce n’est le recrutement d’un programmiste afin « [d’]assurer la traduction technique des conclusions de la concertation initiée avec les artistes… ». Pas de plan de financement bouclé puisqu’il est indiqué que les dossiers de demande de subventions sont en cours de réalisation. On peut s’étonner que la chronologie du projet soit celle-ci. Les artistes du “Kolèktif awtis rézistans” qui occupent les lieux depuis le mois de juillet ont pu s’exprimer brièvement. Ils ont réagi à la suite de ce webinaire sur leur page Facebook. Mécontents, ils ont expliqué leurs demandes constantes d’échanges afin d’exprimer leurs besoins en tant qu’artistes. “Ça fait trois mois qu’on fait des propositions !” Ils ont dénoncé le fait que les représentants de Cap excellence se disent à l’écoute sans répondre à leurs invitations à les entendre et à échanger. La communauté d’agglomération a pourtant organisé des ateliers thématiques afin d’écouter les doléances des artistes. Comment expliquer ce qui semble être devenu un langage de sourds ? Au lendemain de ce webinaire, le président de Cap excellence, Éric Jalton, a quant à lui exprimé sa satisfaction face à la qualité des échanges durant cette table ronde virtuelle. Il souligne que “d’autres échanges seront forcément nécessaires pour inscrire l’action culturelle dans un schéma de cohérence régional et territorial.” La question de la participation du conseil régional au financement semble cristalliser les enjeux financiers tandis que d’après Francesca Faithful, vice-présidente en charge de la culture, la direction des affaires culturelles (ministère de la Culture) serait intéressée pour accompagner le projet. La prochaine étape semble être aux yeux d’Eric Jalton, “[l’]organisation des Etats généraux de la culture” en Guadeloupe. Une grand messe pour quelles promesses et quelles réalisations ?

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