RÉGION DE L’EAU DANS LE GAZ
Ary Chalus a proclamé lundi 23 avril lors de l’inauguration de l’aquarium qu’il n’y avait aucun nuage entre Guy Losbar et lui. Une façon d’affirmer que sa majorité est sans faille. Plusieurs indices indiquent pourtant le contraire. Le coup de Trafalgar porté par la publication du courrier de Sonia Taillepierre où elle se plaint de sa mise à l’écart de tous les dossiers qui touchent au tourisme, n’est pas anodin. Sonia Taillepierre est membre du GUSR. Elle écrit à son président Guy Losbar qui jusqu’ici, à aucun moment, ne l’a officiellement recadrée. Les accusations de la conseillère régionale sur les ondes de Guadeloupe la Première font du président de région un dictateur. Un propos qui comme le dit elle-même l’élue, était jusque-là réservé à Victorin Lurel, l’ennemi juré. Dans l’interview accordée à CCN par Guy Losbar, Danik Zandronis force le trait en faisant dire au président du GUSR qu’il sera candidat à la Région en 2021. Le maire de Petit-Bourg ne va pas jusque-là. Il répond que cela dépendra des élections municipales qui interviendront l’année précédente. Autrement dit, rien n’est sûr quant à sa démarche. Les propos de Sonia Taillepierre apportent un autre éclairage quant aux rapports entre le GUSR et Ary Chalus. « Tous les dossiers importants sont réglés par le cabinet » déplore la présidente de la commission tourisme. Cette récrimination n’est pas un fait isolé. Plusieurs élus du GUSR laissent de temps en temps entendre cette musique. Un cadre de la Région fait remarquer que Guy Losbar est beaucoup moins présent à la Région qu’au début. Et puis, le premier accroc politique est survenu lors des élections législatives. Les deux alliés forts de la majorité n’ont pas su s’entendre sur les investitures qui étaient données à leurs candidats. Résultat : ce fut une belle déconfiture pour la majorité au pouvoir. Seul Olivier Serva grâce à son équation personnelle a su relever le défi. Au lendemain des élections, sur les télés et les radios, chacun y allait de sa critique à l’endroit de son allié. Ce qui ne les a pas empêcher de jurer peu de temps après, la main sur le cœur, qu’ils étaient plus unis que jamais. Une antienne qui sera sûrement encore resservie.
LES RAISONS DU TROU D’ARY CHALUS
Déclarations non maîtrisées, changement d’avenir en panne. La cote d’amour d’Ary Chalus est en berne.
Ary Chalus chute de 16 points dans le dernier sondage publié par Qualistat. Le président de région passe de 37 % de Guadeloupéens qui lui faisaient confiance il y a deux ans (avril 2016), à 21 % (mars 2018). Le décrochage est vertigineux même si le président de Région reste l’homme politique le plus populaire de Guadeloupe. Le sondage a été réalisé avant la séquence Taillepierre. On ne peut lui attribuer le dévissage d’Ary Chalus. La perte brutale et significative de confiance des Guadeloupéens s’était déjà cristallisée. Globalement, ils ont l’impression que rien n’a vraiment bougé et ils attendent toujours le changement d’avenir. Les milieux économiques reprochent au président un Plan pluriannuel d’investissement (PPI) étriqué qui n’arrive que deux ans et demi après son élection à la tête du conseil régional. José Gaddarkhan président de la fédération du BTP après la présentation du PPI a exprimé en substance son inquiétude. » Il faudra encore deux ans avant de passer aux commandes. Espérons que d’ici là, les entreprises n’auront pas déposé leur bilan « . Dans le même temps, beaucoup d’entreprises se plaignent à mots couverts de n’être pas payées. Plusieurs cadres de la Région qui veulent garder l’anonymat estiment que la tentative de réorganisation des services, entreprise l’an dernier a été un véritable fiasco. Plusieurs directeurs ont été bombardés chargés de mission, sans feuille de route. Plusieurs n’ont pas eu d’affectation précise. D’autres estiment que la Région n’est pas gérée. Homme de terrain et de contact, Ary Chalus fait souvent mouche lorsqu’il s’adresse à la population. Ses dernières sorties ont plutôt refroidi l’opinion. Le président de région a déclaré publiquement (en radio) qu’il apportait son soutien à Louis Molinié condamné à deux ans de prison ferme pour détournements de fonds publics. Entre autres. De même, les fameux 400 millions d’euros de l’État annoncés par Ary Chalus comme une promesse du gouvernement afin de régler le problème de l’eau, continuent à jouer les arlésiennes. Le Courrier de Guadeloupe a interrogé les services des différents ministères concernés. La réponse est invariable : » référerez-vous au communiqué de presse publié sur la question « . Dans ce communiqué effectivement, nulle trace des 400 millions d’euros. Bref, les résultats du dernier sondage indiquent que quelque chose ne tourne plus rond dans la maison Chalus.
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