La tempête qui souffle aujourd’hui sur l’UAG est symptomatique du climat de suspicion qui préside entre la Martinique et la Guadeloupe. A vrai dire, on pourrait argumenter à l’envi en faveur des deux thèses qui s’affrontent. La première prône une université des Antilles rassemblant les deux territoires Martinique et Guadeloupe. Il serait intellectuellement malhonnête de nier que cette formule ne présente aucun intérêt pour les deux territoires. Les infrastructures existent, l’organisation même si elle laisse à désirer, est en place, et l’UAG peut se prévaloir d’un background et d’un modus operandi forts d’une quarantaine d’années d’expérience. Les arguments qui évoquent budget, moyens, seuils, attractivité s’ils ne sont pas complètement désuets ne sont pourtant pas intangibles. Sinon il faudrait s’interroger sur l’octroi d’une université de plein exercice à la Guyane. Même si d’aucuns estiment que Christiane Taubira a pesé de tout son poids dans cette décision. Mais cette dernière remarque ne fait que renforcer l’idée que seule compte la volonté politique. Parfois la volonté tout court, et aussi la détermination. Tout cela pour dire que le débat entre les deux options n’a rien d’extravagant contrairement à l’idée fort répandue selon laquelle une seule voie est possible. C’est pour cette raison que Le Courrier de Guadeloupe a organisé dans ses locaux un débat entre Vincent Valmorin pro université Guadeloupe et Antoine Delcroix pro université des Antilles, tous deux professeurs à l’UAG. De ce débat, les lecteurs apprendront beaucoup. Ils pourront ainsi mieux se déterminer. Quant aux journalistes du Courrier de Guadeloupe, ils ont pu apprécier en dépit du ton mesuré et courtois des deux interlocuteurs, le poids des frustrations et du mal-être d’un côté et celui de l’évidence du bon droit de l’autre. Le sentiment aussi que l’université avait engendré des mandarins qui régnaient sur leurs vassaux, le tout coiffé d’une super-présidence plus despotique que démocrate. Tant de pouvoirs confinés entre les mains d’un petit groupe peuvent expliquer le combat âpre qui agite l’université à chaque renouvellement de la gouvernance. La bienséance et la raison voudraient que les rancœurs, même justifiées ne tiennent lieu de motivation sur un tel sujet. Toutefois, c’est la qualité des rapports qu’entretiennent entre eux les hommes qui rythment la vie et qui peuvent la rendre agréable, acceptable ou infernale. Aujourd’hui, il est question d’université des Antilles et il semble exister une belle unanimité de nos politiques en ce sens sur la question. A supposer que cette option remporte finalement le morceau, tant que l’abcès sur nos relations Guadeloupe/Martinique ne sera pas percé, le problème d’une université de Guadeloupe reviendra. Il sera à nouveau posé dans 2 ans, 5 ans, 10 ans, mais il reviendra. Il en est de même concernant la télévision généraliste privée en Guadeloupe que lorgne de façon gloutonne et indécente ATV Martinique, sous prétexte que son marché martiniquais ne lui suffit pas. Il faudrait juste un instant que les dirigeants de cette télévision se demandent comment ils réagiraient si c’était une télévision guadeloupéenne bien organisée qui obtenait une fréquence en Martinique. Coucou, on ne rit plus ?
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