Un pré-rapport remis au président de la République montre le poids du manque d’hygiène des mains, dans l’épidémie covid-19.
Emmanuel Macron a commandé à un infectiologue et épidémiologiste suisse, Didier Pittet, un rapport sur la gestion de l’épidémie de coronavirus en France. Surnommé Monsieur mains propres, le co-inventeur du gel hydroalcoolique, a remis mardi 13 octobre un rendu d’étape à l’Élysée. Il pointe un défaut d’hygiène des mains de la part des Français. Dans un article publié le 13 octobre, lemonde.fr relate les réflexions du professeur : « J’ai marché un long moment aujourd’hui [10 octobre, à Paris] en enchaînant les passages devant les bars-restaurants (…). J’arrive au résultat suivant : plus de 80 % des passants portent correctement leur masque. En revanche, seulement 15 % des clients se nettoient les mains au gel hydroalcoolique avant de gagner l’intérieur d’un bar-restaurant. (…) Ce n’est pas le gel ou le masque, une bonne hygiène des mains est indispensable » fait-il valoir. L’Agence de régionale de santé de Guadeloupe est allée jusqu’à lancer début septembre une affiche trompeuse qui octroie au masque chirurgical un rôle qu’il n’a pas. Aux dépens de la juste information du public, et des comportements salutaires qui en découlent. Le masque chirurgical est un collecteur de covid-19. L’évacuateur de covid-19, c’est l’hygiène des mains. Une note de synthèse de vingt études qui analysent la transmission de covid-19 et l’apport du masque a été réalisée le 14 avril dernier par six médecins, experts en hygiène et infection, parmi lesquels Jean-Christophe Lucet, chef de service de l’unité d’hygiène et de lutte contre les infections nosocomiales à l’Hôpital Bichat à Paris. Dès le début d’année (le 29 janvier), ce professeur expliquait dans une vidéo de 1mn31 que « la transmission de ce nouveau coronavirus survient par l’exposition à des gouttelettes à l’occasion d’une toux ou d’éternuements qui peut conduire à une contamination ». Comment ? Le contact se fait soit directement de muqueuse à muqueuse faciale (nez, bouche, yeux). En clair quelqu’un vous éternue à la figure : hum, beurk, po kay rivé misié ! Ou alors indirectement via les mains contaminées de quelqu’un qui par réflexe n’a pas éternué dans son coude (parce qu’il a appris depuis tout petit qu’on met la main devant la bouche quand on tousse). Bref, il est établi que les infections à transmission aérienne sont hypercontagieuses, attaquent 85 % d’une maisonnée, et un malade infecte jusqu’à 18 personnes (varicelle, rougeole). Alors que covid-19, dont 1 malade infecte jusqu’à 3 personnes, est porté par les mains. Alors pourquoi une telle occultation du rôle des mains et de l’importance de les laver (à l’eau savonneuse pendant 30 secondes, jusqu’à 40 fois par jour) ou les passer à l’alcool à 70° sous forme de gel ? Serait-ce parce que le masque, par sa dimension spectaculaire, et le signe extérieur de consentement et d’obéissance civique qu’il constitue, a été surmédiatisé, instrumentalisé, permettant au passage de flatter l’ego de quelques apprentis despotes. En attendant, les résultats sanitaires sont là. Décevant. On se croirait avant 1847. Cette année-là, Ignace Semmelweis, médecin hongrois, se mettait en quête de vulgariser les bénéfices de l’hygiène des mains.
Un médicament efficace à l’essai
Le gouvernement met le paquet sur la police, pas sur le remède face à covid-19. C’est le couvre-feu dans huit métropoles de l’Hexagone. L’annonce a été faite par le président le 14 octobre. Un tiers des Français est concerné, et les Guadeloupéens insulaires sont épargnés. Le préfet Alexandre Rochatte serait moins liberticide que son prédécesseur qui n’avait pas hésité à mettre le territoire sous cloche en mai, alors qu’il administrait en des temps moins covidés. Il faudrait en déduire que le climat sanitaire s’améliore, malgré l’incertitude qui pèse sur les statistiques de tests PCR qui ne disent pas toujours vrai. En fonction du stade de la maladie, un test se révélera négatif alors que la personne est bien porteuse du virus, ou sera positif alors qu’elle n’est plus contagieuse. Mesurer la charge virale détectée serait un indicateur de précision, mais la donnée reste hors des radars. La seule vérité reste que les capacités hospitalières ne permettent en rien d’absorber le 1% de malades graves potentiels liés à cette épidémie. Dans ce contexte, le peu de cas fait à la recherche d’une solution médicamenteuse efficace à un stade précoce de la maladie interpelle. L’Institut Pasteur de Lille (IPL) et la start-up pharmaceutique Apteeus spécialisée dans le repositionnement de médicaments, ont ainsi été laissés seuls pour tester pas moins de 1 900 molécules contre le coronavirus. Lancés fin février, les travaux titanesques devaient durer quelques semaines. Ils ont duré six mois. L’IPL et Apteeus espéraient élargir le spectre de la recherche sur d’autres molécules que les antiviraux recensés. « On va peut-être découvrir une activité antivirale chez une molécule utilisée pour un autre usage, comme c’est le cas de la chloroquine, par exemple », expliquait Terence Beghyn président d’Apteeus. L’IPL a confié au quotidien La Voix du Nord le 25 septembre avoir trouvé un médicament qui combattrait le covid-19 dès le début de la maladie. Forts des bons résultats en laboratoire, les chercheurs se devaient de lancer un essai clinique pour prouver son efficacité sur l’Homme. Le chercheur lâchait aussi n’avoir pas le soutien des pouvoirs publics. Alors que « pris aux premiers symptômes de la maladie, ce médicament réduit la charge virale du porteur de la maladie, évite la contagion. Pris plus tard, il contrecarre ses formes graves. Son action est bien celle d’un anti-viral et non celle d’un anti-inflammatoire » précise le professeur Déprez, directeur scientifique. Le salut est venu du privé, et du don de 5 millions d’euros du groupe LVMH et de son PDG Bernard Arnault qui aurait lu l’article du quotidien régional. « Il est vital que ces recherches puissent se poursuivre et c’est dans ce but que j’ai décidé d’apporter un soutien pour cette phase capitale d’essais cliniques », explique Bernard Arnault, cité dans un communiqué de l’IPL publié le 9 octobre. Le 12 octobre sur Franceinfo Jean Castex assurait que « la France ne vit pas une dictature sanitaire ». Conseillant de limiter le nombre de gens reçus à domicile mais reconnaissant qu’il ne peut pas « réglementer les espaces privés », le Premier ministre s’est fait l’avocat du couvre-feu qui d’une manière détournée réglemente les espaces privés. Il y a-t-il une obsession sanitaire ou policière chez ceux qui nous gouvernent ? L’état d’urgence sanitaire est réitéré pour un mois au 17 octobre. Les résultats de l’essai de l’IPL sont attendus pour la fin du printemps 2021.
Une publicité trompeuse de l’ARS Guadeloupe
Depuis le 2 septembre, l’Agence régionale de santé diffuse un visuel laissant penser, à tort, que le masque protège de covid-19 celui qui le porte. « Le virus ne passera pas pas moi » fait-on dire à un modèle. Outre la motivation asociale et peu soucieuse du destin des autres que l’on prête à la personne guadeloupéenne, le message est trompeur. Le masque stoppe les projections de celui qui parle, tousse, crache, éternue et émet des sécrétions respiratoires sous forme de gouttelettes. Ces dernières vont se déposer dans son environnement immédiat. Et c’est indirectement via les mains au contact d’une surface infectée (poignée de porte, table, jouet etc.) puis portées au visage (bouche, nez, yeux) qu’un tiers se contamine. L’ARS aurait été d’une vérité chirurgicale en s’inspirant du message de Santé publique France : « Porter un masque pour mieux nous protéger ». Le masque est une protection complémentaire, derrière le lavage des mains.
GUYLAINE CONQUET compte parmi les rares figures locales à avoir médiatisé son atteinte par covid-19. Et c’est pour dire « merci à l’équipe du CHU pour leur aide exceptionnelle et leurs bons soins malgré le peu de moyens« . L’ex-animatrice radio de Guadeloupe 1ère, désormais entrepreneure dans les formations en anglais, témoigne depuis ce qui semble être son lit d’hôpital de l’incertitude ambiante : « Malgré des tests négatifs avant l’arrivée en Guadeloupe. 8 jours sous oxygène ! » Celle qui se dit « trop occupée à combattre cette saleté de covid » exhorte ses nombreux fans et amis à se protéger et protéger les proches. Son message posté sur Facebook le 13 octobre a reçu l’immense audience de 643 commentaires et 365 partages.
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