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Covid-19, restrictions, anxiété et dépression

Ceux dont la santé mentale a déjà été éprouvée par la lutte contre covid-19, seraient les premiers à souffrir d’une crise sociale prolongée, dit la sénatrice Victoire Jasmin, auteure d’un récent rapport au Sénat.

 

 » Il faut faire très attention, car les gens sont fragilisés « , met en garde Victoire Jasmin. La sénatrice de Guadeloupe a présenté ce 15 décembre au Sénat un rapport, dont elle tire des leçons pour l’archipel guadeloupéen.  » Il faut tenir compte des conclusions de notre rapport, car les syndicats mettent la pression sur notre population « , dit-elle ce 15 décembre au Courrier de Guadeloupe.  » Pour dénoncer la vie chère et l’exclusion, on a créé des barrages. Mais ils empêchent la circulation ou la rendent difficile. Cela intensifie l’isolement de ceux qui sont déjà plus fragiles, et ça les précarise davantage « . La sénatrice de Guadeloupe a un autre souci. Elle craint que les incertitudes économiques et sociales n’aggravent, un peu plus encore, les troubles psychologiques des plus fragiles.  » Ceux qui n’ont pas de voiture pour contourner les barrages, sont dépendants des transports en commun. Et ils risquent de perdre leurs emplois souligne-t-elle. Comme les femmes seules qui ne savent pas comment faire garder leurs enfants, quand des classes sont fermées « . Les emplois de ces salariés déjà souvent précaires sont d’ailleurs aussi vulnérables que les petites entreprises qui les emploient.  » Les PME ont tenu avec le plan de relance, et certaines ont pris le PGE (prêt garanti par l’État). Mais elles sont très fragilisées. Certaines sont même en danger, s’inquiète la sénatrice. Et d’ajouter, à l’adresse des acteurs sociaux: Il faut sortir de cette impasse. Et humaniser la démarche « .

Prises pour freiner l’épidémie de covid, les restrictions à la vie sociale ont fait souffrir les Français, disent les professionnels. Ce qui a un coût, rappellent les sénateurs. Chargés par la commission des affaires sociales d’un rapport sur l’impact de l’épidémie de covid-19 sur la santé mentale des Français. Victoire Jasmin et son collègue Jean Sol, élu Les Républicains des Pyrénées-orientales, ont réuni des études et mené pendant six mois des auditions de psychiatres, psychologues et chercheurs, ainsi qu’une table-ronde à distance avec des professionnels de santé guadeloupéens (Florelle Bradamantis, directrice- adjointe de l’ARS, Patrick Racon, psychologue coordinateur de la cellule d’urgence médico-psychologique CUMP 971, Françoise Eynaud chef du pôle infanto-juvénile à l’Établissement public de santé mentale de Guadeloupe et Flavio Colombo, psychologue clinicien à Saint-Claude). Publié ce 15 décembre, leur constat est clair: en Outre-mer comme dans l’Hexagone, le confinement, puis les restrictions apportées aux déplacements, aux rencontres ou à la vie sociale pour éviter de propager covid-19, ont fragilisé la santé mentale des français. En mars 2020, lors du premier confinement, 26,7% de la population était ainsi concernée par des états anxieux, soit presque le double du taux observé hors épidémie, selon Santé publique France. Et fin avril, les états dépressifs atteignaient 20,4%, soit plus du double de la situation ordinaire. L’inquiétude a ensuite décru. Mais début novembre 2021, 17 % de français montraient encore des signes d’état dépressif et 23 % des signes d’anxiété ( 9 points de plus). Envol similaire pour la consommation de médicaments.

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