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Cherchez l’erreur…

Nous vivons dans un pays où plus rien ne doit nous étonner. Désormais, après chaque événement ahurissant par son caractère horrible ou indécent, il faudra se demander quel palier sera franchi la fois prochaine. Après une semaine rendue étouffante par le meurtre d’un adolescent de quinze ans aux abords de son lycée, et plus globalement par une montée inquiétante de la violence dans le pays. Alors que tout ce que la Guadeloupe compte d’élus, de dignitaires, d’autorités religieuses et étatiques se sont indignés de la situation de délabrement morale et civile de notre société. Voilà que France Antilles, choisit de faire sa Une lundi 26 septembre sur la réconciliation ou la rencontre de bandes depuis longtemps identifiées. Que le quotidien fasse état de ce rapprochement entre délinquants, pourquoi pas ? Même si contrairement à ce qu’il feint de croire, cette information n’était pas un scoop – Le Courrier de Guadeloupe l’avait traitée dans son numéro 187 pour indiquer que cette délinquance était organisée et soucieuse de la rentabilité de son activité –. Mais qu’un journal puisse indiquer en Une, que les délinquants vont œuvrer eux aussi contre la violence. Un peu comme s’ils n’y étaient pour rien, alors qu’ils en sont les vecteurs. C’est comme si on demandait à la société d’adouber ses déviants pour un rôle actif de lutte contre la violence. Bref, voilà les délinquants aussi indignés par la violence qu’Ary Chalus ou Josette Borel-Lincertin. Décidément, on n’a pas fini de se moquer ouvertement des Guadeloupéens.

L’autre incongruité c’est cette campagne d’affichage 4X3 lancée par la Générale des Eaux pour inciter les usagers à payer leur facture d’eau. Campagne promptement détournée et tournée en dérision par des internautes courroucés par l’état de délabrement de la distribution de l’eau en Guadeloupe. Il n’est nullement question ici d’encourager qui que ce soit à ne pas payer sa facture d’eau. Il faut même dire et répéter que plus les Guadeloupéens seront nombreux à payer leur consommation d’eau et plus la Guadeloupe a de chances d’avoir un jour un réseau performant. L’ennui c’est que la Générale des Eaux est certainement l’entité la moins bien placée pour faire la morale aux Guadeloupéens. Lorsqu’une multinationale, par ailleurs reconnue dans le monde entier pour son expertise en la matière, évoque pendant près de deux ans un logiciel de facturation défaillant pour expliquer qu’elle n’a pas pu assumer l’envoi des factures aux consommateurs, là encore c’est se moquer des Guadeloupéens. D’autant que le bug de ce logiciel intervient comme par hasard juste après que le SIAEAG eut transformé la délégation de service public de la Générale des Eaux – qui lui permettait d’œuvrer sans contrôle – en contrat de prestations. Cherchez l’erreur !

Et puis, il y a cette série de posts sur Facebook qui annonce, photos à l’appui, que le Mémorial ACTe est en train de glisser dans la mer. Cette annonce prend des allures de démonstration logique. Si des travaux sont entrepris dans la mer juste face à l’édifice c’est pour l’empêcher de s’enfoncer, et tutti quanti. L’histoire est fausse. L’enquête menée par Le Courrier de Guadeloupe l’établit dans ce numéro. C’est la promenade édifiée face à la mer, détachée de la conception et des fondations de l’édifice, qui seule connaît un affaissement. Qu’à cela ne tienne. Comme il faut peu pour stimuler les malveillants de tous poils, la rumeur enfle colportée par un char de plus en plus rempli d’aigris, d’obtus, toujours prompts à cultiver avec délectation la vacuité. Insultes et invectives vont bien entendu crescendo. Aucun de ceux qui ont relayé la rumeur n’a pensé vérifier quelle était l’entité qui réalisait les travaux en mer. Trop compliqué. Et puis c’est plus facile de croire au pire. Une vingtaine d’années après sa disparition, Alain Espiand est toujours d’actualité.  » La Guadeloupe continue toujours à dysfonctionner… normalement « .

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