À la fois banalisé et idéalisé mais encore si mystérieux, le sexe mais aussi la sexualité répondent pourtant chez chacun à des logiques précises.
Les quarante jours de l’année où la ceinture est en principe censée se serrer, viennent de s’achever et sonnent la reprise des » hostilités « . L’occasion de comprendre pourquoi la sexualité est aussi importante chez nous. Contrairement aux messages qui sont rabâchés, l’acte sexuel obéit à des lois à la fois chimiques, physiologiques et psychologiques. Dans un premier temps, comme tous les animaux, c’est réellement une histoire d’hormones et de phéromones qui font que nous soyons si pressés de nous ruer vers l’être, désiré à défaut d’être aimé. C’est le cerveau qui analyse et orchestre tous les stimuli physiques que nos chauds lapins s’envoient mutuellement et décide de libérer l’endorphine appelée plus couramment l’hormone du plaisir par l’hypotalamus chargée de rendre cet instant inoubliable. Au-delà du jargon biologique, l’acte sexuel est aussi un des piliers du développement humain. C’est au cours de ces quelques minutes que l’on est réellement confronté à l’altérité. Il est rassurant pour l’homme et la femme d’avoir la preuve que l’on est désirable et c’est aussi une façon de s’intégrer et de s’accepter socialement. L’absence de sexualité conduit très vite à une remise en question de celui qui est au régime sec. La sexualité ne vient que parachever l’ensemble d’un développement personnel. Et quand il est bien fait et bien compris, l’acte sexuel est l’un des seuls qui offrent un bonheur à la fois physique et intellectuel
La saison des amours

Après 40 jours d’abstinence, les sens sont en ébullition et tout le monde n’a qu’une seule idée en tête : plonger sous les draps ! Même si avec l’évolution de la société, l’abstinence du Carême est moins suivie, pour chacun, sa fin coïncide avec une libération des mœurs et une ambiance plutôt torride. » C’est un peu comme un verrou qui saute, les gens ont envie de s’amuser « , explique le sexologue clinicien Thierry Miatti. » Cette période est souvent vue comme une occasion de se libérér « . Et les Guadeloupéens ne sont pas timides du côté de la chambre à coucher. Niveau sexualité, « on est dans une découverte de nouveaux plaisirs « , poursuit le spécialiste. Des plaisirs toujours plus osés et audacieux ! L’un des signes est la démocratisation des sex shop. » Du célèbre petit canard, aux dvd coquins, en passant par les tenues affriolantes et les sex toy plus éloquents, les Guadeloupéens savent mettre du piquant dans leur lit ! » » La plupart de nos clients sont des couples qui ont envie de petits jeu coquins « , ajoute Philippe Garitio, gérant d’un sex shop. Alors que vous soyez plutôt traditionnel, moderne ou avant-gardistes, la saison des amours est ouverte : déshabillez-vous !
KÂMA SUTRA
Du crabe jusque sous les draps
À Pâques, le petit crustacé n’a pas envahi que les assiettes. Sous la tente le crabe a trouvé des amateurs. N’allez pas vous imaginer marcher de travers ou pincez votre partenaire. La position du crabe laisse place à beaucoup plus de douceur. Et pour ça, c’est la femme qui est aux commandes. L’homme, allongé, est chevauché par sa compagne. La femme, assise sur lui en lui tournant le dos, doit s’allonger délicatement en se maintenant avec ses mains et ses pieds. Dans cette position, elle peut onduler du bassin et contrôler son plaisir et celui de son compagnon en maîtrisant la vitesse de son déhanché. Très sensuelle, la position permet à la femme de se laisser caresser tout en lui montrant passion et sex-appeal…
AU SUIVANT…
Femme frivole et homme jetable : ce qu’ils en pensent
Karl, 29 ans : C’est sûre qu’une fille qui n’a pas de limite ça donne envie… surtout quand on pense a tout ce qu’on peut faire avec… on est tenté et parfois on cède. Mais bon, être traité comme des morceaux de viande, ça donne un grand coup à l’ego ! On est des mecs !
Francky, 36 ans : J’aime ça ! Je n’ai aucun complexe à ce qu’une meuf m’ignore après qu’on ait passé la nuit ensemble. Au contraire, ça m’arrange !
SEXUALITÉ DE MASSE :
La jeunesse guadeloupéenne cède à la tentation
Le comportement des jeunes Guadeloupéens face à la sexualité s’est particulièrement libéré, époque oblige, dans un monde où le sexe se vend plutôt bien.
« Nous n’avons qu’une vie alors mieux vaut en profiter et le sexe en fait partie « . Les jeunes de Guadeloupe sont en apparence très à l’aise avec leur sexualité. Ils sont même devenus la cible principale des gérants de boîte de nuit, qui organisent des » collégiennes « , de grandes fêtes bien rodées dans lesquelles des adolescents tous justes pubères peuvent danser le « bouyon « , simulacre de danse mimant surtout l’acte sexuel. Entre 15 et 20 euros par tête. Une atmosphère musquée dans laquelle tous les risques sont pris. » Je travaille énormément avec les classes de 4 , je dois parler de l’anatomie, de la prévention, des règles, du pénis, des changements dus à la puberté. Mais je n’ai plus d’audience. Je dois essentiellement parler de l’estime de soi et des conséquences physiques de l’acte sexuel. Et je me rends compte à quel point les jeunes filles négligent leur contraception en raison notamment de la très mauvaise publicité dont elle a été victime. » s’insurge une assistante sociale du planning familial Maternité Consciente de Pointe-à-Pitre. Et la tendance n’est pas nouvelle. » C’est un phénomène que j’observe depuis quatre ans mais qui s’est accéléré il y a deux ans. » Le sexe est donc devenu pour ces adolescents un objet de consommation de masse, un passage obligé qui n’est même plus réfléchi. Mais ces folles nuits ont des lendemains parfois difficiles. » J’observe beaucoup de cas d’abus sexuels – en boîte, comme au sein de familles recomposées – qui conduisent à une sexualité mal maîtrisée et à des grossesses précoces. Je crois donc que désormais le vrai chantier se situe auprès des parents » La sexualité semble donc avoir plus pâti des messages de prévention récurrents devenu une ritournelle que personne n’écoute plus.
MODERNE DRAGUE
Pco, Pcr et sex friend
Non, ce ne sont pas des titres de films, si les derniers portables à la mode. Avec la libération des mœurs, le discours de la drague a évolué. Pour le décoder, trois grandes catégories sont définies. Le Plan cul occasionnel ou Pco. L’homme et la femme se voient une ou deux fois pour des câlins améliorés sous les draps mais rien de suivi.Le Plan cul régulier ou Pcr : Les deux partenaires se voient quand l’un ou l’autre en a envie. Ça peut être fréquent ou rare mais en tout cas, il y a un suivi dans la relation.Le sex friend : en plus d’être un plan cul régulier, c’est une personne avec qui l’on partage des moments et des sorties en dehors du cadre de la relation physique.
TOUT, TOUT DE SUITE
Petit précis de drague féminine
La drague se conjugue désormais au féminin. Cette version est en accord avec le libéralisme sexuel ambiant. Entre frivolité et légèreté, les hommes sont traqués et n’ont qu’à bien se tenir.
Sandra, 20 ans : Je ne recherche pas de relation stable. Je veux m’amuser et profiter de ma jeunesse ! Quand je drague je dis ce que je veux. J’aime mieux y aller seule car la concurrence est dure. Que ce soit en boîte, à la plage, ou même quand je fais mes courses, je suis toujours à l’affût. Je m’habille de façon à ce que les hommes me regardent. Tout ce qui est moulant : j’adore !
Astrid, 22 ans : Je plais alors j’en profite. Être sérieuse ça ne mène nulle part ! Les hommes on les attrape par la braguette ! Ce qu’ils veulent c’est notre corps. Je montre que je suis disponible, ouverte à tout…
Sandrine, 32 ans : Quand j’ai envie d’un homme je fais tout pour l’avoir dans mon lit. S’il est en couple, ça c’est le problème de sa copine. Je drague grâce à mon corps. Je suis plutôt enrobée mais quand je me déhanche je peux vous assurer qu’ils me regardent tous. J’ose tout y compris être indécente et ça me réussit assez bien. Cela ne pourrait être plus clair !
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