Accueil Société Loisirs Tour cycliste 2014 : 10 jours de spectacle

Tour cycliste 2014 : 10 jours de spectacle

Tour cycliste 2014 : 10 jours de spectacle

Éric Zubar, ancien champion et consultant cycliste a étudié avec attention le tracé de ce nouveau tour. Malgré un profil montagneux, ce Tour semble se laisser désirer. Il se fera dompter par un coureur qui saura entrer dans le dur dès le départ. Décryptage.

Éric Zubar : Sans conteste, le profil de cette année est montagneux, avec une arrivée de la première étape inédite puisque le rendez-vous est donné à Deshaies. Je ne saurais dire à quand exactement remonte un tel type de première étape, tantil y a longtemps que ce type d’entrée en matière n’avait été proposé. Lors de cette première arrivée, on affronte les bosses après 140 km. Attention. Certains coureurs se préparent de manière à arriver au top de leur forme, le mardi ou le mercredi, aux premières grandes épreuves de montagne. Mais ici, je pense qu’il va falloir d’entrée montrer ce dont on est capable. Il faut se mettre dans l’ambiance dès la première minute. À noter que cette année, il y a beaucoup d’arrivées en Basse-Terre, ce qui, sur le papier, pourrait nous faire dire qu’un grimpeur aurait une carte à jouer dans ce Tour. Mais on parle de sport. Plus précisément de course cycliste et elle présente ses incertitudes. Prenons pour leçon ce Tour de France, où les favoris sont passés par la fenêtre parce qu’ils ne sont pas restés concentrés. Le vainqueur ne se distingue pas toujours uniquement par sa force. Il faut prendre aussi en compte sa santé, son état de forme, et, bien sûr, sa chance. Ce n’est pas pour rien que beaucoup se signent avant ou après la course. Le bonus, c’est la malchance de l’adversaire.

Le Courrier de Guadeloupe : À quel profil de coureur, ce tour correspond-il ?

On verrait bien un Ludovic Turpin ou un Boris Carène tirer son épingle du jeu pour ce Tour. Avec un bémol tout de fois pour Carène qui, s’il a bien commencé la saison, a eu tendance à s’essouffler pour les derniers rendez-vous. Attention aussi à un Johan Ruffine qui pourrait avoir envie d’en découdre malgré un début de saison un peu fantomatique. C’est son premier Tour depuis sa suspension et il est en forme. En dehors de ces pronostics, il faut reconnaître que ce Tour reste ouvert et ne donne pas a priori le profil de son vainqueur. Cette année nous aurons de belles surprises.

Certains directeurs sportifs ont dit que ce Tour serait une affaire de gestion et de stratégie. C’est une analyse que vous partagez ?

Oui et non. De toute façon la stratégie est importante. Quand un directeur sportif sait que dans son équipe il a un potentiel vainqueur, son premier réflexe est de faire un plan de course. C’est-à-dire qu’il définit les objectifs de l’équipe et de l’individu leader. On ne peut pas faire travailler des gens sans leur donner de liberté pour qu’ils aient l’occasion de se montrer. Certains seront destinés à des étapes, aux maillots et celui qui est susceptible de remporter la compétition le fera éventuellement. On doit être dans une équipe équilibrée. Car une fois que l’on a montré sa force, les autres veulent garder leur place et se transforment en alliés. Tout cela me fait dire que le Tour se jouera lors des cinq premières étapes.

À quel Tour passé ce nouveau Tour ressemble-t-il et qui l’avait remporté ?

Nous n’avions pas eu de Tour semblable depuis 1978. On y trouvait pas mal de montagne. Il avait été remporté par Valentin Claire, déjà gagnant du Tour 1977. Mais les années passent et ne se ressemblent pas.

Les étapes ont plus ou moins le même profil. N’y – a-t-il pas un risque de monotonie ?

Comme on le dit toujours : les coureurs font la course. S’ils jouent le jeu dès le début, on a en effet des chances de voir un vainqueur dès la 5ème étape. Cela dit, je pense que pour cette année encore il y aura un fort nivellement. Nous ne sommes plus à l’époque des Bernal et des Peña Peña qui écrasaient le Tour, le dominaient totalement. Il n’y a plus de tels leaders. Regardez Lebreton qui avait perdu son maillot l’année dernière et qui l’avait récupéré. C’était très rare avant. Il avait gagné son tour sous une averse. On ne peut pas faire de plan sur la comète.

La Bridgestone Anchor Cycling du Japon et son leader Myataka Shimizu qui avait fait le show l’année dernière et était passé à quelques secondes du tour ont répondu présent. Cette année pourrait-elle être marquée de leur sceau ?

Il est un prétendant sérieux. Normalement il devait avoir son tour, l’année dernière, il l’avait dans les jambes. Mais attention à César Biel qui m’avait beaucoup impressionné aussi. Il avait tenu seul un groupe de six coureurs à 2’30 minutes devant lui de la sortie des Mamelles, jusqu’à Sainte-Rose. Il n’est pas rentré mais n’a pas perdu beaucoup de temps. Il faut le faire.

Tour cycliste 2014
Crédit photo simax communication

Daniel Bernal et Flober Peña rois du Tour

Le tour cycliste de Guadeloupe a été créé par Camille Jabbour créateur également du journal Match. Il était alors président du comité cycliste. Le 1 Tour vit le jour en 1948 avec 2 étapes. La 1ère sur un tour de la Grande-Terre et la 2ème sur un tour de la Basse-Terre. En 1952 a été ajoutée au tour, la 1ère étape contre la montre avec un parcours de 52 km. Par la suite le tour cycliste fut longtemps couru en quatre étapes C’est en 1961 que la première équipe non locale est venue disputer un Tour cycliste de Guadeloupe. C’était une équipe de France composée de Jean Arzé, Pierre Sutter et Henri Belena. Ce furent les trois gagnants de l’épreuve. 1962, les Français reviennent mais prennent juste la 1ère place avec André SEIDLER. Les premiers sud-américains sont venus en 1971. C’étaient des Costariciens. L’année d’après (1972), ce furent les Colombiens qui firent une démonstration mémorable. En 1979 le Tour devient international. La compétition devient plus sélective et le Tour acquiert une bonne renommée au niveau international. Deux coureurs détiennent le record de tours emportés il s’agit des colombiens Daniel Bernal en 1995-1999-2000-2003-Flober Peña agagné en 204-2005-2007-2008. Plusieurs coureurs ont inscrit deux fois leur nom au palmarès du Tour. Il s’agit de Maxime Carlos 1949-1950, Camille Daridan 1951-1952, Maxime Bénuffé 1954-1956, Robert Bolus 1959-1960, Alain Pauline 1966-1967, Valentin Claire 1977-1978. Edouard Ursule, 3ème en 1948, 1949 et 1952 est le père de Joëlle (la chanteuse). Jules Houllier, 2ème en 1951 est le père du fondateur du groupe  » Zouk Machine  » et Expérience 7 Guy Houllier. Le père de Yohan Gène, pro chez Bouygues-Télécom depuis 2004, Edgar, a fini 4ème au Tour de Guadeloupe en 1962.

Depuis la voiture technique…

Franck Duro, ancien coureur cycliste

ÉTAPE 2 – Deshaies/Baillif et compte-la montre de Saint-Claude

Attention à ce départ avec des petites bosses entre Deshaies et Saint-Claude. Les coureurs devront affronter un vent de face et un vent de travers de Destreland à Capesterre. C’est une étape de premier tronçon très mouvementée qui risque d’être piégeuse pour les différents leaders. Il fera bon être un coureur complet. La montagne c’est Salé/ Sapotille, que même les non grimpeurs peuvent passer facilement. Ce n’est pas encore une étape pour les fins grimpeurs mais elle va dégager à coup sûr les potentiels vainqueurs. C’est le grand retour du Mur de Saint-Claude. Six kilomètres de spectacle, c’est le classico. Une messe du cyclisme guadeloupéen. Tout le monde se retrouve, on fait connaissance avec les coureurs. Mais, j’aurais aimé aller plus loin et voir un jour une arrivée d’étape, en montagne, à Saint-Claude.

Eddy Rilcy, directeur sportif de l’UVN

ÉTAPE 4 – Morne-à-l’Eau/Vieux-Habitants

C’est une étape qui part sur le plat. Il va falloir gérer en attendant le pied de la montagne. Bien sûr, ça va casser très vite, mais il faudra contrôler le temps pour ne pas arriver au pied de la bosse avec trop de retard. Au niveau technique, il faut mener ce travail en s’assurant que les jauges restent dans le vert. Surveiller la respiration, jongler avec la fatigue. Le lendemain, c’est la grande étape de montagne.

Fritz Samut, membre du CRCG

ÉTAPE 9 – Lamentin/Basse-Terre

Lamentin vers les Abymes, avec un tour sur le Gosier, intérieur des terres, direction Capesterre, puis Vieux-Fort. Plusieurs scénarios. S’il y a des écarts, il sera difficile que les deuxième et troisième du général fassent la course. Ils joueront l’étape sans pour autant durcir très tôt la course. Elle risque d’être gérée par le maillot jaune. Il faut calmer les potentiels vainqueurs du tour. Mais les coureurs loin dans le classement vont jouer leur coup et partiront de loin. Ceux qui sont en haut du général ne pourront pas le faire. Ils pourront partir de près pour revenir et à la rigueur gagner l’étape. Il faudra gérer avec une explication à partir de Trois-Rivières. Les cadors joueront leur carte entre Capesterre et Basse-Terre. Si ça ne passe pas, ils ne risquent pas de perdre trop de temps. Il faudra avoir de la tactique. Ce sont des étapes piégeuses parce que ça part sur le plat. Tout le monde est déjà entamé. Les premiers comme les autres. C’est beaucoup plus le mental qui joue. Ce sont les mieux préparés qui font une petite différence ?

Tour cycliste 2014
Crédit photo simax communication

Les astuces pour ne rien rater du spectacle

ÉTAPE 1 : Pointe-à-Pitre – Deshaies

Se poster d’abord au Carrefour de Poirier. En suite traverser par Bel-Étang pour aller à Sainte-Marguerite. Aller au giratoire de Perrin et enfin partir vite vers l’arrivée à Deshaies.

ÉTAPE 2 : Deshaies-Baillif

Aller sur le pont de convenance. Puis partir pour le sommet de Sapotille.

ÉTAPE 3 : Basse-Terre – Morne-à-l’Eau

La course part dans la Basse-Terre. Le mieux est d’attendre sur le pont de la Jaille. Cela permet de traverser l’autoroute de l’Alliance pour se rendre au rond-point de Perrin ou à Bosrédon. Les courageux peuvent ensuite se poster au sommet de fond rose à Anse-Bertrand et ensuite revenir vers Morne-à-l’Eau.

ÉTAPE 4 : Morne-à-l’Eau – Vieux-Habitants

Aller directement à Deshauteurs au sommet de l’Estrade. Une fois la course passée, aller au sommet de Versailles. Pour les Barè, qui sont déjà sur la Basse-Terre, c’est à Mahaut qu’il faudra être, ou aller se poster sur les nombreux accotements entre Pointe-Noire et Bouillante.

ÉTAPE 5 : Vieux-Habitants – Lamentin

Si vous ne trouvez pas de place dans les Mamelles – elles seront chères – rendez-vous au rond-point de Prise-d’Eau à Petit-Bourg. D’autant que l’on peut y rester puisque la course y passera deux fois. On peut aussi se placer au sommet de Vernou ou dans l’une des nombreuses lignes droites entre Petit-Bourg et Capesterre.

ÉTAPE 6 : Abymes – Abymes

Les Abymes offrent plusieurs points de vue. On peut se placer près du Crédit Agricole de Petit Pérou. Dans l’intérieur des terres on peut se placer à Deshauteurs au niveau du château d’eau, puis à Quatre Chemins avant l’arrivée.

ÉTAPE 7 : Capesterre – Bouillante

Là c’est un peu difficile. Ce qui est sûr c’est qu’on peut se placer au niveau de Cocoyer à Gosier et d’Arnouville à Petit-Bourg. Ensuite se rendre dans les trois derniers kilomètres à Bouillante même.

ÉTAPE 8 : Bouillante Lamentin

Même profil que la veille. On peut se placer à Trinité Daubin et après aller à l’arrivée. Pour ce qui est du contre-la-montre, on peut aller au carrefour du Dupuis au Lamentin.

ÉTAPE 9 : Lamentin – Basse-Terre

C’est encore à l’inévitable rond-point de Perrin-Abymes qu’il faudra se poster. Sinon réservez très vite les places au niveau du sommet de Salé.

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