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Vidéos Porno : comment les ados jouent avec le feu

Vidéos Porno : comment les ados jouent avec le feu

Le Courrier de Guadeloupe s’est procuré la mise en scène pornographique d’un groupe d’adolescents : un couple et des filmeurs au téléphone mobile (aussi bien fille que garçon). Nous avons cherché à savoir s’il s’agissait d’un acte isolé ou d’un nouveau fléau chez les jeunes. Enquête.

L’année scolaire 2013-2014 a vu émerger un phénomène latent depuis plusieurs années, mais qui a pris une tout autre dimension : les photos et les vidéos pornographiques de jeunes lycéens voire collégiens. Il en existe des dizaines. Plutôt hard. À visage découvert ou caché. Scénarisées ou prises sur le fait. On y voit des jeunes entre 14 et 17 ans, la plupart du temps des lycéens qui s’adonnent à des pratiques allant de la simple masturbation à l’acte sexuel complet. Généralement, ils savent qu’ils sont filmés, tous semblent consentants. Certains poussent le jeu jusqu’à essayer de faire des plans avec leurs portables, comparables à ce qui se fait pour les films pornographiques, le plus près possible sur les organes sexuels afin de capter la pénétration. Ils n’ont pas l’air de mesurer l’impact de leur geste qui semble presque banal. Pourtant, cette vidéo n’a pas pour but de rester secrète. Elle deviendra une vidéo virale qui fera le tour des établissements publics et privés de la Guadeloupe.  » Ça va très vite. En fait, avant, ces vidéos émergeaient sur Facebook, mais elles étaient rapidement effacées. Maintenant, la diffusion se fait presque automatiquement sur WhatsApp. Des groupes allant jusqu’à 25 jeunes se partagent les vidéos et chaque jeune partage la vidéo à ses contacts. En une journée, elle peut faire le tour de la Basse-Terre et le tour des jeunes de la Grande Terre  » explique Julie une jeune lycéenne de Charles Coeffin. Les moteurs de recherche de ces groupes de partage sont les garçons. Ils se chargent du repérage, et du partage initial de ces vidéos. Certains vont jusqu’à centraliser toutes les vidéos pour ensuite les répandre au plus de monde possible. Parfois, les jeunes filles mises en scène sont d’anciennes partenaires ou d’anciennes petites amies dont le jeune homme cherche à se venger.  » Les filles envoient des photos coquines à leur copain. Sauf que, quand c’est fini, le type ne se gêne pas pour les montrer à tous ses copains, qui eux-mêmes les montrent à tous leurs copains. Et ça crée le buzz  » selon Kylian, ancien élève de terminal à Jardin d’Essai.

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Baimbridge et Jardin d’Essai, plateforme de diffusion en 2014 ?

Ce serait d’ailleurs, les deux plus gros établissements de la région pointoise, Baimbridge et Jardin d’Essai qui cette année auraient été les plus gros pourvoyeurs de contenu pornographique. Deux concernaient des élèves de Jardin d’Essai contre quatre pour Baimbridge.  » Cette année, il y en a eu plein, beaucoup plus que l’année dernière où on avait vu passer trois petites vidéos. Non seulement il y a eu des vidéos mais aussi des photos.  » Pour certains élèves, les vacances sont le temps propices à ce type de pratiques.  » Je pense que pendant les vacances, les couples se font et se défont, les filles couchent avec des gars. Et pendant l’année scolaire quand les garçons les recroisent, dans l’établissement, où veulent épater leurs copains, ils ressortent les vidéos.  » En règle générale, ces vidéos n’arrivent pas dans les mains des parents, des enseignants, où des chefs d’établissement qui au mieux en entendent les rumeurs. Elles restent exclusivement dans le cercle des adolescents. Mais une chose est sûre, les lendemains des apprentis acteurs sont loin d’être heureux. Si beaucoup assument leur geste, certains – les filles surtout — se terrent écrasés par la honte. Les filles portent rarement plainte. Et quand elles le font, c’est, poussées par leur entourage, mais sans espoir d’obtenir gain de cause.

Des  » acteurs  » très jeunes et sans protection

Les choses se compliquent. Désormais, dans le flot de vidéos, on voit des têtes de plus en plus juvéniles pratiquer des actes très hard.  » J’ai reçu une vidéo qui m’a choquée. Une jeune fille portant l’uniforme du collège de Goyave seule avec trois garçons qui sont passés à la chaîne. Si parfois les vidéos concernent les grands, je vois de plus en plus de jeunes, des 12 – 13 ans impliqués dans ces vidéos. Et ils le font en pleine année scolaire, au lieu d’aller en cours  » explique Alyssa. Si les actes peuvent être filmés par des témoins, parfois ce sont les élèves même qui se mettent en scène.  » J’ai vu une fille qui me paraissait très jeune faire une fellation à un garçon qui était en train de filmer et elle rigolait. Je ne crois pas qu’elle se rende compte de la portée de son acte  » continue Alyssa. Pire. Les  » acteurs  » des vidéos pratiquent au mépris de toute prévention contre les maladies sexuellement transmissibles, donc pas de préservatif.  » Jamais, depuis que l’on m’envoie ces vidéos je n’ai vu un préservatif. Personne ne se protège  » lance enfin Alyssa. Des conduites à risques qui confirment comment au fil des années, les jeunes semblent être devenus inconscients et imperméables aux messages de prévention.

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Des  » acteurs  » très jeunes et sans protection

Les choses se compliquent. Désormais, dans le flot de vidéos, on voit des têtes de plus en plus juvéniles pratiquer des actes très hard.  » J’ai reçu une vidéo qui m’a choquée. Une jeune fille portant l’uniforme du collège de Goyave seule avec trois garçons qui sont passés à la chaîne. Si parfois les vidéos concernent les grands, je vois de plus en plus de jeunes, des 12 – 13 ans impliqués dans ces vidéos. Et ils le font en pleine année scolaire, au lieu d’aller en cours  » explique Alyssa. Si les actes peuvent être filmés par des témoins, parfois ce sont les élèves même qui se mettent en scène.  » J’ai vu une fille qui me paraissait très jeune faire une fellation à un garçon qui était en train de filmer et elle rigolait. Je ne crois pas qu’elle se rende compte de la portée de son acte «  continue Alyssa. Pire. Les  » acteurs «  des vidéos pratiquent au mépris de toute prévention contre les maladies sexuellement transmissibles, donc pas de préservatif.  » Jamais, depuis que l’on m’envoie ces vidéos je n’ai vu un préservatif. Personne ne se protège «  lance enfin Alyssa. Des conduites à risques qui confirment comment au fil des années, les jeunes semblent être devenus inconscients et imperméables aux messages de prévention.

Trois vidéos chocs qui ont buzzé

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Une élève collée

Fin d’année 2013. Pour faire fantasmer son copain, une jeune fille se filme en train de se masturber avec un bâton de colle. Quelques semaines plus tard et une rupture mal dirigée plus tard, la vidéo est partagée sur les réseaux sociaux. Au grand dam de la colleuse.

Sur une table

Début d’année 2014, la communauté scolaire s’émeut. Une vidéo montrant deux élèves de Baimbridge en plein acte sexuel dans une salle de cours se répand à une vitesse éclair. Le garçon aura tenu à garder l’anonymat. Il s’active, le t-shirt remonté sur la tête. La jeune fille, elle, apparaît à visage découvert, le tout devant le smartphone d’un réalisateur consciencieux et du  » Vas-y plus fort !  » d’un metteur en scène en quête d’authenticité.

Les jambes en V

Priscilla Romain Convaincue de s’offrir une pause douceur avec un garçon dans une salle vide, une jeune fille s’abandonne, sans savoir que ledit garçon avait convié ses amis à regarder la séance. Ceux-ci ne se sont pas gênés pour filmer en haute définition. Ils semblent s’amuser de la scène, on les entend ricaner et commenter.  » Elle crie fort quand même… «  Deux jours plus tard tous ses camarades la connaissaient pour  » ses jambes en l’air et ses cris de plaisir « .

«  Les conséquences sont terribles  »

Le Courrier de Guadeloupe : Quel est le profil des adolescents qui ont ces pratiques ?

Aude Telchid : Aucun. Ce sont des faits qui transcendent les profils sociaux. Quand les filles ne sont pas forcées à le faire, elles en rient. Il faut savoir que quand il est demandé à des jeunes filles d’être actrices, si elles refusent, elles rejettent par là même d’être intégrées dans un groupe, ce qui est pour les jeunes très important. J’ai vu une jeune accepter des choses incroyables pour avoir un copain. Il y a cette image de soi que l’on veut donner à l’autre. La valeur de la jeune passe à travers le choix du garçon de la solliciter.

Comment sensibiliser les parents ?

Alors là… Les parents répondent que de toute façon l’enfant est exposé aux images de la télé. Certains disent que c’est une forme d’éducation sexuelle. Je vais plus loin, les parents ne comprennent pas pourquoi on dramatise.

Quelles sont les conséquences pour les jeunes filles ?

Elles sont de la même nature que celles subies par des victimes de viol. Elles sont très perturbées notamment sur le plan du plaisir.

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