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63ème édition du Tour cycliste de Guadeloupe

63e Edition du tour cycliste de la Guadeloupe

L’ancien champion cycliste connu aussi pour ses analyses avisées sur le peloton et la compétition passehen revue pour Le Courrier de Guadeloupe l’ensemble des étapes du prochain tour. André Alexis constate de grands changements dans le tracé du tour, moins montagneux que de coutume, mais se dit partisan de l’innovation.

Tour cycliste

 

1ère étape :

Pointe-à-Pitre / Saint-François

C’est la plus longue du tour, 163km. Ce qui va faire la différence c’est le rythme qui sera imprimé. Les coureurs ne se connaissent pas, ils n’ont pas encore une idée de leur niveau et vont se jauger. Attention, l’étape est balayée par le vent sur la fin et les coureurs risquent de perdre plus de temps dans les vingt derniers kilomètres qu’au début de l’étape.

2ème étape :

Saint-François / Baillif

Un départ rapide avec très vite une arrivée aux pieds de la bosse va créer des turbulences. Les écarts qui se sont créés entre Salé et Baillif seront plus importants dans le dernier quart de la course qu’au début. C’est le rythme de la course qui sera la principale difficulté.

Contre la montre :

Trois-Rivière / Gourbeyre

Cette course demande beaucoup de puissance. La victoire n’est pas forcément destinée à un grimpeur. Le coureur qui pourrait avoir une carte à jouer ici serait du même acabit que Bruno Langlois, le coureur canadien présent l’année dernière.

3ème étape :

Gourbeyre / Gosier

C’est une étape de récupération. Deux jours de courses sont passés, même si avec 145 km, elle est assez longue. Ceux qui ont mal récupéré auront des difficultés. Il y a de fortes chances qu’une échappée naisse.

4ème étape :

Gosier / Sainte-Rose

Première étape de montagne. De gros écarts vont se creuser facilement 5 à 6 minutes. Ceux qui passés à la trappe la veille vont avoir du mal. Je tablerai sur quinze abandons ce jour-là. Impossible d’y échapper ce sera l’étape des grimpeurs.

5ème étape :

Sainte-Rose / Petit-Bourg

Après les grimpeurs la veille, cette fois, l’étape sera pour les puncheurs. S’ils ont assez de force, ils pourront tenter un coup. Le parcours dans les grands fonds est propice pour les échappées, on ne va pas les voir et ils peuvent prendre jusqu’à 1’30 sur le peloton. Et ils s’exprimeront à l’arrivée. Il n’y aura pas vraiment de mo- dification dans les écart.

6ème étape :

Petit-Bourg / Vieux-Habitants

L’étape de la casse. C’est la deuxième étape meurtrière du Tour. C’est une étape pour les cinq ou six premiers du général. Il le savent et il y aura de l’excitation, personne ne prendra le risque de laisser partir un gros poisson. Le vainqueur du Tour sera identifié dans cette étape.

7ème étape :

Vieux-Habitants / Capesterre

C’est aussi une étape qui pourrait être taillée pour les puncheurs. A ceci près que les jambes commencent à fatiguer. Ceux qui ont commencé le Tour en petite condition vont se mettre devant. Il y a de la place pour faire un coup avec des attaquants qui veulent partir de loin. Mais le groupe doit être à quinze pour que le coup réussisse, ils réussiront à faire des écarts. Les hommes doivent être décidés et rouler quitte à s’expliquer à l’arrivée.

8ème étape :

Capesterre / Abymes

C’est une étape ou peuvent s’exprimer les sprinters. Je table pour une arrivée au sprint avec tout le peloton.

Contre la montre :

Abymes – Abymes

Décisif pour le général. La topographie est plate et le tracé très ventilé au début. Après Beausoleil ça grimpe un peu et c’est là que la différence va se faire. Il faut pouvoir maintenir une grande vitesse qui avoisine les 60km/h pour gagner ce chrono. Le passage Beausoleil – Sommet de Coma sera décisif, il faut le passer le mieux possible. Ce contre la montre se court entre 47.800, 48 de moyenne.

9ème étape :

Abymes – Basse-Terre

La fatigue va peser et la course prendra du temps à être lancée. Les coureurs vont la geler pendant quelques kilomètres. La bonne tactique voudrait qu’on lance la course très tôt pour obliger les autres à forcer. Mais l’influence des leaders va bloquer la course pendant un moment. Le vent de dos entre Saint-François et Petit-Bourg ne va pas être propice pour les échappées. C’est un moment de galère. Mais les courageux peuvent quand même tenter leur chance. Les gros du général vont tout de même vouloir s’expliquer, mais vers la fin et pas pour la première place, plutôt pour la deuxième ou troisième place. La première place ne va pas vraiment bouger à part bien sûr si le second n’est pas loin derrière au général. La deuxième option est que des cyclistes qui savent bien courir et qui ont la conviction et la fraîcheur puissent se distinguer. Mais il faut en avoir sous la pédale, c’est le dernier jour. Ça c’est le profil du coureur qui aura terminé les deux premières étapes à la 20ème place. Il a le physique nécessaire pour ce type d’action

 

DOCTEUR JECKYLL AND MISTER HYDE

Plus plat, plus rapide… quel est le piège de la 63ème édition du Tour ?

Le nouveau comité régional de cyclisme a tranché pour la différence, avec un tracé beaucoup plus présent en Grande-Terre et des étapes de montagne plus discrètes.  » Cette année, il y seulement trois étapes dites de montage et tout le reste se passe dans le plat. En revanche, l’année dernière il y avait un équilibre avec cinq étapes de montagne et cinq étapes de plat  » analyse Eric Zubar, ancien champion. Là n’est pas la seule différence. Dans les grandes lignes, ce tour est l’exact opposé de la précédente édition.  » En 2012, le Tour avait commencé par quatre étapes de plat et les derniers jours, les coureurs avaient dû crapahuter dans la montagne. Cette année, c’est exactement l’inverse. Dès le deuxième jour, les coureurs vont entrer dans les toboggans de Rivière-Sens, de Salé et de Sapotille et les trois derniers jours se passent sur le plat. Autre différence notoire. En 2011 et 2012, le contre-la-montre individuel de Saint-Claude s’est couru la veille du dernier jour. Cette année, non seulement il a été remplacé par un contre-la-montre entre Trois-Rivières et Gourbeyre avec une pente un peu moins rude, mais en plus il a lieu le deuxième jour de course. C’est aussi valable pour le contre-la-montre individuel qui arrive très tard cette année alors qu’il avait eu lieu dès le deuxième jour l’année dernière  » poursuit Eric Zubar. Ces dispositions changent considérablement le profil des coueurs capable de se démarquer. Concrètement, les rouleurs et les sprinteurs pourront squatter les premières places du classement général.  » C’est vraiment un tour pour les coureurs passe-partout.  » Toutefois, le fait qu’il soit plus plat ne voudra pas forcément dire que la compétition sera plus facile.  » Ce tour est extrêmement piégieux. Les coureurs qui voudront s’imposer devront avoir derrière eux une équipe solide et une belle intelligence de course. »

Ce que pensent les pros !

Le Courrier de Guadeloupe : Le parcours est-il bien équilibré ?

André Alexis : Je trouve ce parcours très équilibré. Cela promet un super tour. Le contre-la-montre à Gourbeyre c’est une nouveauté. Il est très beau, tout comme celui des Abymes. Il faudra avoir du braquet. Il y a assez de route pour tromper un grimpeur.

Eric Chebah : Je ne trouve pas ce parcours équilibré. Il manque de belles étapes de montagne, il n’y en a qu’une à mon sens, et il favorise beaucoup plus les coureurs du type coursier sprinter.

Est-il plus, ou moins montagneux que l’an dernier ?

A.A. : Le tour est plus plat, mais il est plus piégeux. Ça va rouler plus vite. Le Tour 2012 était physiquement éprouvant. Mais celui-là demande du physique et aussi une bonne dose de stratégie. Ce sont les coureurs qui font la course et ce sont eux qui feront le spectacle.

E.C. : C’est l’un des tours les moins montagneux de ces vingt dernières années.

Est-ce que l’absence du contre-la-montre individuel dans Saint-Claude est préjudiciable ?

A.A. : Il faut changer, il faut innover. Je suis assez séduit par un contre-la-montre à l’ermitage par exemple ou dans une autre petite bosse. La soufrière est mythique mais on pourrait faire Sofaïa, Matouba, Cambrefort.

E.C. : Le contre-la-montre de Saint-Claude est un mythe. Il rassemble toute la Guadeloupe entière autour des forçats de la route et c’est un peu dommage, mais plus pour la population. Les gens s’appropriaient la Basse-Terre depuis le matin et c’était une journée de fête.

Est-ce un Tour pour favoriser Boris Carène?

A.A. : Pas du tout. Je pense qu’il aura des difficultés à récidiver, c’est un tour qui est ouvert à plein d’autres coureurs.

E.C. : Je pense que Ludovic Turpin sera très dur à battre.

Pronostics?

A.A. : Tous les coureurs qui savent grimper à 8 tours/m en montagne et à 104 tours/m sur le plat peuvent gagner. Après il faut oser attaquer, être un bon coursier, et avoir derrière soi une grosse équipe.

E.C. : Je reste sur ma position, je vois mal quelqu’un ôter la victoire à Ludovic Turpin.

 

LE NEZ

And the Winner is…

À la lumière de la topographie des lieux, Éric Chebah livre ses observations, ses pronostics et les profils des coureurs qui pourraient s’imposer.

La première étape est très plate et les vainqueurs potentiels vont essayer de ne pas concéder de temps. Dimitri Déliot pourrait bien s’imposer. La seconde étape est une étape pour les baroudeurs, ils essaieront de prendre les devants pour aborder Salé et Sapotille avec moins d’une minute. Je vois bien une victoire d’Olivier Currier. La troisième étape se déroule toujours sur du plat. L’équipe du leader se chargera d’assurer le tempo sur la deuxième partie de l’étape. On risque d’avoir une arrivée massive. Cette étape convient au profil de Cédric Ramothe. La quatrième étape est en montagne. Il faut laisser jouer les grands et je vois bien Ludovic Turpin jouer une carte. La cinquième étape est très belle avec une entrée dans les toboggans des Grands-Fonds. Il faut toutefois se méfier des différents pièges de cette étape qui convient encore très bien à Cédric Ramothe. Les leaders feront de la deuxième partie – montagneuse – de la sixième étape leur terrain de jeu. Aux pieds des Mamelles Ce sera un blocage total et Boris Carène pourra tenter de s’imposer. Au septième jour de course, il faudra tabler sur une arrivée massive. Pour l’avant-der- nier jour, les leaders du classement restent au chaud et se préparent pour le contre-la-montre de l’après-midi. C’est une étape parfaite pour un coureur du même type que Dimitri Déliot. La dernière étape ne présente pas de grande difficulté, mais il faut toutefois faire attention et anticiper une décantation aux pieds de Saline. Quoi qu’il en soit, le vainqueur de ce Tour 2013 devra de toute façon être un coureur complet, accrocheur et fort stratégiquement.

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