Après plus de douze ans de procédure, le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a rendu son délibéré dans le dossier visant Éric Jalton, maire des Abymes et président de la communauté d’agglomération Cap excellence, poursuivi pour trafic d’influence passif. Il a été condamné à 18 mois d’emprisonnement avec sursis, 30 000 euros d’amende et une peine complémentaire de cinq ans d’inéligibilité.
L’exécution provisoire de la peine d’inéligibilité n’a pas été prononcée. Éric Jalton qui a fait savoir qu’il fait appel de ce jugement de première instance conserve donc ses fonctions électives tant que la décision n’est pas devenue définitive.
« Je prends acte de la décision du tribunal correctionnel. Le trafic d’influence passif que l’on me reprochait n’a pas été démontré. Avec mes avocats, j’ai décidé de faire appel. L’appel étant suspensif, je demeure innocent, maire des Abymes et président de Cap excellence », a-t-il écrit dans un communiqué.
Me Gérard Plumasseau, avocat d’Éric Jalton, a exprimé sa surprise après l’audience, estimant que les éléments du dossier ne justifiaient pas une condamnation. Et qu’il entendait vérifier comment cette décision avait été motivée
Le tribunal a accordé à Olivier Serva, député (Liot) et premier opposant d’Éric Jalton, un euro symbolique de dommages et intérêts, ainsi que 4 000 euros au titre des frais de justice. « Même lorsque les procédures sont longues, il est rassurant de constater que la justice suit son cours et finit par rendre sa décision » a réagi Olivier Serva.
Le tribunal a par ailleurs reporté l’examen des éventuels dommages-intérêts à une étape ultérieure, afin de permettre à la commune des Abymes de faire valoir l’existence d’un préjudice et d’en demander réparation.
L’enquête portait sur des faits remontant à la campagne électorale de 2014 aux Abymes. Les juges reprochent à Éric Jalton d’avoir participé à un système d’échanges de faveurs avec un entrepreneur titulaire d’un marché public d’entretien des routes. Parmi les éléments évoqués figurent la prise en charge de dépenses liées à la campagne (impression de tee-shirts, frais de restauration, travaux gratuits réalisés pour des riverains avant le scrutin) en contrepartie de l’attribution ou du maintien d’un marché public.