L’indice des prix de février 2026 affiche une hausse de 1 % sur un an. Un chiffre rassurant en apparence. Sauf quand on regarde ce qui monte vraiment.
1 % d’inflation sur un an. C’est le chiffre global. Celui qu’on retient, celui qu’on cite, celui qui permet à beaucoup de monde de passer à autre chose. Le chiffre à retenir n’est peut-être pas 1 %. C’est 2,5 % — la hausse annuelle de l’alimentation. C’est celui-là qui se voit dans le caddie.
L’Insee Flash Guadeloupe publié le 26 mars, annonce une hausse de 0,8 % sur un mois et de 1,0 % sur un an des prix à la consommation en Guadeloupe. Au niveau national, la hausse annuelle est de 0,9 %. La Guadeloupe fait à peine plus que l’Hexagone. Fin de l’histoire ? Non. Parce que le 1 % est une moyenne. Et comme toutes les moyennes, elle noie les extrêmes.
Ce qui flambe : en février 2026, les prix de l’habillement et des chaussures ont bondi de 6,6 % sur un mois en Guadeloupe. Les produits pétroliers ont augmenté de 3,2 % sur un mois. L’énergie dans son ensemble progresse de 2,2 %. Ce sont les postes qui pèsent le plus dans le budget d’un ménage qui doit prendre sa voiture pour aller travailler, et en Guadeloupe, c’est presque tout le monde.
Ce qui monte doucement mais sûrement : les services ont augmenté de 0,3 % sur un mois, et de 2,9 % sur un an. Les loyers et services rattachés : + 0,5 % sur un mois, + 1,1 % sur un an. L’alimentation, elle, est quasiment stable sur un mois (+ 0,1 %), mais progresse de 2,5 % sur un an. L’alimentation hors produits frais : + 2,6 % sur un an.
Le tableau de l’Insee est instructif quand on compare Guadeloupe et Hexagone. Sur un an, l’alimentation augmente de 2,5 % en Guadeloupe contre 2,0 % au national. Les services : + 2,9 % contre + 1,6 %. Ce sont les deux postes où l’écart est le plus marqué — et ce sont aussi ceux qui pèsent lourd dans le budget des ménages les plus modestes.
En revanche, l’énergie a baissé de 8,1 % sur un an en Guadeloupe (portée par la chute des produits pétroliers : -9,3 % sur un an, avant la crise déclenchée par la guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran). C’est cette baisse de l’énergie qui tire l’indice global vers le bas et donne l’impression rassurante du « petit » 1 %.
Ce que le chiffre ne dit pas. L’indice des prix mesure une évolution, pas un niveau. Il dit que les prix ont monté de 1 %. Il ne revient pas sur le surcoût structurel de la vie chère en Guadeloupe. Et quand un tiers de la population vit sous le seuil de pauvreté, 1 % de hausse sur des prix déjà hauts, c’est 1 % de plus pour des gens qui n’avaient déjà pas de marge.
